‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 360 sur 407 · LA CÉLÈDUE LliTTltE DOUMATIQLE DE SAINT LÉON · texte numérisé non relu

LA CÉLÈDUE LliTTltE DOUMATIQLE DE SAINT LÉON

cjuUrrode veut tiier trune nianièie cruelle est sembliible aux hommes (jui entrent dans l:i vie l^nidimentis humintim. c'est-ii-tllre aux eiilant-) ; mais cehii-lii est le nuiitre de tous ([iie les mages s'empressent d'adorer avec humilité. Et afin (juc Ton n'ignorât pas que la divinité était cachée sous le voile de la cluiir, la voix du Père cria du liaul <lii tirl : « NDici mon Fils bien-aimé ; » celui (jiii, comme homme, est tenlé par la ruse du démon, est, en tant que Dieu, servi par les anges. Soullrir la faim, la soil, être latigué et dormir est évidemment d'un homui.- ; mais avec cinq pains rassasier cinq mille hommes, donner ii la Sajuaritaine une eau vive (|ui étanchera à jamais sa soif, marcher sur la mer, commander aux temj)ètes, est évidemment d'un Dieu. Une seule et même nature ne peut tout il la fi>is pleurer de compassion sur l'ami qui vient de mourii' cl le ressusciter j)ar un simple commandement, du tombeau où il est, ou bien, elle ne peut tout à la fois êtie attachée à la croix et faire tiembler les éléments, etc., de même elle ne pourrait dire ; « Moi et mon Père, noiis ne sommes qu'un, » et : « Mon Père est plus grand que moi. )> En eft'et, quoique dans Notre- [ooOJ Seit^neur Jésus-Chris! , Dieu et 1 homme ne soit qu une seule personne, l'humiliation et la magnificence qui sont l'une et l'autre communes aux deux natures, proviennent l'une et l'autre d'une source différente. 11 a de nous l'humanité^ qui est moindre

tis liominum, queiu Herodes iiupie luiilitui- occidere ; sed Dominus est omnium quem Magi gaiideut supplicilPi* adorare. Jam cum ad praecursoris sui Joannis baptismuai VLMiit, ne lateret, quod caruis velamine divinitas tcgei-etur, vox Patris de caîlo iutonans dixit : Hic est Filins meus dilectus, in quo inihi bene coinplacui (MaUh., ui, 17). Quem itaque sicut hominem diabolica tentât astutia, eideni sicut Deo angelica famulantur officia. Esurire, sitire, lassescere, alque dormire, evidentei' liumauum est. Sed quiuque paiiibus quiuque millia hominum satiare, et largiri Samaiilauae aquam vivaui, cujus lianslus bibenti pra^stet, ne ultra jam sitiat, supra dorsuni maris plantis non desidcntibus ambulare, et elationes flucluum increpata tempestate consternere ; sine ambiguitate diviDum est. Sicut ergo, ut multa praeleream, uon ejusdem naturae est, flere miserationi« afiectu amicum mortuum, et cumdem remolo quatriduanae. aggere sepulturae, ad vocis impi lium excitare redivivum : aul in ligno peudere, et in noclem luce conversa, oumia elementa Iremefacere ; aut clavis trauslixum esse et paradisi portas fîdei latronis aperirc ; ita non ejusdem naturaj est, dicere : Ego et J'ater iinuni sumus ; et dicere, Pater major me est (Joann., x, oO ; xiv, 28). Quamvis euiui in Uomiuo Jesu Cliristo Uei el liomiuis uua persoua sit, aliud tamon est, unie in utroque commuuis est coutumelia, aliud unde commuais e&l gloria. Ue uostro enim illi est minor Pali"'^ liumauilas ; de Pâtre illi est aequalis cum Pâtre Diviuitas.

que le Père, et il a du Père la divinité, qui est égale à celle du Père.

C. V. En raison de cette unité de personne dans les deux natures on lit que le Fils de l'homme est descendu du ciel, quoique ce soit le Fils de Dieu qui ait pris chair de la Vierge ; de même on lit que le Fils de Dieu a été crucifié et a été enseveli, quoiqu'il n ait pas souffert dans sa divinité, selon laquelle il est Fils unique du Père, coéternel et consubstantiel au Père, mais seulement dans l'infirmité de sa nature humaine. C'est pourquoi encore, nous confessons tous dans le symbole que lui, le Fils unique de Dieu, a été crucifié et a été enseveli, conformément à ces paroles de Tapùtre : « S'ils l'avaient connu, ils n'auraient jamais crucifié le maître de la gloire. » Lorsque le Seigneur voulut instruire ses disciples sur la foi par ses questions, il leur demanda : a Qui dit-on cjuc je suis ? Pour qui me regarde-t-on, moi, le fils de l'homme ? » Et lorsqu'ils eurent rapporté les diverses opinions, il leur demanda de nouveau : « Mais vous, qui croyez-vous que je sois, » moi, le Fils de l'homme ? Pierre, inspiré de Dieu et devançant tous les [361J peuples par sa profession de foi, répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Il reconnaissait donc que le fils de l'homme était en même temps le Fils de Dieu, parce que l'un ^ans l'autre n'aurait pu opérer notre salut. Après la résurrection de son

C. V. Propler linnc ergo unitatem persoure in utraque nalura intclligendam et filius homiais legitur descendisse de cœlo, cum Filius Dei carnem de ea virgine, de qua est natus, assumpscrit. Et rursiis Filius Dei crucifixus dicilur ac sepultus, cum hœc non in divinitate ipsa, qua Unigenitus consempilernus et consubstaiitialis est Patri, sed in nalurœ humanae slt infirmitate perpessus. Unde unigenitum Filium Dei crucifîxum et sepultum omnes etiam in Symbolo conûtemur, secundum illud Apostoli : Si enim cognovisseitt, numquain Dominum majestatis crucifixissent (I Cor., ii, 8). Cum autem in se Dominus noster atque Salvator (idem discipulorum suis interrogalionibus erudiret, Quem me, inquit, dicunt homines esse filium hominis? (Matlli., xvi, 13 sq.) Cunique illi diversas aliornm opiniones retexuissent, Vos autem, ait, quem me esse dicilis ? Me utique, qui sum lilius hominis, et quem in forma servi atque in veritate Garnis aspicitis, quem me esse dicitis ? Ubi B. Petrus divinitus inspiratus, et confessione sua omnibus gentibus profulurus, Tu es, inquit, Christus Filius Dei vivi. Nec immerito bcatus est prouuuliatus a Domino, et a principali petra solidilatem et virtutis traxit et nominis, qui per revelationem Palris eamdem et Dei filium est confessus et Christum : quia unum horum sine alio receptuni non proderat ad salulem, et œqualis erat periculi, Dominum Jesum Christum aut Deum tantummodo sine homine, aut sine Deo solum hominem credidisse. Post resurrectionem vero Domini (quœ ulique veri corporis fuit, quia non alter

I7(j. LA r.Ki.ùnni: i.tiiiiu douma ikui; dk s\int i.eon

véritable corps (car c'est le corps (jui a été criieidé, qui est ensuite ressuscité), (ju'a-l-il lait peiulanl ces quarante jours, sinon éclairer notre foi et la préserver de tout cloute à ce sujet ;'... 11 a mangé avec ses disciples, est entré les portes closes, a pionils le Saiiit- Kspnt, s'est laissé toucher les mains, etc., afin (jue l'on connût qu'il possédait les propriétés de la nature divine et de la nature humaine unies d'une manièr»> inséparable, et afin que, sans identifiei' le Verbe et la chair, nous lussions convaincus c[uc le ^'erb(^ et la chair ne formaient cpiun Fils de Dieu. F.utychcs a complètement ignoré ce mvstère de la loi ; il n'a pas reconnu notre nature dans le Fils de Dieu, il ne la pas [)lus reconnue dans les abaissements de la mort (pie dans la magnificence de la résurrection ; il n'a pas en peur de cette parole de l'apôtre : a Tout esprit cpii divise le Christ [3f^21 n'est pas de Dieu, mais c'est lAntéchrist. » Mais (ju'esl-ce donc c|ue diviser Jésus, si ce n'est séparer de lui la nature humaine ? (^elui qui demeure dans un tel doute au sujet de la nature du corps du Christ, doit aussi, nécessairement, enseigner avec le même aveuglement des choses (jui n'ont pas de sens à l'égard des souflVances de Jésus- Christ : car celui cjui croit à la croix du

est ressuscilatus, quam cjui fueral crucifixus et morluus) quid aliud quadraginta dicrnin mora gestum est, quani ut fidci nnslrcC inlcgrilas ab omni caligiue muudaretiir ? Colloqiieiis cnim cum discipulis suis et colial)ilaiis ;ilque convescens, et pertractari se diligenti curiosoque coiitaclii ab cis, quos dubiotas perstringcbat, admittens, ideo et clausis ad discipulos januis introibat, ot flatu suo dabat Spiritum -sanctum. et donato iatelligenliio lumiue sauclaruru Scripturarum occulta pandebat, et rursus idem vubiiis lateris, tixuras clavoriim, et (jmnia receiitissima' passioiiis signa monstrabat, dicciis : Videte manus meas et pedes, //uia ego sum. Palpate et videte, quia spiritus carnein et ossa non habet, sicut me videtis habere (Luc, .vliv, 39) ; ni agnoscerefur in eo proprietas divinœ Iiumana'que uatura; iudividua permanere ; et ita sciremus, Verbum non hoc esse quod carnem, ut unuin Dci Filium et A'eibum couilteremur et carncm. Quo fidei sacraniento Eutyches iste niniiuni a-slimandus est vacuus, qui uaturam nostrara in Uuigcnilo Dei ucc per huiiiilil:it{Mu uiorlalilalis, nec per gloriuin resurrecliouis agnovil. Xec sententiaru beali apostoli et evaugelistœ Joauuis expavit dicentis : Oinnis spiritus, qui confitetur Jesurn Chrisfuni in carne venisse, ex Dco est ; et omnis spiritus qui soWit Jesum, ex Deo non est ; et hic est Antichristus (I Joan. iv, ?»). Quid autem est solvere Jesum, nisi luunanaiu ab eo separare uaturam, et sacramenlum pei- quod unum salvali sumus, inipudenlissimis evacuarc (îgmeutis ? Caligaus vero circa naturam corporis Cliribti, necesse est ut ctiam in passioue ejus ead(Mi) obcœcalioue desipial. Naui si crucem Uomini non putat l'alsani, et suseeptum pro muncli salutc suppiiciuni verum fuisse non dubilal ; cujus crédit raorteni, agnoscat et car-

Seigneur et (|ui regarde sa mort comme une mort véritable, doit aussi affirmer sa chair (c'est-à-dire sa véritable humanité), puisqu'il croit à la mort de cette chair. Il ne peut nier que l'homme qu'il regarde comme passible ait eu un corps semblable au nôtre (quant à sa substance) ; car nier qu'il a eu une chair véritable, ce serait nier qu'il ait réellement souffert. Celui qui professe ainsi la doctrine chrétienne, peut s'expliquer quelle est cette nature qui a été transpercée de clous et attachée à bs croix ; il peut se rendre compte d'où proviennent (c'est-à-dire de quelle nature) le sang et l'eau qui ont coulé lorsque le côté du Crucifié fut transpercé. L'Église catholique a grandi avec cette croyance que, dans Jésus- Christ, il n'y avait pas d'hum;inité s:ins une divinité réelle ni de divinité sans une humanité véritable.

C. VI. Comme à votre question Eutychès a répondu en ces termes : « Je professe qu'avant l'union Notre-Seigneur était en deux natu- [363] res ; mais, après Tunion, je crois qu'il n'existait plus qu'une seule nature, » je suis grandement surpris qu'on lui ait laissé émet-

nem ; nec difliteatur nostri corporis hoiinuem, quem cognoscil fuisse passibilem, qiioniara uegatio verae carnis, negalio esl eliam corporeœ passionis. Si ergo christianara suscipil £îdem et a prsedicalione Evangelii suum non avertit auditum, videat, quae natura transfixa clavis pependerit in crucis ligno, et aperto per railitis hinceam latere crucifixi intelligat, unde sanguis et aqua fluxerit, ut ecclesia Dei et lavacro rigarelur et poculo. Audiat et beatum Petrum apostolum prajdicanteni, quod sanctificatio Spiritus pei' aspersiouem fiât sanguinis Christi. Ncc Iransitorie légat ejusdem aposloli verba dicentis : Scientes, quod non corruptihilibus argento et aiiro redempti estis, de vana vestra conversatione paternx traditlonis. sed pretioso sanguine quasi agni incontaminati et imniaculati Jesu Christi [l Petr., i, 18). Beati quoque Joannis apostoli testimonio non résistât, dicentis : Et sanguis Jesu Filii Dei einundat nos ab omni peccato [l Joan., i, 7). Et iterum : ffeec est victoria, quœ vincit mundum, fides nostra (I Joan., v, 4). Et : Quis est, qui vincit^ mundum. nisi qui crédit, quoniam Jésus est Filins Dei ? Hic est, qui venit per aquam et sanguinem, Jésus Christus ; non in aqua soluin, sed in aqua et sanguine. Et spiritus est, qui testificatur, quoniam spiritus est veritas. Quia très sunt, qui testimonium dant, spiritus, aqua, et sanguis, et très unum sunt (I Joan., v, 5-7). Spiritus utique sanctificationis, et sanguis i-edemptionis, et aqua baptismatis ; quae tria unum sunt, et iudividua maneut, nihilque eorum a sui counexione sejungitur : quia catholica Ecclesia hac fide vivit, hac proficit, ut in Christo Jesu nec sine vera divinitate humanitas, necsine vera redatur liumanitate divinitas.

C. VI. Cum autem ad interlocutionem examinis vestri Eutychès responderit, dicens : Confiteor ex duahus naturis fuisse Dominum nostrum aiïte adunationem ■ post adunationen vcro unam naturani confiteor; niiror tam absurdam

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