‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 387 sur 407 · LÉGATS ENVOYÉS PAU LE PAPE · texte numérisé non relu

LÉGATS ENVOYÉS PAU LE PAPE

180 Légats envoyés par le pape au Brigandage d'Éphèse.

Les derniers mots de Théophane cités dans le paragraphe précédent nous amènenî à parler des légats du pape Léon. 11 en avait

alors saus doute que fureuL lancées plusieurs lettres de convocation dout on ne s'était pas bien expliqué jusqu'à ce moment l'origine, notamment celles adressées à Barsauma (i5 mai) et celles adressées à une dizaiue d'arcliiuiandrites (13 juin 449) Labbe, Concilin, t. iv, col. lOG. Ceci explique la présence à Ephèse d'un si grand nombre de moines convoqués au titre du procès d'Ibas soit en qualité de juges, soit en qualité de témoins. Le 27 juin, lettre de l'empereur à Dioscore (très vraisembiablemenl) lui enjoignant de terminer le différend survenu à Edesse par la nomination d'un évèque possédant la confiance des fidèles. Le concile d'Ephèse se réunit un mois plus tard. Ou peut eu croire ce que nous en disent les Actes syriaques touchant le rôle qu'y jouèrent Eustathe de Béryte, Photius de ïyr et Uranius d'Himère dans le procès d'Ibas ; ce rôle fut odieux. Loin de protester en faveur de celui qu ils avaient absous Tannée précédente, ils déclarent, teiTorisés par Dioscore, que leur décision n'avait pu élre fondée sur les faits à cause de la distance qui les séparait d'Edesse, mais l'enquête récente du comte Chaeréas remet tout en question ; c'est-à-dire qu'ils livrent Ibas à la vengeance de Dioscore. Actes syriaques^ p. 19-21. Il ne paraît pas, d'après cela, qu'on ait relu à Ephèse les actes des assemblées de Tyr et de Béryte ; si cette leclure avait eu lieu, ou trouverait probablement les actes dans notre collection monophysite. Cette lecture n'est d'ailleurs mentionnée nulle part, tandis qu'on cite expressément les réponses de Photius et d'Eustathe aux questions qui leur furent posées. Mansi, Concil. ainpliss. coll., t. vir, col. 214 sq. ; Tillemont, Méni. hist. ecclés., t. XV, p. 473-474. Les moines d'Edesse qu'on avait jusqu'à ce moment consignés à la porte du concile furent admis à pénétrer, ils apportèrent des documents et des lettres de l'empereur pour les évèques. Actes syriaques, p. 17. On lut les dépositions formulées lors de lenquèto contre ibas ; dès que cette lecture fut terminée, ce fut un assourdissant tumulte de malédictions, de hurlements qui contribuent à nous donner une idée de plus en plus complète du corps épiscopal rassemblé à Ephèse. On vociférait : « Voilà des choses qui souillent notre oreille ! des choses qui siéent à des païens ! Epargnez notre ouïe ! ayez pitié de nous ! paix aux orthodoxes i Qu'Ibas soit brûlé au milieu de la ville I qu'Ibas soit brûlé au milieu d'Antioche ! qu'Ibas soit brûlé pour servir d'exemple aux autres ! Les démons n'ont pas osé parler comme lui ! les pharisiens n'ont rien dit de pareil ! Les Juifs ne s'exprimeraient pas ainsi ! Voilà un langage qui convient aux païens ! C'est un discours digne de Satan ! Ainsi parlent ceux qui ne croient pas en Dieu ! Les démous ont proclamé Dieu Jésus-

nommé trois : l'évêque Jules, le prêtre René et le diacre Hilaire. [387J Dans les procès-verbaux du Brigandage d'Ephèse, il n'est fait au-

Christ et Ibas ne le fait point ! Les démons sont plus pieux qu'Ibas ! Qu'on brûle Ibas et ceux qui pensent comme lai ! Qu'on brûle Ibas et ceux qui le soutiennent ! Quiconque ne hait pas Ibas est un démon ! Quiconque aime Ibas ressemble à Satan ! Quiconque ne hait pas Ibas n'est pas orthodoxe ! celui qui aime Ibas est nestorien ! celui qui ne condamne pas Ibas au feu n'est pas bon croyant ! Satau n'a jamais proféré les blasphèmes d'ibas ! Princes, faites mourir Ibas, nous vous en supplions ! » Cette frénésie un peu calmée, Dioscore réclama le silence et demanda qu'on écoutât le prêire Euloge. Celui-ci lit l'histoire du procès d'ibas depuis ses débuts jusqu à la réunion du concile, mais d'une manière volontairement obscure; néanmoins cette déposition a une véritable importance historique. P. Martin, dans la Revue des quest. hist.^ 1874, t. XVI, p. 35. Les Actes syriaques nous ont conservé l'opinion émise en manière de sentence de plusieurs évéques : Dioscoie d'Alexandrie, Juvénal de Jérusalem, Thalassius de Césarée, Elienne d'Ephèse, Eusèbe d'Ancyre, Eustathe de Béryte, Cyrus d'Aphrodisiade, Diogène de Cyzique, Jean d'Arménie, Basile de Séleucie, Jean de Rhodes, Photius de ïyr, Florentin de Lyda, Marinien de Synnade, Constantin de Bostra, Acace d'Ariarithe, Atticus de Nicopolis, Nunéchius de Laodicée, Candidien d'Antioche de Pisidie, Séleucus d'Amasée et Léontius d'Ascalon. Tous ne firent que développer la sentence dont le type leur était fourni par Dioscore. Ibas fut condamné et toute l'assemblée dit anathème à celui qui disputait contre Dieu. Après Ibas on condamna son neveu Daniel de Charres el Irénée de Tyr ; quant à Sophrone de Telia on déféra son jugement aux évéques de l'Osrhoène.

La collection des Actes syriaques se termine par une lettre de l'empereur à Dioscore, lettre dans laquelle il approuve et confirme tout ce qui a été fait, se réjouit de ne s'être pas trompé dans ses espérances el réédite sommairement tous les décrets rendus contre les nestoriens. L empereur s'en remet à Dioscore du soin d'adresser aux évéques el en parliculier au patriarche de Constantinople, au patriarche de Jérusalem et aux autres métropolitains, des lettres encycliques contenant une adhésion au concile d'Ephèse et qu'on doit lui renvoyer signées. Actes syriaques, p. 238-246. Nous n'avons que la fin de ces lettres, voici ce qu'on y lit : « Nous voulons qu'on reçoive les écrits des bienheureux Pères, des théologiens illustres qui se sont rendus célèbres par leur foi orthodoxe dans les deux conciles (d'Ephèse). Qu'on les reçoive tels qu'ils sont et que personne n'adhère jamais aux doctrines et aux écrits d'hommes opposés à la foi, c'est-à-dire aux écrits contraires au symbole des 318 Pères et aux définitions des deux synodes d'Ephèse... Notre empereur, ami du Christ, a voulu qu'il en soit ainsi, par une loi que nous avons reçue avec reconnaissance, et à laquelle il ne nous est permis de rien retrancher. Avec une rare prévoyance de l'intérêt public, l'empereur a défendu de promouvoir au sacerdoce aucun partisan de Nestorius ou aucun de ceux qui pensent comme lui. Si quelqu'un d'entre eux a été promu par surprise il faut qu'il soit écarté et biffé de la liste des prêtres. On doit chasser les nestoriens de tous les lieux et ne les recevoir ni dans les maisons ni dans les assemblées. Tous les contre.

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