LA CÉLKBIIE LETTRE DOGMATIQUE DE SAINT LEON
monde voulut devenir un des nunlels, cet abaissement volontaire n'est pas une abdication do la puissance, mais bien une condescendance de la miséricorde. Lui (jui étant Dieu avait fait l'iiomme, s'était lail homme lui-même en preiiaul la forme de serviteur. (!!ha(jue nature i-tniservc ce qui lui (;sl propre, et, de même que la condition de Dieu u anéantit pas la condiliou d homme, de même la condition de serviteur ne nuit eu lien à celle de Dieu {forma Dei).
(',. i\. I.e l'ilîde Dieti est donc entr('- dans ce monde infime, descemlant de son siège céleste sans cepeiulant qnillei' la irlolrc du Pèle : il est verni dans ce monde, dans nu nouv(d ordre de choses et par une naissance qui lui est |)aiiiculièrc. Dans un nouvel ordie i.\c choses, c'esl-à-ilire (pie celui qui est Invisible par nature, est visil)le dans noire naluic ; rincompréhensible a voulu ètie compris ; coin! cpii existait avant tous les temps a commencé [3r)8| il cire dans le temps; le maître de l'univers a accepté l'état de serviteur, après avoir voilé sa majesté ; le Dieu Impassible n'a pas dédaloné de devenir nu iiomme ca')able de souffrance, et l'immortel s'est soumis à la loi de la mort. Il est entré dans ce monde par une naissance (jui lui était particulière, quia iiwiolata vir^initas co/i(iipiscen(iff/7i nescivit, carnis materiain niinistravil. 11 a pris la natuie de sa mèi'e ; mais il n'a pris pour cela aucune faute, et,
(lui mancns \n tonna Dci fctil hominem, idem in forma servi Cactus est liomo. Tenet enim siue defectu proprietalem suam ulraque natura ; et sicut formam servi Dei forma non adimit, ila tbrmam Dei servi forma non minuit. Nam quia gloriabatur diabolus, honiinera sua fraude deceplum divinis Garnisse muneribus, et immortalilalis dole nudalum dnram mortis subiisse sententiam se({ue in malis suis (juoddam de prievaricaloris consortio invenisse solatium, Dcum quoque, justitix exigente ralionc, erga hominem, quem in lanto Iionorc condiderat, propriam mutasse sententiam ; «pus fuit secreti dispensatione consilii, ut incommutabilis Deus, cujus voluntas non polest sua benignitate privari, primani erga nos pietatis suœ disposilionem sacramoiito oecultini-e coinpierel, et homo diabolicœ inicjuilatis versulia acUis iu culpani, coiilia Dei [)itq)()siiuni non pcriret. C. IV. Ingreditur ergo htec iniindi intima t'ilius Dei, de caclesli sede descendens et a paterna gloria non recedens, novo ordine, nova nalivitate generatus. JN'ovo ordiue, quia iuvisibilis in suis, visibilis lartiis est iu uostris, iucomprehensibilis voluit compreheudi ; anie lempora manens esse cœpit ex lempore ; universilalis Dominas servilem foi-niam obumbrata majeslalis sua; imniensitale suseepit ; impassibilis Deus non dedignatus est homo esse passibilis ; et immorlalis mortis legibns subjacere. Xova auleni nalivilale generatus. (juia inviolata virgiiiilas concupisceuliam nescivit, earnis malerium minisliavil. Assumpta est de matre Domini natura, non culpa ; nec ia Domino Jesu Chrislo, ex utero vir-
de ce que sa naissance est admirable, il ne s'ensuit pas que sa nature soit différente de la nôtre. Car celui qui est véritablement Dieu est aussi véritablement homme, et il n'y a dans cette unité aucun mensonge ; car elle est formée de la bassesse de l'homme et de l'élévation de Dieu {iin>icem sunt) ; de même que Dieu n'est pas changé parce qu'il est miséricordieux (c'est-à-dire parce que sa miséricorde a été cause qu'il s'est fait homme), de même l'homme (c'est-à-dire l'humanité) n'a pas été absorbé par la majesté divine. Chacune des deux formes (natures) fait, en union avec l'autre, ce qui lui est propre : oinsi le Verbe (de Dieu) opère ce qui est du Verbe, <t la chair exécute ce qui est la chair; l'une d'elles resplendit par ses miracles et l'autre succombe sous les injures. Et, de même que le Verbe reste toujours égal en gloire à son Père, de même la chair n'abandonne pas la nature qui nous est propre. Car ainsi qu'il faut le répéter souvent, un seul est tout à la fois véritablement Fils de Dieu et véritablement fils de l'homme ; Dieu, dans ce sens qu'il étiiit au commencement le Verbe, et que le Verbe était en Dieu et qu'il était Dieu lui-même; homme, \p^^\ dans ce sens que le Verbe s'e-t fait ch:iir et qu'il 9 habité parmi nous ; Dieu, parce que tout a été créé ; ar lui et que rien n'a été créé sans lui, homme, parce qu'il est né de la femme et qu^il a été sous laloi. La naissance charnelle est une manifestation de sa nature humaine ; mais l'enfantement d'une vierge est la marque d'une vertu divine. Ija pauvreté des langes prouve la fniblesse de l'enfant, mais les voix des anges trahissent l;i grandeur du Très Haut. Celui
ginis genito, quia nativitas est iniraV>ilis, ideo nostri est natura dissimilis. Qui enim verus est Deus, idem verus est liomo ; et nullurn est in liac unitate mendacium, dum iavicem sunt et humilitas hominis et altitude Deitatis. Sicut enim Deus non mutatur miseratione, ita homo non consuaiitnr dignitate. Agit enim utraque forma cum alterius communione, quod proprium est ; Verbo scilicet opérante quod Verhi est, et carne exsequente quod carnis est. Unum horum coruscat miraculis, aliud succumbit injuriis. Et sicut Verbum ab œqualitate paternœ gloriae non recedit, ita caro naturam nostri generis non relinquit. Unus enim idemque est, quod ssepe dicendum est, vere Dei filius. Deus per id quod in principio erat Verbum et Verbum eiat apad Deum, et Deus erat Verbum (Joann., i, 1) ; homo per id quod Verbum caro factum est, et habitavit in nobis {ibid., I, 14) ; Deus per id quod omnia per ipsum fada sunt, et sine ipso factum est nihil {ihid., i, '■'<) ; homo per id quod factus est ex muliere, factns sub lege (Gai., iv, 4). Nativitas carnis manifestatio est humanœ naturae ; partus virginis divinae est virtutis indicium. Infantia parvuli ostendilur humilitate cunarum ; magnitudo Altissimi declaratur vocibus angelorum. Similis est rudimen-