I.E HIlIGANDACi: D l-PHI.SE
sion instituée, sur sa demande, pour lexauieii de la rédaction des actes du concile ; le secrétaire Jean le lut aussitôt en entier et sans interruption ^. On lut ensuite les actes de la seconde commission (pli avait eu à examiner la valeur de cette plainte il'Eutychès, à savoir que le jugement prononce contre lui était rétiigé d'avance. Pour prouver l'incorrection de cette rt'daclion, Eutychès voulut lire une déclaration du silenliaire Ma^rius, mais Flavien répondit que cette déclaration était fausse. Dioscore lui dit d'en donner la preuve, il répondit (|ue : u On ne lui pernicltail pas de parlci'. Les actes de la seconde séance de Constantinople avaient été très fidèlement reproduits, ainsi que Thaiassius et tous les membres présents le savaient; on les avait ensuite examinés en présence du sdentiaire, sans y relever aucune trace ilallcration. Il n'avait donc rien a craindre de Dieu au sujet de ces actes cl il n'avait rien changé à sa foi » (allusion à -Etiicric, il Basile et à Séleucus). Dioscore et les évèques de son parti répli([uèrent que Flavien devait, au contraire, parler en toute liberté ; mais toute l'histoire du Brigandage d'i'^phèse prouve que leurs actes ne s'accordaient point avec leurs paroles '-. Dioscore demanda à chaque membre de déclarer son sentiment au sujet de l'orthodoxie d Eutychès et sur ce qu'il fallait décider à son égard. On recueillit ainsi cent quatorze votes, qui tous déclaraient orthodoxe la doctrine d'Eutychès et demandaient sa réintégration comme archimandrite et comme prêtre ^. Juvénal de Jérusalem et Domnus d'Antioche furent les premiers à voter *, et les derniers furent l'ar-
1. Hardouin, op. cit., I. ii, col. 171-210 ; Mansi, op. cil., t. vi, col. 753-882,
2. Mansi, Conc. aniplis.'<. coll., t. vi, co'. 831 sq. ; Tillenioiit, Méiii. hist. écoles., t. XV, p. 562.
3. Hardouin, Coll. concil., t. ii, col. 217-232 ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 833- 862. L'ancieune version latine de ces te.vtes est plus complète que le texte gi-ec que nous possédons actuelienienl.
4. Un évèque que ses antécédents, ses relations, ses intérêts même, eussent dû préserver d'une chute, le neveu et l'Iiérilier de Jean d'Antioche, l'ami de Théodorct, le plus ancien adversaire d'Eutychès, le patriarclie d'une église que Dioscore poursuivait de sa haine jalouse, Domnus enlin, avouanl pour la regretter la part qu'il avait piise à la condamnation de rarchimaudrite, consentit à sa réintégration. Ainsi s'accomplissait la prédiction que saint Eutliymius avait faite à Domnus, lorsque celui-ci quitta le désert où il avait vécu jusqu'alors, pour ramener à la saine doctrine son oncle circonvenu par les ncstoriens. liuthymius ne lui avait point caché tout ce qu'une telle déuiai-che contenait d'illusoire et de périlleux. Conformément à la prédiction d iùitliymius, Domnus avait succédé à Jean d'Antioche, mais son élévation l'avait exposé àdes défaillances et à des alIVonts dont la solitude l'auiait garanti. Acta su/tct., 20 janvier, Vita
chimandrite Barsaiinia et Dioscore ; celui-ci approuva les votes des autres et y ajouta le sien propre. Malgré la défense de l'empereur L"^''] aux évéques juge- d'Eutychès d'émettre à Ephèse un second vote, on reçut cependant ceux d'xEthéric, de Séleucus d'Amasie et de Basile de Séleucie, qui étaient favorables à Eutychès ^. On ne trouve aucune trace d'un vote émis par les légats du pape.
Le secrétaire Jean annonça ensuite que les moines du couvent jadis gouverné par Eutychès avaient envoyé un mémoire qu'il lut ; ce n'était qu'un pamphlet dirigé contre Flavien et contre son concile ; nous en avons parlé plus haut et cité quelques passages. Les moines disaient qu' « ils avaient, au nomlire de trois cents, laissé les biens de la terre pour se retirer dans un couvent où plusieurs d'entre eux menaient depuis trente ans déjà la vie ascétique. Flavien s'était, sur ces entrefaites, emparé de leur arcliimandrite Eutychès, et l'avait condamné pour n'avoir pas voulu, à son exemple, répudier la foi de Nicée et s'en être tenu aux explications du P'' concile d'Ephèse. Flavien leur avait aussitôt interdit toute communication avec leur abbé, et leur avait défendu de lui laisser l'administration des biens du couvent, leur déclarant qu'en cas de désobéissance, il leur interdisait la célébration des saints mystères. Et depuis près de neuf mois, on n'avait plus offert le saint sacrifice sur les autels ; plusieurs moines étaient morts dans ce schisme ; les autres demandaient donc au concile de les rendre à la communion et de punir d'une, manière équitable celui qui les avait condamnés d'une façon si injuste ^. » Le mémoire était signé par trente-cinq moines, le
S. Euthymii Magni, c. ix, n. 56. Comme on le lui avait aussi prédit, il se livrait aujourd'hui à des méchants et à des fourbes, sans que sa lâche condescendance lui obtînt même leur pardon. L'absolution d'Eutychès qu'il prononce, la condamnation de Flavien à laquelle il va souscrire, n'apaiseront pas le ressentiment de ses ennemis, et au lieu d'être le martyr de la vérité, il sera seulement la victime d'une inextinguible rancune. » A. Largent, Le Brigandage d'Ep/ièse, dans la Revue des Quest. hist.. 1880, t. xxvii, p. 106. (H. L.)
1. Hardouin, op. cit., t. ii, col. 220, 223, 227 ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 839, 845, 851.
2. Hardouin, op. cit., t. ii, col. 233 sq. ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 861-867. « On nous menaçait des plus durs châtiments si nous n'obéissions pas et même de la privation des saints mystères, La menace s'est accomplie. Le saint autel du couvent, consacré depuis six mois à peine par le même évêque, est resté sans sacrifice et cette injuste punition a passé sur nous jusqu'à la réunion de votre saint concile. Quelques-uns de nos frères, morts dans l'intervalle, ont été exclus des sacrements et de la sépulture ecclésiastique. Dans cet état d'affliction, nous avons vu passer la fête de la Nativité du Seigneur, celle de l'Epiphanie,