‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 361 sur 407 · LA CÉLÈBRE I.ETTItK DOtJMATIQLE DE SAINT LÉON · texte numérisé non relu

LA CÉLÈBRE I.ETTItK DOtJMATIQLE DE SAINT LÉON

tre iilnsi, comme si elle ne contenait rien Je scandaleux, une profession de foi aussi insensée et aussi blaspliématoire. Il est aussi impie dt- dire que le Fils unique de Dieu était en deux n;itures avant l'union ^. que de soutenir qu'après rinc-.unation il n'iiv.iit plus qu'une seule nature. Afin (piRutychès ne puisse pas arguer de votre silence que sa déclaration est juste, ou an moins supportable, nous vous exhortons, hère bien-iiimé, afin ([ue si, par la miséiicorde de Dieu, il vient à donner satisfaction, vous délivriez cet homme ignorant et imprudent de cette funeste pensée. Ainsi que le pionvent les actes, il a déjà commencé diine façon fort louable à renoncer à ses premiers sentiments, et il a affirmé, après avoir été interrogé par tous, ([u'il professait ce qu'il n'avait pas professé auparavant et qu'il croyait ce qu'il n'avait pas cru (.l'abord. Comme il ne voulait cependant pas anathématiser son dogme impie, Votre Fraternité a reconnu par là (piil s'obstinait dans sa fausse doctrine et méritait d'être condamné. S'il mon- [304] tre de nouveau un lepentir réel, s'il reconnaît la justesse de la sentence épiscopale et qu'il condamne de vive voix et par é.^rit ses doctrines, on doit le traiter avec douceur... Pour mener à bonne fin toute cette affaire, je vous envoie, en mon lieu et place, nos

tamqup perversam ejus professionem, nulla judicantium increpatione reprehensam. et sermonem nimis insipientem niniisque blasplieinuui ita omissum, quasi nihil quod ofTenderet esset auditum : cum tam impie duarum uaturarum aute iucarnationeru uuigenitus Dei Filius fui-se dicatur, quatn nefarie postquam Verbuin caio factiim est. ualura iu eo singularis asseritur. Quod ne iOutyches ideo vel recle vel tolerabiliii r œslimet dictura, quia n illa vesira est sententia coufufatum. solliciludinis luae diligentiam corunioni»mus fraler carissime, ut si per iuspiratiouem misericordia: Dci ad satislactionem causa perducitur, imprudeutia hoiuinis imperlli eliani ab liac sensus sui peste purgetur. Qui quidem, sicut gestorum ordo patefecit, bene creperal a sua persuasione disccdere, cum vestra sententia coarcialus proflteretur se dicere, quod ante non di.\erat, et ei Cdci ac juiescere, cujus prius fuisset alienus. Sed cum auathematizando impie dogmuli uoluisset pruebere consensum, iutellexit eum frateriiilas vestia in sua mauere perfidia, dignumque esse, qui judicium c<mdemnationis exciperet. De que si fideliter atque utililer dolet, et quam recle mota sit episcopalis auctorilas vel sero cognoscit, vel si ad satisfactiouis, plenitudinem omnia, quie ab eo mala sunt sensa, viva voce et prajsenti subscriplione damnaverit ; non erit re-

1. Voyez la xxxv* lettre du pape Léon, dans laquelle il dit très jusiement : c Celui qui enseigne une pareille doctrine doit admettre que l'âme humaine, qui a été plus tard celle du Christ, existait dans le ciel avant l'incarnation dans Marie, ce qui serait aussi faux que la doctrine d Origène sur la préexistence des âmes. »

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frères, l'évèque Jules et le prêtre René, du titre de Saint-Clément, de même que mon fils le diacre Hilaire, auxquels j'ai joint le notaire Dulcitius, espérant qu'avec l'assistance divine, celui qui s'est trompé condamnera lui-même ses erreurs et pourra ainsi se sauver. Que Dieu vous conserve, ô très cher frère. Donné le 13 juin, sous les consuls Asturius et Protogéncs, c'est-à-dire en (449) ^.

m . Autres lettres du pape Léon.

Le même jour, le pape Léon signa une série de lettres ayant trait, d'une manière plus spéciale, au futur concile. Ceci était particulièrement vrai pour la lettre écrite à l'empereur Théodose (13 juin 449). Dans cette lettre, le pape loue le zèle de l'empereur pour la foi et assure que l'hérésie d'Eutychès est dévoilée par les actes du concile de Constantinople. Aussi ce vieillard insensé aurait dû, sans plus de résistance, renoncer à ses opinions ; toutefois, l'empereur ayant convoqué à Ephèse un tribunal synodal [si/ nodale /adiciii m) pour faire que les aveugles voient, il y avait envoyé, à sa place, trois légats. [365] Si Eutychès venait à résipiscence et tenait la promesse faite dans sa lettre au pape d'abandonner ce que le pape Léon regarderait comme

prehensibilis erga correctum quantaciimque miseratione. quia Domiuus nosler verus et bonus paslor, qui animam siiam posait pro ovibus suis, et qui veiiit animas homluutn salvare, non perdere, imitalores nos sua; vult esse pietatis ; ut peccantes quidem justitia coerceat, conversos autem misericordia non repellat. Tune enim demum fructuosissimc lîdes vera defenditur, quando etiam a sectaloribus suis opinio falsa damnalur. Ad omneni vero causam pie ac fîdelitei* exsequendam, fratres nostros Julium episçopuni et RenaLuni presbyterum tituli sancti Clementis, sed et filiuni meum Hilarium diaconuni vice nostra direximus. Quibus Dulcitium notarium nostrum, cujus fides nobis est probata, sociaviraus ; confidentes adfulurum divinitatis auxilium, ut is, qui erraverat, damnala seusus sui pravitate salvetui'. Deus te incolumem custodiat, frater carissime. Data Idibus Junii, A-sturio et Protogene viris clarissimis consulibus.

1. Plus tard, après le Brigandage d'Ephèse, Léon ajouta à cette lettre une série de textes empruntés aux Pères grecs et latins qui confirmaient sa doctrine, et il l'envoya à Constantinople par ses légats, les évêques Abundius et Astérius, et les prêtres Basilius et Scnalor. Cf. Epist., lxxi, — C'est ainsi qu'à Constantinople cette addition était connue avant le synode de Chalcédoine (Epis t. j LXXxviTi) ; mais, dans la seconde séance du concile de Chalcédoine, on lut la lettre du pape Léon sans cette addition. Cf. Ballcrini, dans S. Lconis, Opéra, t. i, col. 798 sq. ; t. ii, col. 1425.

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