‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 358 sur 407 · LA CÉLF.nnE LETTRE DOGMATIQUE DE SAINT LÉON · texte numérisé non relu

LA CÉLF.nnE LETTRE DOGMATIQUE DE SAINT LÉON

cause de son aveuglement, Eutychès n'avait pu comprendre ces vérités, il aurait dû, au moins, accepter ce que dit le Saint-Esprit, au sujet de l'incarnation du \'eibe... Il n'aurait pas alors pensé que le Verbe s'est fait chair dans ce sens que le Christ in- du sein de la Vierge avait une l'orme humaine, sans avoir un corps véritable de même nature que le corps de sa mère. Peut-être Eutychès a-t-il pensé que le (Ihrist n'était pas de même nature que nous, parce que l'an'-e dit à Marie: « Le Sainl-Esnrit descendra en toi. et la vertu \:\')C}\ du Très-Haut te couvrira de son ombre ; aussi le Saint qui naîtra tle toi sera-t-il appelé le Fils de Dieu. » Il a cru peut-être que, parce que la conception de la Vierge a été une œuvre divine, la nature de celui cjui a été conçu n'est pas la même que la nature de celle qui a conçu. Mais il n'en est pas ainsi : ce qu'il y a eu d'insolite dans la conception du Fils n'a pas lait disparaître en lui la condition d'existence du genre (humain). Le Saint-Esprit a donné la Iccondité à une \ ierge et la réalité du corps (du Christ) est prouvée par la

ti.-iiiac fîdci lonto purissimo sinccrum iutellecLum haurire non poteral, quia splendoreni peispicuœ veritalis obcaecalione sibi propria lenebrarat, doctrinae se evangelicoe subdidisset. El diceule Matthaeo (i, 1) : Liher generationis Jesii Christi fiïii David, filii Abraham, aposlolicjE quoque prœdicationis expetisset inslruclum. Et K'j,^L'ns in epislola ud Hoinaiios (i, 1) : Paillas se/vus Jesu Christi, vocatus Apostulus, segrcgaius in Evangeliuni Dei, quod ante proiniserat per Prophetas suos in Scripluris sanctis de Filio suo, qui factus est ei ex semine Dusid secundum cariiem, ad propheticas paginas piam solliciludinem contulissel. Et inveniens pi'oniissionem Dei ad Abraham dicenlis : In semine tuo benedicentur onmes geutes Geu., xii, 3 ; xxii, 18), ne de hujus seininis proprietate dubitaret, secutus luisset Apostoliini dicontem ; Abrahce dictx sunL proniiasiones, et seniini ejus. Non dicit et seniinibus, quasi in inuitis, sed quasi ui uno, et seniini tuo, quod est Christus (Gai., m, 16). Isaiae quoque prœdicationem inleriore appi-ehoudisset auditu dicentis : Ecce s'irgo m utero accipiet, et pariet /iliurn et \'ocabunt nomen ejus Emmanuel (Is., vu, 14), quod est inteipretatum nubiscum Deus (Mallli., i, 23). Ejusdemque Prophétie lideliter verba legisset : Puer tiatus est nobis, filius datas est nobis, ciijus potestas super humerum ejus, et vocaliunt nonten ejus, Magiii consilii aagelus, adinirabilis, consiliarius, Deus furtis, Prtuceps pacis, Pater f'uturi sseculi (Is., ix, 6). Nec f'ruslfatoiio loquens, itu Verbuui diceret carnem lactuin, ut editus utero virginis Christus haberet formani hoininis, et non liaberel niaterui coiporis veritatem. An forte ideo putavit Douiiuum nostrum Jesun» Ciiristuni non nostrae esse naturie, quia niissus ad beatani .Mariaiti scmper virgiuem angélus ait ; Spirilus su/iclus superfeniet in te, et i'irlus .Uiissinii ohuinbrabit tibi, ideoque et quod nuscetur ex te sanctum, vDcabilur Filius Dei (Luc, i, 35^.' ul quia conceptus virginis divini luit opeiis, non de nalura coucipientis iuerit caro coucepti. Sed non ita intelligenda est illa geaeraliû singulaiiler mirabilis, et mirabiliter singularis, ut per novi-

réalité du corps (de la mère) ; c'est pour cela que l'évangéliste dit : « Le Verbe s'est fait chair, » c'est-à-dire la sagesse de Dieu s'est bâti une maison dans cette chair humaine qu'il a prise, et qu'il l'a animée d'une Ame raisonnable {spiritu vitœ rationalis). C. III. Les propriétés des deux natures tt substances étant donc pleinement sauvegardées et s'étant réunies en une seule personne, la majesté s'est revêtue de la bassesse, la force de la faiblesse, et l'éternité de la mortalité. Pour' payer notre dette, la nature impassible s'est unie à la nature passible, pour qu'il y eût, suivant l'exigence de notre salut, entre Dieu et les hommes un médiateurqui, d'une part, pouvait mourir, et de l'autre était immortel. Le vrai Dieu est né avec la natuie complète et parfaite d'un homme véritable {in intégra perfectaque natura), pitrfait dans sa nature propre (c'est-à-dire dans sa divinité) et parfait dans la nôtre (c'est-à-dire dans l'humanité). Je dis dniis la nôtre, c'est-à-dire dans cette nature telle qu'elle a été faite par le créateur et que le L*^^' J Christ a revêtue pour la réparer; car ce que le tentateur a mis en nous et que l'homme trompé a reçu n'a laissé aucune trace dans le Sauveur ; il a pris part à notre état plein de faiblesse, mais il n'a pas pris part à nos fautes ; il a accepté l'état de serviteur, mais sans connaître la souillure du péché, et il a relevé l'humanité sans léser en rien la divinité. Cet abaissement, par lequel celui qui était invisible devint visible et par lequel le maître et créateur du

tatem creationis proprietas remota sit generis. Fœcunditatem enim virgini Spiritus sanctus dedil, verilas aulem corporis sumpta de corpore est ; et œdificante sibi sapienlia domum (Prov., ix, 1), Verhum caro factuin est, et hahitavil in nobis (Joann., i, i't), hoc est, in ea carne, quam assumpsit ex homine et quam spiritu vitse rationalis animavit.

C. III. Salva igitur proprietate ulriusque naturœ et substantiae, et in unam coeunte personam, suscepta est a majeslate humilitas, a virtute infirraitas, ab œternitate mortalitas ; et ad resolvendum conditionis nostrae debitum, natura inviolabilis naturœ est unita passibili, ut, quod nostris remediis congruebat, unus alque idem média tor Dei et hominum, horao Jésus Cliristus, et mori posset ex uno, et mori non posset ex altero. In intégra ergo veri hominis perfectaque nalura verus uatus est Deus, totus in suis, totus in nostris. Nostra autem dicimus, quœ in nobis ab initio Creator coudidit, et quœ reparanda suscepit. Nam illa, quae deceptor intulit, et Iiomo deceptus admisit, nullum habuerunt in Salvatore vestigium. Nec quia communionein humauarum subiit infirmitatum, ideo nostrorum fuit particeps delictorum. Assumpsit formam servi sine sorde peccati, humana augeus, divina non minuens ; quia exinanitio illa, qua se invisibilis visibilem prsebuit, et creator ac Dominus omnium rerum unus voluit esse mortalium, inclinatio fuit miserationis, non defectxo potestatis. Proinde

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