‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 332 sur 407 · CONCILE UF. CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

CONCILE UF. CONSTANTINOPLE

nicmbics du concile, ou leur fil remeltre, sur la j)i-oposiliou J'Eusèbe de Dorvlée, les actes dans leurs maisons, aliu qu'ils pussent également exposer leur foi et signer *.

Dans la troisième session (15 novembre), les deux clercs députés vers Eulvclu's pai- K- concile rendirent compte de leur mission ; le prêtre Jean parla le prcniitM- ddil (pilùilNchcs s'ctail l'clusé à comparaître devant le concile ; il avait déclaré que, dès le début de sa vie monastique, il s'était lermemenl l'ésolu à ne jamais sortir de sou couvent, à naller nulle part et à rester chez lui comme (»n demeure dans un tombeau. Le concile pouxail se convaincre qu'Euscbe de Dorvlée était depuis longtemps son ennemi et Taxait méchamment calomnié ; pour lui il était prêt à adhérer aux explications des saints Pères de Xicée et d'P2phèse, et à les signer. S'ils avaient erré dans quelques expressions, il ne leur en faisait pas un reproche et se contentait de ne pas accepter ces expressions; mais il scrutait plutôt les saintes Ecritures, plus sûres que les explications des Pères. Après Tin carnation du Loi^os, c'esl-li-dire après la naissance de Noire-Seigneur .lésus-Christ, il ne vénérait plus (|u'unc nature, celle de Dieu lait chair et homme ([j.'.av sjjiv -pc7-/.jv£îv, -/.aï TaJTr,v <-)iCj -ap/.wOc'vTcç v.xl ivavOp(o-(^-avToç). Il avait, sur ces entrefaites, apporté un petit livre et l'avait lu, ajoutant qu'on lui avait attribué, à tort, d'avoir dit que le Loi^os avait apporté du ciel son corps ; il n'avait jamais dit cela. Quanta dire que Notre-Seigneur Jésus-Christ se compose de deux personnes unies dans une seule hypostase, il ne l'avait pas trouvé dans les saints Pères, et l'y eût-il trouvé, il ne l'eût pas accepté ; car, ainsi ([u il l'avait déjà dit, il fallait préférer les Ecritures à lenscifrnement des Pères. Eutvchès avait reconnu, en dernier lieu, que celui qui est né de la Vierge Marie est vrai Dieu

tiques de Dioscore qui prétendit que c'était iulroduiie une nouvelle profession de foi contraire aux décrets du concile d'I^plièse. Celle critique atteignait tous les évèques autant que Séleucus et Basile ne fut pas épargné, principalement, par les Ef^yptiens et par les moines. Eustathe de Béryle trouva également à redire dans le langage qu'Eudoxe de Bosphore avait tenu à noire concile, disant « que le Verbe a pris l'iiomnie parfait » ce (jui st-rait répréheusible, il faudrait dire « qu'il s'est fait homme et qu'il a pris la chair, » comme si la chair marquail autre chose que l'homme entier. Elhéric de Smyrne nia à Ephèse ce qu on lui attribuait dans les actes de cette deuxième session, mais il y a apparence qu'il niantjuait de mémoire à ce moment. (H. L.)

1. Ilardouin, Coll. concil., t. ii, cul. lli-139 ; Mausi, Coiicil. anipliss. coll., t. VI. col. G50-698.

et vrai homme ; mais il avait ajouté que son corps n'était pas de même [323] substance que le nôtre ^.

Le second député du concile, le diacre André, attesta avoir entendu toutes ces choses de la bouche d'Eutychès ; c'est ce qu'assura également Athanase, diacre de Basile, évêque de Séleucie, qui avait assisté aux pourparlers, avec Eutychès.

Eusèbe de Dorylée ajouta que la déposition des témoins suffisait pour qu'il fût procédé contre Eutychès ; il demandait cependant qu'on l'assignât une seconde fois. Il était prêt à prouver, par beaucoup de témoignages, qu'Eutychès était dans l'erreur. L'archevê-

1. Ici se place un incident que Hefele a passé sous silence. Le prêtre Jean et le diacre André, présents à la troisième session, déclarèrent avoir ouï de la bouche d'Eutychès tout ce qu'ils rapportaient; ils furent appuyés de l'attestation d'un nommé Athanase, diacre de Basile, de Séleucie, témoin de leur conférence avec l'hérésiarque. Jean écrivit un mémoire de ce qui s'y était passé. Nous l'avons encore ; mais ayant oublié d'y mettre qu'Eutychès lui avait dit que la chair de Jésus-Christ n'est pas consubslantielle à la nôtre, il prolesta depuis qu'il était prêt d'affirmer qu'il lui avait dit en particulier, sans être entendu des autres personnes, que Jésus-Clirist a une chair consubtanlielle à sa mère, mais non à nous. A quoi il ajoute qu'ayant demandé à Eutychès s'il croyait à Jésus-Christ consubtanliel à sou Père selon sa divinité et à nous selon son humanité, Eutychès lui demanda à lui-même ce que portait le symbole. Jean lui répondit que le symbole enseigne que Jésus est consubtantiel au Père. « C'est à quoi je me tiens, répliqua Eutychès, et vous ferez bien, vous aussi, de n'aller pas au delà. » Eutychès fut victime des fraudes des apollinaristes. Dans les débuts du concile, il professa que le Christ était véritablement homme et que le Verbe avait pris une nature humaine parfaite ; il rejetait donc formellement la doctrine d'Apollinaire. Mais il y revenait par un détour, et sans s'en apercevoir, parce que faisant usage des ouvrages d'Apollinaire mis par les partisans de celui-ci sous le nom des Pères orthodoxes, il croyait de bonne foi suivre ceux-ci quand il refusait d'admettre qu'après l'union il y eût encore deux natures, car, disait-il, scieiis vero sanctos et heatos Patres nostros Julcum, Felicem, Atlianasium, Gregorium, sanctos episcopos réfutantes duarum natiirarum vocabulum. Lettre au pape saint Léon, dans Synodicon adversus Tragœdiam Irenxi, P. Z., t. lxxxiv, cul. 854. Eutychès si dédaigneux pour les Pères, les comprenait à grand peine. On le constate ici, lorsqu'il s'attache à son idée parce qu'il a trouvé dans les traités pseudépigraphes de Jules, de Félix, d'Alhanase et de Grégoire, lexpression |J.ia çÛctiç. Et cependant c'est de bonne foi que l'hérésiarque se dit monophysite, il croit l'être en effet. Il accepte volontiers la doctrine de l'intégrité de la nature humaine du Sauveur et concède tout ce qu'on réclame de lui, hormis l'adhésion à l'existence de deux natures après l'union. Il est donc monophysite en paroles plus qu'en réalité, car il admet dans le Christ la nature divine et la nature humaine, tout en professant l'unité de nature, ce qui est manifestement contradictoire. (H. L.)

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