TÉMOIGNAGE DE l'aNTIQUITÉ ECCLÉSIASTIQUE
Dans un second mémoire remis à la troisième session de Chalcédoine, Eiisèbe de Dorylée ajoutait que Flavien et lui n'avaient pu il Éphèse produire leurs preuves, et que Dioscore avait contraint les évêques à lui donner un blanc-seing ^. Dans la quatrième session du même concile, Diogène, évoque de Cyzique, prétendit que Tabbé Baisauma avait tué Flavien ; il avait crié: « Tne, tue ! » ettoiis les cvêque< s'écrièrent : « Barsauma est un assassin ; qu'il soit chassé ! qu'il soit envoyé à l'arène ! qu'il soit anathème - ! »
Nous trouvons d'importants renseignements sur le brigandage d'Ephèse dans les lettres du pape Léon. Dans la xliv® lettre adressée, le 13 octobre 349, à l'empereur Théodose, le pape dit : a) que Dioscore n'avait pas voulu laisser lire à Ephèse ses deux lettres au [382] concile et à Flavien {VEpistida dogmatica) ; b) que, pour ne pas être dans l'obligation de signer, le diacre Hilaire avait dû fuir ; c) que tous les évêques présents au concile n'avaient pas été admis à rendre le jugement, mais seulement ceux de la soumission desquels Dioscore était certain ; d) que les légats du pape avaient protesté contre les déclarations hétérodoxes du concile, snns que rien pût les amener à y adhérer ; é) que Flavien avait remis son appel aux légats du pape. L'empereur pouvait donc remettre toutes choses dans l'état où elles étaient avant ce concile et en convoquer un autre plus considérable, qui se tiendrait en Italie ^.
Dans la lettre suivante adressée à l'impératrice Pnlchérie, et également datée du 13 octobre, le pape Léon se plaint de ce qu'il n'a pas été possible à ses légats de remettre à la princesse la lettre qui lui était destinée. Un seul d'entre eux, le diacre Hilaire, avait pu fuir et regagner Rome ; il envoyait donc de nouveau cette lettre à Pulchérie en y joignant celle qu'il lui écrivait présentement. A Ephèse, ses légats avaient protesté, parce que la brutalité, ou pour mieux dire la fureur d'un seul homme (Dioscore) avait décidé sur toutes les questions. Aussi le pape avait-il demandé à l'empereur de ne pas confirmer ce qui s'était fait, mais de fixer un concile qui se tiendrait en Italie, dans une ville et à une époque fixées par l'empereui' ; le pape demandait à la princesse d'appuyer sa demande '.
1. Hardouin, op. cit., t. ii, col. 311 ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 986.
2. Hardouin, op. cit., t, ii, col. 423 ; Mansi, op. cit., t. vu, col. 68.
3. S. Léon, Epist., xliv, Mansi, op. cit., t. vi, col. 14 sq.