CONVOCATION DU CONCILE
tiadicteurs. Peut-être aussi le patriarche d'Alexandrie jalousaitil le patriarche de Constantinople. dont le sirge eommeiiçait ii éclipser le sien : on sait (juiin demi-siècle auparavant des motifs de ce genre firent naître liniplacable haine (jue Théophile d'Alexandrie déplova contre saint Jean Chrvsostome. Dans les circonstancesprésentes, Dioscore accepta dans sa communion, au mépris des canons, Eutvchès excommunié par lautorité compétente, et sur lequel il n'axait aucune juridiction : avant (jue le concile convo([U(' :i K|du''se eût l'ait son enquête et rendu son jugement, Dioscore déclara Mutvchès réintégi'é en son rang de prêtre et d'archimandrite *.
1. Harilouin, Coll. concil., t. ii, col. 3'i5, 379; Maiisi, Conc. aniplhs. coll., t. VI, col. 1045, 1099. Le contlil (toveiiail de jour en jour plus maiiifoslement inévitable. Flavien de Constantinople qui pressentait et appréhendait le concile, ne ménageait lion pour forliOer son parti et aflaiblir le parti adverse. Il (il j)ublier et aflicher dans toutes les rues de Constantinople la sentence d'anatht'ine prononcée contre Eutychès. En outre il excommunia les moines de l'héréï^iarque qui ne se séparaient pas de leur archimandrite. C'était la sliicte application d'un canon depuis assez longtemps tombé en désuétude. Flavien s'efTor- (;ait, par ses lettres, de recruter des adhérents jusqu'en Syrie. F. a perspective d'un concile général causait en Orient une émotion générale. Domnus d'Antioche souscrivit aux décisions du concile de Constantinople tenu en 448; Théodoret, qui semblait heureux de l'occasion qui. s'offrait à lui d'affirmer son orthodoxie un instant mise en question, souscrivait avec non moins d'empressement et qualifiait Flavien de « brillant flambeau de la foi et d'imitateur des apôtres dans leur courage comme dans leur doctrine •>. De son côté, Eutychès préparait un procès en règle contre Flavien qu'il accusait de plusieurs crimes commis à son égard. C'était d'abord de l'avoir assigné par devant la ctjvoSo; èvôr,- ^AoCffa, le sacliant cependant lié par vœu à ne point sortir de la clôture de son monastère et escomptant le refu^i de manquer à ce vœu afin de porter une condamnation par contumace. C'était ensuite d'avoir dirigé l'interrogatoire avec artilîce et mauvaise foi, multipliant les interruptions et entravant le libre exercice de la défense. C'était enfin le refus opposé à la déposition d'un acte contenant la profession de foi écrite de l'accusé. « Au reste, ajoutait Eutychès, il régnait pendant toute la séance un tel désordre, un tel tumulte qu'on n'entendait ni les demandes ni les réponses. L'accusé d'ailleurs se savait condamné d'avance, le bruit en ayant couru par toute la ville et le silenliaire Magnus ayant vu la sentence toute libellée entre les mains d'un clerc de l'archevêque avant même que l'archimandiite se fùtrendu àla convocation. » Eutychès avait mené un toi bruit autour de ces accusations touchant les irrégularités de la procédure et l'altération des actes qu'une opération préalable s'imposait, la vérification de la sincérité dos procès-verbaux. Théodose institua une commission d'onquolo pour examiner les dires d'Eutychès. Composée d'ecclésiastiques et de magistrats civils, elle était présidée norainalemeut par Thalassius, érèque
Dans sa seconde lettre au pape Léon, Flavien parlait déjà du futur concile et déclarait, presque explicitement, qu'il n'en attende Césarée en Cappadoce, ancien préfet du prétoire el présidée effectivement par le patrice Florent que nous avons rencontré à Constantinople l'année précédente. Le tribun des notaires consistoriaux remplissait les fonctions de référendaire. Celte commission siégea dans le baptistère de 1 église métropolitaine ; on y comptait trente- deux évèqiies dont une douzaine avait fait partie de la (TIJV060; èvSr|[j.oûa-a. Flavien assistait comme témoin, Eutychès était représenté par trois moines de sou ancien couvent. Au début de la commission d'enquête, le référendaire Macédonius requit des évèques le serment de dire la vérité ; mais l'un d'eux lit observer que ce n'était pas l'usage. « Je ne sache pas, dit-il, qu'on ait jamais déféré le serment aux évèques. » On n insista pas et ou aborda la question de la vérification des actes. Le patrice Florent demanda la production de la pièce originale, mais le diacre Aétius, protonotaire du concile, s'y refusa sous prétexte que cette vérification entraînait un aveu de suspicion à l'égard des notaires. « C'est vous-même qui vous rendez suspect par votre hésitation. » dit le patrice. Flavien insista auprès d'Aétius en lui disant: « Il importe de vérifier si l'original a été altéré et qu'on en recherche l'origine dans le cas où le fait serait prouvé. Nous sommes ici pour savoir la vérité ; on ne doit pas mentir devant le tribunal de Dieu. » Aétius s obstinait, mais il dut finalement céder. On apporta l'original des actes. Les procureurs d'Eutychès purent confronter la pièce dont ils étaient pourvus avec celle qui fut produite. On ne remarqua entre elles aucune différence. L'accusation de falsification intentée à Flavien tombait d'elle-même; cependant des inexactitudes existaient, mais elles pouvaient provenir de transcriptions peu soignées des notes tachygraphiques lors de la rédaction du texte. Ce fut sur ce point que porta l'interrogatoire. Aétius se trouva plus que jamais mis sur la sellette à son vif déplaisir ; il donna alors sur la manière dont élaieut rédigés les procès-verbaux des conciles les précieux détails suivants : « Les notaires tachygraphes traçaient leurs notes au fureta mesure delà discussion ; à la clôture de la séance, ils les rapprochaient entre elles, et composaient le compte rendu présenté à la signature des évèques et qui devenait l'authentique des actes. La rédaction de cette pièce était faite par le chef des notaires, ou du moins sous sa surveillance directe. On y laissait non pas tout ce qui avait été dit ou fait, mais seulement les choses ayant un caractère d'importance ; par exemple, les propos échangés entre les membres en manière de conversation, et non comme des opinions déterminées, étaient omis par les tachygraphes ou retranchés lors de la rédaction définitive ; souvent même le retranchement s'opérait d'après le désir des interlocuteurs eux-mêmes. Il arrivait aussi que les cris proférés par un ou quelques membres étaient recueillis comme des acclamations du concile, cl si aucune observalion ne s élevait lors de la rédaction du procès-verbal définitif, ils y figuraient à ce litre, «les signatures approuvant tout, » suivant l'expression du protonotaire Aétius. Ainsi les actes disaient que le concile tout entier s'était levé en criant : « Anathème à Eutychès ! )> Eutychès niait le fait et il résulta de l'enquête que quelques voix seulement avaient prononcé cet anathème, attribué faussement à toute l'assemblée. » A. Thierry, Nestorius et Eutychès,