CONVOCATION DV CONCILE
pat I iuic'lio (rAlexaiidrie, probableiuenl appmcs liiii cl 1 autre pai- le ministre Chrvsaphius '. Dioscore avait sur le dogme
iiotiiires chargés do transcrire les procùs-verbaiix arèlo |)iix plus graves soupç;ous puisiiue, doux ans plus lard, on i-oprocliail au palriarclie Dioscoro d'avoir fait insérer dans les actes îles rliuses (|iie personne n'avait dites et d'avoir omis d'autres elioses (pii a\aienl clé réellemeul diles. La déposition rrEusèbe d," Dorvlée <'st très iniportaulc à ce point de vue. « Je supplie, dit-il, qu'on inlcrro<^c Sa l>éaliludc lllieiine, évèque d'Êplièse, pour savoir si ses secrétaires ont pu recueillir les actes du synode, et conniiCML ils on! été traités par ceux du très religieux évè([ue d Alexandrie, Dioseore. » L'évèque d'I'phiise répond : c .Mes seerétiiircs, Julien, actuellement évèque di- Libédos, et le diacre Crispiu, écrivaient, quand les secrétaires du très révérend évèque Dioscore survenant, elfacèrent leurs lablcltes et allèrent presque jusqu'à leur briser les doigts en voulant leur enluver leurs écritoires. Aussi n'ai-je pas reçu de copie des actes, et je lie sais au juste ce qui a été l'ait. » Mansi, Conc. anipliss. coll., t. VI, col. G2.'). Au concile de Chalcédoine, on se plaignit à plusieurs reprises des violeuces de Dioscore. Plusieurs évèque.s l'accusèrent de les avoir contraints de souscrire des papii-rs eu blanc. « Le jour où l'on iil l'examen, dit encore Etienne d Kphèse, nous souscrivîmes un papier, et les évèqucs (lui n'avaient pas souscrit le jour même, souscrivireni le lendemain sur ma parole. » Eusebe de Dorylée demanda sur quel papier ils avaient souscrit, Etienne dit: « Sur un papier blanc. » Mansi, op. cit., t. vi. col. 622-630, « Il ne faut donc pas accorder uuc adhésion sans réserve aux actes que nous avons, attendu qu'ils ne représentent pas exactement la pensée du synode d'Ephèse luimême. C'est la pensée, ce sont les idées et le, langage de Dioscore qu'il faut y voir plutôt que toute autre chose; or il est probable que le patriarche d Alexandrie eut grand soin de taire disparaître tout ce qui pouvait nuire à sa cause. » V. Martin, dans la Iiei>. des f/iiest. hist., 187'i, t. xvi, p. 9. On peut donc, sans taire trop large la place de la conjecture, attribuer à cette préoccupation la suppression dans les actes syriaques de toute la procédure concernant Flavien et Eulychès, qui occupa la première session du brigandage d'Ephèse. Il est vrai que cette omissition peut également s'expliquer par le fait que les Actes syriaques ayant été rédigés pour l'usage des Eglises syriaques on se contenta d'en extraire ce qui était de nature à les intéresser. Cette opinion est appuyée par la composion du ms. Tous les documents dont il se compose ont rapport à des questions d un intérêt local et principalement asialicjue. Les Actes, tels que nous les possédons, peuvent se diviser en sept parties : un préambule consacré aux lettres de convocation du concile ; les procédures relatives à Ibas, évèque d'Édesse (p. G-102), à Daniel de Harran (p. 102-108), à Irénée de Tyr (p .lOO-ll'il, à Aquilin de Byblos (p. 1 l'i-l 18), àSophrone de Telia (p. 118- 126), à Tliéodorct de Cyr (p. 127-172), à Domnus d'Anlioche (p. 172-237). La collection se termine par quelques pièces générales (p. 237-252). (Les citations des pages sont faites d'après l'édition de S. G. Perry.) (H. L.)
1. L'existence de ce triumvirat paraît indisculable. Chrysapliius n'était pas moins intéressé que ses compères à la réunion du concile œcuménique. Peutêtre souhaitait-il fournil- à Eulychès l'occasion d'un triomphe, mais surtout il
les mêmes idées qu'Eutychès * ; il comprenait la doctrine de Cyrille comme la comprenait l'archimandrite de Constaiitinople 2, et comme ce dernier, il voyait des nestoriens dans tous ses con-
voulait humilier et accabler Flavien et engager irrémédiablement Théodose par une démarche éclatante dans le j^arli de l'hérésie. L'emjiereur qui avait été nestorien convaincu était devenu eutychien convaincu, et cela seul suffit pour juger la cervelle et le caractère do l'homme. L'impéralrice liudoxie avait lié sa fortune à celle de l'eunuque son protecteur, la théologie l'amusait presque autant qu'autre chose ; elle avait pris parti et n'était ni la moins chicanière, ni la moins dangereuse. Cf. Gesta de iioniiae Acacii vel breviculum historiée Eutychianistorum, édit. Thiel, Epistolx romanorum Pontificum, in-8, Braunsberg, 1868, t. T, p. 510-519 ; Zacharie le Rhéteur, Historia ecclesiastica, édit. Land, Anecdota sjriaca, in-8, Leyden, 1870, t. m ; Liberatus, Breviarium causa; Nestorianorum et Eittychianorum^ c. xit, édit. Garnier, Parisiis, 1675 m P. L., t. Lxviii, col. 969-1052 ; Mansi, Concil. anipliss. coll., t. ix, col. 659-702; Evagrius le Scholastique, Historia ecclesiastica, pdit. Valois, = P. G., t. lxxxvi, col. 2415 sq. ; Théodore le Lecteur, Fragmenta Historiée ecclesiasticse, édit. Valois = P. G., t. LXXXVI 1. col. 165 sq. Cf. De Boor, dans Zeitschrift fiir Kirchengeschichte, t. vi, p. 489 sq. ; Facundus d'Hermiane, Pro defensione trium capitulorum, P. t., t. lxvii, col. 527 ; Victor de Tonnenna, Chronicon, P. Z,, t. Lxviii, col. 941 sq. Sur Chrysaphius en particulier, cf. Tlieophanes, Chronograpkia, ad ann. 440, 441, P. G., t. cviii, col. 253-258; édit. Bonn, ad ann. 5940, t. i, p, 154 : D'après Pagi. Critica, ad ann. 449, n. 7, l'impératrice Eudoxie n'était pas encore revenue à la cour en 449 ; Walfh, Kelzerhistorie, t. VI, p. 200, partage cette opinion. (H. L.)
1. C'est faire, croyons-nous, beaucoup d'honneur à Dioscore de lui accorder une préoccupation théologique quelconque dans le conflit organisé par lui, cf. W^. Bright, dans Dictionii . of Christian Biography, t. i, col. 854-862. Intrigant, impudent, ambitieux et passionné jusqu'à recourir à l'assassinat, il ne voyait dans le concile, dans l'hérésie et dans les adversaires qu'une occasion inespérée de jouer un rôle à son goût. Ce bandit, car il n'est guère autre chose, faisait juger de l'avenir par son passé. Tillemont qui à travers sa froideur calculée s'élève parfois à la hauteur du Bossuet de l'Histoire des Variations, Tillemont a dit de Dioscore : « C'était trop d'honneur à lui d'être 1 instrument des passions d'un premier ministre. » Mém. hist. ecclés., t. xv, p. 524. Le sentiment qui, dans l'affaire d'Eutychès, emportait Dioscore était le désir d'accabler à jamais le siège patriarcal de Constantinople dont la rivalité séculaire avec Antioche et Alexandrie arrivait à une période particulièrement critique. Suivant l'exacte remarque de Tillemont, rien ne prouve que l'évêque Flavien de Constantinople ait jamais récl.nmé la préséance sur Dioscore ; il semblerait même, selon saint Léon, qu'il y eût renoncé. En ce cas Dioscore devait l'estimer bien faible et digne de ses coups. (H. L.)
2. Dioscore comprenait vraisemblablement beaucoup mieux qu'Eutychès la doctrine de Cyrille qu'il avait connu et fréquenté ; quant à Eutychès, nous avons dit qu'il n'entendait rien à la terminologie parfois un peu obscure de Cyrille. (H. L.)