‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 336 sur 407 · CONCILi: DK CONSTANTlNOPI.r · texte numérisé non relu

CONCILi: DK CONSTANTlNOPI.r

Flavien trouva claires et siilfisantos les di-positions des tleux délégués ; ainsi se termina la session '.

La septième et dernière session — la plus importante — se tint, ainsi qu'il avait été convenu, le lundi 22 novembre. Pour en i-elever la solennité, on ap[)oila dans lassemblé-e les saints évangiles. Kusèbe de Dorylce, en sa qualité d "accusateur, se plaça devant les

1. ll.Érciouia, Cuil. cuncil., I. u, col. Ijj in[. ; Maiisi, Cunc. miipliss. coll., t. VI, ctil. 723-730. Pendant le délai réclamé par I-lulycliùs avant sa coiui)ai'ulion, il se donna bcaucoui) de luouveineiil afin dv loriuer une cabale. Se voyant hors d'état d'esqniver la CDniparution devant le concile, il adecta de croire que sa sûreté était menacée. Il eut reci>urs à son ami, l'eunuque Clirysaf)Iiius, pour se faii-e accoi-der nue garde de soldats commandés par un sileiUiaire, iioniUK'' Magnus. L empereur voulut en outre être loprésenté à l'interrogatoire {)ar un de ses officiers, le palrice Florent, qui lui leudrait compte des opérations du concile et interviendrait en cas de nécessité. Ce Florent était un homme pieux et rocommandablc entre tous, qui remplissait la charge de rainistie d'Etat sous Tliéodose II et exei-ça, chose rare, les mêmes lonctious sotis Mai-cien. Consul en V29, patrice en 4'i8, préfet de la garde prétorienne, il avait rempli à six reprises la charge de prxfectus Oticnlis avant l'année 449, il l'exerça de nouveau et pour la septième fois en 450. Thcodose II lui a adressé deux Noyelles relatives à la punition des hcréliques et à linterdiction de la prostilnlion des enfants et des esclaves par leurs parents ou par leurs maîtres. Florent avait dû travailler sans doute à faire promulguer cette dernière disposition puisque nous le voyons offrir an trésor impérial une de ses propriétés en compensation delà perte que faisait subir au lise l'amoindrissement de la taxe sur la prostitution. Théodose eut la petitesse d'accepter cette offre. Lorsque, eu 448, cet homme remarquable fut désigné pour assister au concile, on put se demander si Théodose ne s'était pas joué d'Entychès qui souhaitait uu représeutant de l'empereur mais non Florent, à coup sûr. Ce n'était pas une chose nouvelle sans doute de voir vm ofûcier impérial assister à un concile, cependant il était nouveau et assez étrange de voir cet officier y présider, c;ir en fait, un homme de la qualité de Florent est, suivant le mot de Tillemonl, a. toujours le maislre en quelque lieu qu'il se trouve, » et la raison invoquée par Théodose pour juslifier cette innovation était que les matières dont s'occuperait le concile concerneraient la foi. Florent fît beaucoup d'objections avant de consentir à tenir le rôle qu'on voulait lui faire jouer et Magnus le sileuliairc dut revenir à la charge à plusieurs reprises avant de rapportera l'empereur l'acquiescement de Florent. Liberatus, Biciav., c. xi ; Libbe, Concilia, t. iv, col. 247. L'évèquc Flavien, de Coustantinople, soutenait le principe de la nou-intervenlion du [)Ouvc'ir civil par une raison assez faible et tout accidentelle. 11 représentait qu'il était bien superflu d'imposer cette peine à Florent, d'autant que la cause d'Fulj'chès pouvait être considérée comme jugée, son hérésie étant avérée et la peine de la déposition à prononcer contre lui ne pouvant faire aucune espèce de doute, la seule question à débattre ne pouvait être que celle-ci : à savoir s'il fallait lui accorder le pai'don de sa faute au cas où il le solliciterait. On ne pouvait fournir des arguments plus péremptoires à l'admission de Florent. (H. L.)

portes du secretariu/71, où la session devait se tenir, et demanda la permission d'entrer ^. Flavien la lui accorda et envoya aussitôt deux diacres, Philadelphe et Cyrille, s'assurer dans le voisinage de révêché, si Eutycliès était arrivé, et les chargea de l'inviter à se rendre dans l'assemblée. Ils revinrent en disant qu'ils l'avaient cherché dans toute l'église (l'évêché était voisin d'une église), mais qu'on n'avait vu ni lui ni aucun des siens. Flavien envoya encore deux diacres, et ceux-ci annoncèrent qu'ils n'avaient pas vu Eutychès lui-même, mais qu'ils avaient appris qu'il viendrait bientôt avec une grande foule de soldats, de moines, de serviteurs du prél'et du prétoire. Le prêtre Jean, employé (sxor/.oç) du concile, annonça peu après qu'Eutychès était, en ell'et, arrivé, mais que son escorte l'empêchait d'entrer, si le concile ne promettait de le laisser partir librement ^. Dans cette escorte se trouvait, en qualité d'ambassadeur de l'empereur, Tillustre silentiaire Magnus (membre du conseil stcret). Flavien le fit entrer, et le silentiaire lut une lettre de l'empereur ainsi conçue : « Je désire la paix de l'Église et je veux la conserva- [330] tion de la doctrine orthodoxe, de celle qu'ont définie les Pères de Nicée et d'Ephèse; et comme je sais que le patrice Florent est orthodoxe et a fait ses preuves dans la foi, je veux qu'il assiste aux séances du concile où il sera question de la foi ^. »

Les évêques reçurent ce décret avec l'enthousiasme habituel à l'Eglise orientale, et s'écrièrent : « Longue vie à l'empereur ! sa foi est grande 1 longue vie, au pieux, à l'orthodoxe et au grand-prêtre empereur (tû àp-/<.epzi ^atyikei). » Flavien dit alors: (( Nous savons tous que Florent est orthodoxe ; nous voulons qu'il assiste à notre session. Mais Eutychès doit déclarer s'il consent à la présence de Florent. » Eutychès répondit : « Je consens à ce que Dieu et Votre

1. Le nombre des évêques présents à cette septième session n'est pas absolument certain ; on dit tantôt vingt-neuf, tantôt trente-deux. D'après Tliéophane ils étaient même plus nombreux encore, il va jusqu'à quarante. (H. L.)

2. Tillemont, Méin. Iiist. ecclés., t. xv, p. 507 : « II n'est point marqué que le concile ait donné celte parole dont on n'avoit nul besoin. 11 est aisé de croire que celte arrivée éclatante d'Eutycliès au concile, et l'importance de l'affaire qu'on y traitoit, Ht assembler un grand nombre de personnes à la porte de l'evesché et dans la place voisine : ce qui aura donné lieu à la calomnie ridicule d'Eutychès qui prétend que Flavien avoit fait assembler tout ce monde pour le mettre en pièces, comme un hérétique, un blasphémateur, un manichéen. » (H. L.)

3. Hardouin, Coll. concil., t. ii, col. 158 sq. ; Mansi, Co?ic. ampliss. coll., t. VI, col. 730-734.

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