PREUVES DE l/AUTIIENTiriTÉ DES ACTES
évêques déclarèrent ne pas se souvenir de cet incident; d'autres dirent qu'ils avaient, en effet, crié de la sorte : h^ notaire Aétius remarqua de son côté qu'il arrivait facilement, et sans mauvaise intention, (jiie l'on attribuât au concile tout entier ce que plusieurs évêques proclamaient (sans soulever de protestations ^). C'est ce qui pouvait avoir eu lieu dans le cas dont il s';igissait. Lors de la lecture du paragraphe suivant, Florent dit que les paroles adressées par lui à Eutychès : « Reconnais-tu les deux natures ? etc. ; si tu ne les reconnais pas, lu seras condamné, » n'avaient pas été [346] dites sur le ton de la menace, mais simplement pour engager Eutvchès à se soumettre au concile. Quant à l'autre phrase qui lui était attribuée: « Quiconque ne dit pas des deux natures n'a pas la véritable foi, » elle n'était pas réellement de lui, car, simple laïque, il n'avait pas le droit de s'exprimer ainsi '^. Le notaire Aétius en appela au témoignage des évêques et des hommes d'État en présence desquels on avait examiné les actes après leur rédaction. Florent aurait sans doute pu dire que lui, du moins, n'avait pas lu ces actes ; mais il est permis de croire avec Fuchs ^, que, dans l'intervalle, Florent avait appris, non pas que ce passage des actes avait été altéré, mais plutôt que la proposition eu question était en contradiction avec l'orthodoxie de la cour.
A la fin de la lecture du procès-verbal du concile, Constantin ajouta encore diverses choses : avant tout, on n'avait pas clairement indiqué le motif de la déclaration d'Eutychès, il l'avait faite en réponse à la proposition de Flavien, qui voulait faire anathématiser tous ceux qui ne reconnaissaient pas les deux natures: « Malheur à moi si j'anathématisais les saints Pères*!» Cela ne se trouvait pas dans les actes ^.
Constantin attaqua aussi plusieurs détails au sujet de la clôture de la septième session, en particulier diverses paroles prononcées
1. Fuchs, Bihliothek der Kirchenversammlungen , l. i, p. 189, avoue que cette parenthèse doit être sous-entendue.
2. Hardouin, Coll. concil., t. ii, col. 203 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vi, col. 810.