LE itnir.ANDAGE d'kphèse
secrétaire Jean, qui, au lieu Je la lirt-, (il connaître la lettre de rempereur ii Dioscore, au sujet de lîarsauma ^.
gi'ec porte aussi le mot â-'.TTo'/.r, ; il cite dune suitoul la lettre adressée par le pape Léon au synodo. 11 o^t vrai que, daus celte lettre, le pape renvoyait ù son Episliila dogmatica adressée à Flavien, el c'était évidemment de cette dernière que If pape désirait surtout la lecture dans le synode. Schrôkh (A7/chenj^cscli ., r. xviii, p. 4G1) a cru à lurt qu'où avait lu au synode la lettre du pape Léon à lui adressée ; mais, en revanche, qu'on n'avait pas lu son Epislula du^iiiatica . l.n véritt' est qu'on a a lu ui I une ni I aiitrt^ de ces deux lettres.
1. llaiilouin. Coll. co)icil., 1. ii, col. .S8 ; .Mansi, Concil ampliss. coll., t. vi, col. 614 sq. W alcli, Kctzer/iist., t. vi, p. 254, reconnaît l'injustice commise dans le refus de donner IccSui'c de la Icllro du pape. Cet historien n'a pas toujours, du reste, bien compiis le le.vte des procès-verbaux du Brigandage d'Ephèse. Il suppose (op. cif., t. vi, p. 218) que les alix dis'inx littcrx ad Bioscoruin qui furent lues par Jean étaient des lettres écrites par le pape I^éon ; c'étaient, en réalité, des lettres de l'empereur que Ion appelait divinae, conformément au style de la chancellerie du I3as-lvmpire, cf. Tillemont, Âléin. hi.st. ecclés.. t. XV. p. ô.ïC». [Cette Ictirc à Dioscore relative à Barsauraa était datée du 11 mai. Une lettre du lendemain à Dioscore et à Juvénal leur prescrivait d'exécuter les ordres donnés la veille. « Ainsi Barsumas fut le premier moine à qui on donna le rang de juge dans un concile général, où ce droit n'appartient qu'aux seuls évéques. » Tillemont, op. cit., t. xv, p. 531. Celui qui était l'objet de cette mesure exceptionnelle a été trop favorablement présenté par M. Rubens Duval, La littérature syriaque, 1899, p. 352, qui s'exprime sur son compte en ces ternies : « L'hérésie d'Eutychès avait trouvé en Syrie un défenseur dans la personne de l'archimandrite Barsauma, vénéré comme un saint pour sa piété. Celui-ci avait assisté au second concile d'Ephèse ; il fut condamné comme hérétique par le concile de Chalcédoine ; sa mort eut lieu en 458. » Barhébrœus, Chron. eccles., t. i, p. 161-165, 179, 181; Assémani, /iihlijîlteca orientalis,t. II. p. 2-9. Sa vie, éci-ite par son disciple Samuel, existe daus plusieurs manuscrits du Musée britannique. Wright, Catalogue, p. 1123; Bibl. orient., t. II, p. 296. Ce Barsauma était un moine aux trois quarts sauvage qui avait façonné la tourbe de la contrée qu'il habitait à la chasse des nesloriens. Il avait, un peu à la façon de son étrange contemporain le moine Schuoudi, composé une phalange <|ui i-appelait les moines circoncellions d Afrique. C'étaient des gens grossiers, armés debàlons, de bêches, do pioches, que Barsauma conduisait en expédition dans les vallées voisines de l'Euphrate, saccageant les églises, brûlant les monastères dont l'orthodoxie ne paraissait pas suffisante à ce brigand ; expulsant ou tuant les évèques qu'il tenait pour nestoi'iens. Le nom de Barsauma et de sa troupe jetait l'eiïroi dans toute la contrée et inspirait l'iiurnui- dans le leste de l'empire. Le hasard l'ayant amené à Constantinople, Théodose fut curieux de le voir et Eulychès 1 allacha à son paiii. Barsauma ne parlait que le syriaijuc et n'entendait pas un mot de grec, aussi no put-il .s'entretenir avec l'empereur que par le moyeu d'un interprète ; il lui plut néanmoins, l'encolure de ce bellAlro et ses attitudes belliqueuses lui tinrent lieu
Sur l'invitation de Dioscore, Elpidius, le premier des commissai- [371j res impériaux, prononça alors l'allocution suivante : « L'hérésie de Nestorius a été condamnée avec raison ; mais il s'est élevé, depuis peu, des questions religieuses pour la solution desquelles le présent concile a été convoqué. Avant de faire connaître les ordres de l'empereur il voulait ajouter un mot. Le Logos accordait, en ce jour, aux Pères réunis, de prononcer sur lui (c'est-à-dire sur sa personne et sur sa nature) ; s'ils le reconnaissaient véritablement (c'est-à-dire s'ils professaient la foi orthodoxe à l'endroit du Logos), celui-ci les reconnaîtrait aussi devant son Père céleste. Quant à ceux qui altéreraient la vraie foi, ils subiraient un double et sévère jugement, celui de Dieu et celui de l'empereur ^. » Elpidius lut alors le commonitorium impérial, à lui adressé ainsi qu'à Eulogius, et le secrétaire Jean lut la lettre de l'empereur au concile. Thalassius de Césarée, le légat Jules et le comte Elpidius dirent alors que, conformément aux oidres de l'empereur, il fallait tout d'abord s'occuper de la foi. Dioscore interpréta cet ordre dans ce sens qu'il fallait, non définir la foi puisque les saints conciles antérieurs l'avaient déjà fait, mais rechercher si les opinions nouvellement émises concordaient avec les explications des Pères. « Voudriez-vous donc changer la foi des saints Pères ? » se serait écrié Dioscore. L'assemblée aurait répondu : a Anathème à celui qui y change quelque chose, anathème à celui qui discutera encore sur la foi. » Il est vrai qu'au concile de Chalcédoine, on nia que ce second anathème eût été réellement prononcé. Dioscore reprit : « La véritable foi a été définie à Nicée et à Éphèse, et quoiqu'il y ait eu deux conciles, il n'y a cependant qu'une seule foi.» Et il invita les évêques à déclarer qu'il fallait s'en tenir simplement aux explications dogmatiques fournies à Éphèse et à Nicée. L'assemblée, par trop complaisante, aurait répondu : « Nul ne doit y ajouter ou retrancher quelque chose. Dioscore est un ferme gardien de la foi !... Anathème à qui traitera encore de la foi... Le Saint-Esprit parle par Dioscore, etc, -. » Plus tard, au concile de Chalcédoine, on éleva des objections contre l'authenticité de toutes ces
de théologie et Théodose exigea que Barsauma fût présent au concile et y eût voix active. Barsauma allait donc séjourner à Ephèse avec sa troupe de brigands ; c'était un sérieux appoint pour le parti de Dioscore. (H. L.)
1. Hardouin, Coll. concil., t. ii, col. 90 sq. ; Mansi, Conc. ampliss. coll t. VI, col. 620.
2. Hardouin, op. cit., t. ii, col. 96; Mansi, op. cit., t. vi, col. 625.