‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 376 sur 407 · LB BRIGANDAGE d'bPHÈSE · texte numérisé non relu

LB BRIGANDAGE d'bPHÈSE

lera connaître à l'empereur tout ce qui se passera. » Flavien jugea devoir lormuler un appel *. Le pape Léon dit dans sa lettre xliv r3791 4"^ deux légats étaient présents lors(jue lappel eut lieu, et qu'ils le reçurent après avoir protesté 1 un et l'autre contre le procédé de Dioscore ; les autres membres du concile, à commencer par Juvénal de Jérusalem, Domnus d'Antioche et Thalassius de Césarée, déclarèrent Flavien et Eusèbe coupables, et cent autres évoques motivèrent leur jugement ; de ce nombre lurent .Ethéric, Basile et Séleu-

d'un vœu formé pendaut qu il fuyait Eplièse. La voùle peiale à fresque représentait 1 assassiuai de Havieu qu ou voyait foulé aux pieds par Uioscore et les moines de Bar^auma. Cette peiulure subsista jusqu'à l'époque où la chapelle fut détruite, sous iixte-Quiut.

Avaul d'aller plus loin, ajouioiis quelques mots au sujet du blauc-seing que, d'après les actes du concile de Clialcédoiue (Hardouin, Concilia, t. ii, col. 79- 82), Dioscore aurait imposé aux évoques réunis à Eplièse. Tillemout et Hefele uc mettent pas en doute que ce blanc-seing ne dût être rempli par les actes du concile, dés qu'on serait parvenu à s'entendre sur leur rédaction. M. Paulin Martin est d un avis contraire, c II n'est pas probable, dit-il, qu il s'agisse ici des actes conciliaires, puisque la plupart des Pères avaient donné leur avis dans un sens mouopliysite. 11 est sans doute question de quelque autre pièce demeurée inconnue. Cette opinion n a guère de valeur. Sans doute, la plupart des Pères avaient opiné dans le sens monophysite, mais Dioscore savait grâce à quelle conti'ainte et il ne pouvait douter que presque tous ne souhaitassent déjà se ressaisir. On vit au concile de Chalcédoine combien cette heure de faiblesse pesait aux évêques du patriarcat d'Antioche. » M. Paulin Martin n'est guère mieux inspiré eu disant que les blancs-seings étaient donnés sur des feuilles destinées à porter la lettre synodale adressée à l'empereur à l'issue de la i^'e session. Cf. Tillemout, Méin. kist. ecclés., t. w, p. 905, note 28 : Sur le temps et le lieu de la mort de saint Flavien. (H. L.)

1. Sur cet appel et la question canonique qu'il soulève, voyez Walch, Ketzerhist., t. vi, p. 257 sq. Walch indique les auteurs à consulter sur cette question. On se demande si Plavien en a appelé à un concile général ou au pape Léon, ou bien aux deux. Dans les lettres qui ont trait à cette affaire {Epist,, XLHi et xLiv), le pape Léon ne parle que d'une appellation in génère, à la suite de laquelle un synode aurait été convoqué ; l'empereur Valeutiniou IH dit, au contraire, que Flavien eu avait appelé à l'évêque de Kome [Epist., lv, des lettres de S. Léon), et c'est ce que croyaient aussi l'impératrice Placidie [Epist., lvi, des lettres de S. Léon), et Libei-atus quand il écrivait son Breviarium de l'histoire des eutychiens. Dans sa dissertation De causa Flayiani, imprimée dans l'édition des œuvres de saint Léon par les Ballerini, t. n, col. 1133 sq., Quesnel pense que Fluvieu en avait appelé à un concile, et qu'il avait remis son appel au légat romain, afin qu^- !e pape s'occupât de la convocation d'un nouveau synode. Les Ballerini croieut au contraire (o/>. cit., col. 1153 sq.) que l'appel avait été fait au pape et au synode, mais à un synode romain, et non à uu synode général.

eus, qui avaient assisté au concile de Constantinople. Il y eut finalement cent trente-cinq signatures d'évèques, soit personnelles, soit par des fondés de pouvoirs, et l'abbé Barsauma signa i.

Tel est le récit que fournissent les protocoles du Brigandage d'Ephèse, c'est-à-dire, tel est le témoignage que ce concile rend de lui-même 2. On comprend cependant que, pour avoir une idée

1. Hardouin, o[>. cit., t. 11, col. 268 sq ; Mausi, op. cit., t. vi, col. 927 sq. Sans compter ^^tlieric, Basile et Séleucus, le prêtre Longin donna aussi sa signature comme représentant de Dorothée, évèqne de Néocésarée, quoique ce dernier eût fait partie du synode de Constantinople. Quant aux évoques Longin, Meliphthongue et Timothée, on ne trouve pas plus leur signature que celle de l'archevêque Flavien, ce qui semblerait indiquer qu'ils ont eu plus de caractère que les autres.

2. Cette circonstance suffit à faire comprendre pourquoi les actes grecs et syriens monophysites nous cachaient tout ce qui est de nature à faire connaître Dioscore sous son véritable jour. Le concile terminé, les évèques se disposèrent à retourner dans leurs diocèses, mais Dioscore le leur interdit sous prétexte que la session était loin d'être achevée. Ce n'était cependant pas d'affaires religieuses mais de vengeances personnelles qu'il allait être question. Ce fut au tour de Ibas (ou Ihîba) d'Edesse. La procédure à laquelle ce personnage donna lieu forme la partie la plus considérable des actes syriaques. Ibas, dont le nom est très oublié aujourd'hui, tient néanmoins un des premiers rangs parmi les h(jmmes mêlés aux querelles théologiques des v^ et vie siècles. Personne n'a provoqué plus de décisions conciliaires. Six conciles se sont réunis tout exprès pour juger sa mémoire, ou se sont occupés de lui. Nous le retrouverons souvent et il est indispensable d'entrer dès maintenant à propos de ce personnage dans quelques éclaircissements. Les dissentiments soulevés dans l'Orient par la condamnation de Nestorius en 431, ne furent pas entièrement apaisés par l'accord intervenu, en 433, entre saint Cyrille et Paul d'Emèse. Dans un grand nombre de diocèses le clergé resta divisé en deux camps, l'un approuvant le concile, l'autre favorable à Nestorius. Il en fut ainsi à Edesse, ville alors importante dont le siège épiscopal rivalisait d'influence avec celui d'Antioche. Pendant l'épiscopat de Rabboula le parti cyrillien l'emportait malgré l'opposition de l'Ecole de Nisibe dont Rabboula dispersa maîtres et élèves, en 432. Assemani, Bibliotheca orientalis, t, i, p. 351-358 ; Mai, Spicilegium romaiium, t. x, p. 75-76. Un des plus signalés d'entre eux était le prêtre Ibas, qui écrivit vers 434 ou 435 une lettre célèbre entre toutes « qui, dès son apparition, eut un retentissement supérieur à celui des anathèmes de Cyrille et de Nestorius et qui a peut-être causé la ruine de l'église persane. » Cette lettre d'Ibas à Mari faisait, à sa manière, l'histoire de la controverse nestorienne. Ibas était illustre dès ce moment et, en 435, il succédait à Rabboula, sur le siège épiscopal d'Edesse. Labbe, Concilia, t. v, col. 412-414, 509-511 ; Assemani, Bibliotheca orientalis, t. i, p. 424; Tillemont, Hist. ecclés., t, XIII, p. 823, t. XV, p. 966. L'administration épiscopale d'Ibas donna bientôt l'occasion à ses adversaires en matière de doctrine de se compter et d'espérer

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