‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 334 sur 407 · CONCILE 1)K CONSTANTIXOPLE · texte numérisé non relu

CONCILE 1)K CONSTANTIXOPLE

cuiiipaiaitre aprcs-Jciiiaiii, c csl-à-tliic uicicredi i/ iiuvcinljre, dans la matinée ^ »

Avant l'expiration de ce délai, le mardi 16 novcmbi-e, se tint la quatrième session. L'archevècjiie Flavien parla de nouveau sur le doofnie ; mais on annonça alors (lue des envoyés d Eutvchès, les moines et les diacres Eleusinius, Constantin et Constance, et 1 archimandrite Abraham, étaient devant la porte el demandaient à être admis. I/ar(d\evèqne dil île les laisser entrer, el Abraham s'exprima ainsi : « Eutvehès est malade et n a pu dormir de loutc la niiil : mais il ai^émi sans cesse et ma ihari^é de venir parler de sa paît à 1 archevêque Flavien. » hM;t\uMi repondil (pion ne voulait en aucune u\anlèie molester lùilvcliès el (|u On attendrait son rétablissement pour le laire comparaître: « cai" û ne venait pas Irouver des inconnus, mais bien des pères el des IVères, et même d'anciens amis. Il avait scandalisé beaucoup de monde et devait se défendre. Précédemment lorsque Nestorius avait mis la vérité en danger, il était sorti de son couvent et était allé dans la ville (pour la cause de l'orthodoxie) ; il devait maintenant, à plus forte raison, agir de même, puisqu il s'agissait de lui et de la vérité. S'il confessait et analhématisait son erreur, il obtiendrait son pardon pour le passé ; mais il devait, pour l'avenir, donner au concile el à l'archevêque des assurances qu'il réglerait désormais sa foi d'après les explications des Pères, et qu'il n'enseignerait pas autre chose. « — A la fin de la séance, tout étanl déjà décidé, l'archevêque ajouta: « Vous connaissez le zèle de l'accusateur (Eusèbe) : le feu lui-même parait froid en comparaison de son zèle pour la religion. Dieu sait que je lui ai demandé de s'abstenir et de céder ; mais que pouvais-je faire puisqu'il s'obstinait ? Ai-je la moindre pensée de vous nuire ? N'ai-jepas plutôt celle de vous protéger ? C'est à la cause des ennemis qu'il [3261 ^'^^^^ nuire, et c'est la cause des Pères qu'il faut défendre -. »

On voit que l'archevêque Flavien souhaitait ardemment de maintenir la paix de l'Eglise ; mais sa charge le força de prêter l'oreille aux plaintes et d'ordonner une enquête sur cette aOaire. L'obstination héréticjue d'Eutychès rendit par la suite tout accommodemeiiL à l'amiable impossible. (<e dernier avait été invité dans la troisième session, pour le mercredi 17 novembre. On tint ce jour-là la cinquième session. Memnou, Epiphanc et Germain v firent connaître

1. .Maiisi, op. cit., l. VI. col. 707-711 ; Hai-ilouiii, op. cit., t. ir, col. 146 sq.

2. ll.irdouin, up. cit., t. m, col. I'i7 scj. ; Miusi, o;>.cil., t. vi, col. 711-715.

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le résultat de leur mission auprès d'Eutychès. Memnon dit : « Après que nous eûmes remis à Eutychès la lettre du concile, il déclara avoir envoyé rarchimandrite Abraham à l'archevêque et au concile, pour adhérer, en son nom, aux explications fournies par les conciles de Nicée et d'Ephèse et à tout ce que Cyrille avait écrit. »

Eusèbe de Dorylée interrompit les rapporteurs et dit : « Si Eutychès consent maintenant à se soumettre parce que quelques-uns lui ont dit qu'il devait plier devant la nécessité et souscrire, je n'ai donc pas tort : car je ne l'ai pas accusé pour ce qu'il ferait à l'avenir, mais pour ce qu'il avait fait dans le passé. » L'archevêque approuva cette interruption, et Eusèbe assura qu'il avait, àplusieurs reprises, exhorté Eutychès à abandonner ses erreurs et qu'il pouvait produire plusieurs témoins contre lui ^.

Après cet incident, Memnon continua : « Eutychès dit qu'étant malade, il avait envoyé, à sa place, Abraham. Après que je l'eus exhorté avec plus d'insistance encore à venir en personne, il déclara qu'il voulait, avant tout, attendre le retour de l'abbé Abraham, sous prétexte que celui-ci aurait peut-être réussi à fléchir l'archevêque et le concile. Nous lui dîmes alors (|ue nous attendrions chez lui le retour d'Abraham, et il nous demanda, après cette réponse, d'obtenir pour lui de l'archevêque et du concile, de le laisser en paix pour le reste de la semaine, disant que, si Dieu le permettait, il paraîtrait le lundi de la semaine suivante ^.

Les deux autres députés du concile confirmèrent ce récit ; on admit ensuite les clercs envoyés par le concile à rendre compte des démarches faites par Eutychès, dans le but de gagner les moines à ses erreurs. Le prêtre Pierre prit la parole et dit : « Nous allâmes d'abord dans te couvent de l'archimandrite et prêtre Martin, et nous apprîmes que, le 12 novembre, Eutychès lui avait, en effet, [327] envoyé un écrit en le priant d'y souscrire. Sur la réponse de Martin

1. Flavien répondit à Eusèbe : « Personne ne vous permet de vous désister de votre accusation, ni à Eutychès de ne pas se défendre du passé. Quand Eutychès aurait promis mille fois de souscrire aux expositions des Pères, cela ne vous fait point de préjudice, parce qu'il faut, ainsi que nous l'avons dit souvent, qu'il soit d'abord convaincu du passé et qu'à l'avenir il satisfasse. Oh ! reprit Eusèbe de Dorylée, que ce changement d'opinion ne me cause pas de préjudice, j'ai de bons témoins ! Autrement, dites aux voleurs qui sont en prison : Ne volez plus désormiiis ! ils le promettront tous. Cela fera-t-il qu'ils ne seront pas des voleurs et qu'on a eu tort de leur donner ce nom? » Labbe, Concilia, t, iv, col. 207 sq. (H. L.)

2. Hardouin, op. cit. y t. ii, col. 150 sq. ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 715-719.

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