‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 391 sur 407 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

NÉCESSITÉ D'OPPOSER AU BRIGANDAGE D'ÉPHÈSE UN AUTRE CONCILE PLUS IMPORTANT

181. Théodose II est favorable et le pape Léon I" opposé au Brigandage d'Éphèse. Conciles à Rome et à Milan.

Après tout ce que nous avons dit sur la manière de voir de la cour de Constantinople, on ne sera pas surpris que, malgré les représentations du pape et delà cour impériale de l'Occident, l'em- L"^^^J pereur Théodose II ait approuvé les décrets du brigandage d'Éphèse "*.

1. Le scandale des événements dont on vient de lire le récit n'a pas, il faut le dire, rejailli sur l'institution conciliaire, pas plus qu'il n'a entnché la sainteté de l'Eglise. C'est oe qu'a montré avec autant de modération que de justesse le P. A. Largent, Le Brigandage d'Ephèse, dans la Revue des Questions historiques, 1880, t. XXVII, p. 119 sq. : « L'infaillibilité des conciles œcuméniques et la sainteté de l'Eglise sont, dit-il, sorties sans blessures de ces formidables épreuves. L'infaillibilité des conciles vraiment œcuméniques demeure intacte. Sans doute, l'assemblée d'Ephèse était bien œcuménique à ses débuts, car le pape avait consenti à sa convocation ; car tout le monde chrétien y avait été appelé, encore que l'Occident n'y ait compté d'autres représentants que les envoyés du Saint-Siège ; car enfin, le Souverain Pontife y assistait en la personne de ses légats. Mais, dès la première séance, les conditions qui accompagnent l'œcuménicité et permettent de la reconnaître, firent défaut. Outre que les légats furent injustement écartés de la présidence ; outre que quarantedeux évêques au nombre desquels étaient Flavien et Eusèbe furent privés du droit de juger, sous le prétexte qu'ils avaient déjà condamné Eutychès et que désormais ils n'étaient plus qu'accusés ou parties, toutes les libertés, celles de la défense et celles des délibérations et des votes, furent entravées ou foulées aux pieds et les évêques n'opinèrent que sous la menace du bâton et sous la pointe du glaive. L'Église enseignante, pour ne parler que d'elle, à la considérer dans son chef, et dans la moyenne partie de ses pontifes, est indéfectible, c'est-à-dire que nulle violence ne saurait lui arracher des décisions contraires à la vérité et à la justice : « les promesses qui garantissent contre

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