‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 375 sur 407 · i.i: itnu;.\M)A(;i; i/kpiièse · texte numérisé non relu

i.i: itnu;.\M)A(;i; i/kpiièse

et c'iiariiii do ceux ici prôsonts doit «Miiottic son avis sur ce point,

iiiiiiii, Mariuiaiius de Synosados, Xunécius de Laodicée en IMirygio, effrayés •le 1 allentat aiic|iiei on voulait Ks faire ijaiticiper. su])plièreiit Dioscore de s'arrètci' el de ne point eondaniner un évèque à qui on ne pouvait rien rejjroclier sinon d'avoir frappi' canoniquenient un de ses prêtres. Basile de Séleucie supplia et conjura en \ain le président de rc\enir à la modération et de ne j)as se rendre, par sa sentence, l'opprobre de tt)iile la terre, llardouiii, Cuil. coiicil., t. II. col. Jll]. Dioscoi'e n'était pas venu à ce poiiil pour céder à des supplications qui ne faisaient que retarder son action et dans lesquelles il voyait l'épouvante de consciences faibles qui se soumettraient bientôt devant le fait accompli. Importuné par cette scène et désireux de s'y soustraire, Dioscore appela à son secours les ie|)résentants de 1 empereni-. l.!j)idius et Eulogius étaient à leur poste ; sur Kui- ordre, les portes de l'église s'ouvrirent toutes grandes, le consul Proclus savai^a escorté de soldats portant des épées et des chaînes. A cette troupe s étaient joints les par abolans d'Alexandrie et les moines de Barsauma. Tous ensemble se précipitèrent sur les évèques. Ceux-ci ne pouvant tiiir, car les portes de l'église avaient été refermées, donnaient tous les signes de l'épouvante. Ils couraient à la débandade dans les recoins les plus sombres de l'église. On en trouva qui s'étaient blottis sons leurs bancs. Etienne d'Kphèse s'était caché daus sa sacristie, on eu ferma les portes à clef et ou le tint prisonnier jusqu'à ce qu'il eût souscrit à la sentence. Les évèques d'Egypte ne se montraient pas moins violeuts que les parabolans et les moines de Barsauma. Le légat Ililaire, dépositaire des tablettes de Flavien contenant sa déclaration d'appel, parvint à s'échapper de l'église pendant le tumulte. Une fois dehors, il ne demeura pas un instant de plus dans la ville; gagnant la campagne, il déjoua toutes les recherches jusqu'à ce qu'il eût atteint, par des chemins détournés, un port où il s'embarqua pour l'Italie. Dioscore voulait non le silence, mais

I approbation qui établirait entre lui et ses prisonniers une quasi-complicité.

II fit pioclamer que toute résistance, même passive, serait châtiée ; alors la peur, la hideuse peur, s'empara de tous ces évèques. « Chacun, écrit Tillemont, consentit à la déposition de Flavien et d'Eusèbe et nous avons encore les paroles par lesquelles ces évèques exprimèrent leur faiblesse et leur lascheté. » Quand le désordre fut un peu calmé, Dioscore ordonna que chacun reprît sa place, et debout sur son estrade, le bras étendu en sierue de commandement, il annonça qu'on allait recueillir les opinions. « Si quelqu'un refuse d'opiner, dit-il insolemment, il aura affaii-e à moi ; les avis de chacun seront inscrits aux actes et lempereur les lira ; qu on y songe. » Ou alla aux voix suivant les rangs. Juvéiial de Jérusalem parla le premier et opina pour la déposition. Domuus d'Antioche 1 imita et réclama la déposition des deux accusés. Eusèbc d Ancyre montra quelque hésitation et osa témoigner quelque regret de toute cette rigueur ; ses paroles furent accueillies par des imprécations furieuses el il faillit luimême être déposé. Uranius d'IIimères, plus violent qu'aucun des précédents, réclama contre Flavien et Eusèbe la peine de mort. Théopompe de Cabase, aussi ignaie (jue méchant, accusa les deux évêciues de vouloir lessusciler le nestoriauisnie. Au milieu du tumulte, les actes étaient i-édigés en minute, la copie ne j)ut être élaborée qu'un peu plus tard et Dioscore voulant à tout prix la faire siguer par tous les évèques fil niainlenir les portes fermées. Malgré la hàle que

Du reste, ajouta-t-il pour intimider les membres du concile, on

les notaires apportaient à transcrire le travail des tachygraphes, le tumulte avait été tel qu'il était impossible de s'entendre et les minutes diiféraient beaucoup entre elles. La rédaction définitive était impossible. Dans cette situation inattendue et très délicate, Dioscore qui sentait toute 1 intrigue au moment d'échouer, appela les principaux de sa faction pour délibérer sur le parti à prendre; tous convinrent qu'il fallait ne laisser sortir personne sans avoir exigé les signatures. A défaut du procès-verbal on suggéra de faire signer en blanc l'acte que Dioscore et les notaires se chargeaient de remplir ensuite. GeUe détermination dépassait tellement tout ce qui s'était jamais vu que beaucoup d'évêques osèrent témoigner leur répugnance. Dioscore, flanqué de Juvénal, de deux individus inconnus et de gens à l'air menaçant, alla de banc en banc récolter les signatures. Ceux qui faisaient queique difficulté étaient molestés, on les qualifiait d'hérétiques. Ceux qui montraient les soldats comme pour témoigner qu'ils cédaient à la force étaient houspillés et fiappés. La formule qu'on leur présentait éiait celle-ci : De/iniens scripsi, au-dessous ils signaient, « en sorte, écrit Tillemont, qu'on pouvait dire avec vérité que c'étaient moins les évèques que les soldats qui déposaient Flavien, » L'acte portait cent trente signatures. Uranius d'Himeres et Erasistrate de Gorinthe avaient signé deux fois ; deux auti'es évèques signèrent par des mains étrangères, alléguant qu'ils ne savaient pas écrire {Caïuinas, episcopus Pliœnicensis, definiens subscnpsi per coepiscopum meum Dionysium propterea quod liiieras ignorem). Etienne d'Ephèse, contraint de signer, se fit même le garant de ceux qui n'ayant pas signé le jour même, peutêtre à cause de l'heure avancée, promirent de signer le lendemain. Pendant tout ce temps l'église restait close et les évèques que l'émotion avait incommodés ne pouvaient obtenir de sortir prendre l'air. La nuit venue, on apporta des flambeaux. A ce moment Flavien, après avoir quitté sou banc pendant la lecture de la séance, se tenait debout dans un coin de la nef, attendant le moment de sortir de la basilique. Dioscore se précipita vers lui, l'injure à la bouche ; emporté par sa fureur il le frappa au visage, lui criant qu'il le chassait de l'assemblée. Deux de ses diacres, appelés Harpocratieu et Piei're Monge, se saisirent de Flavien parle milieu du corps et le renversèrent. Dioscore le piétina, lui bourrant les côtes de coups de pied et la poitrine de coups de talon. Les moines-bandits de Barsauma accoururent, trouvèrent la victime étendue sur le sol et le piétinèrent à leur tour. Barsauma était là, hurlant : Tue ! tue ! 11 ne semble pas qu'aucun évêque ait tenté de défendre Flavien ; tous se précipitaient vers les portes qui s'ouvrirent enfin. Flavien, traîné hors de l'église par les soldats, fut jeté dans un cachot d'où on le tira le lendemain pour le faire conduire en exil sous une escorte d'estafiers. On devait le conduire jusqu'en Plirygie, mais il mourut en route, trois jours après sa condamnation, à Hypère, ville épiscopale de l'exarchat d'Ephèse. Eusèbe de Dorylée, emprisonné lui aussi en attendant son départ pour l'exil, parvint à s'évader. Après bien des périls et des fatigues il quitta l'Asie, s'embarqua et aborda à Rome oîi Juies de Pouzzoles et le diacre Hilaire étaient déjà arrivés. Hilaire ne devait jamais oublier les scènes hideuses du brigandage d'Ephèse. Devenu pape, il Ht élever auprès du baptistère de Saint- Jean de Latran une chapelle dédiée à l'évangéliste patron d'Ephèse et qu'il nommait « son libérateur ». C'était vraisemblablement l'accomplissement

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