CONCILES A ROME
l'empereur Théodosc. Valentinien et les deux princesses s'y engagèrent, et, vers la fin du mois de février 450, adressèrent trois lettres à l'empereur d'Orient et une quatrième à sa sœur Pulchérie ; ils demandaient, eu égaril à la haute dignité du Siège romain, la remise de la que-^tion en litige à la décision du pape, auquel Flavien en avait appelé, et la réunion en Italie d'un grand [392J concile \
Vers la Pâque de 450, l'empereur Théodose répondit à ces lettres par un refus formel, disant qu'à Ephèse tout s'était passé avec pleine liberté, que les lésolutions arrêtées étaient conformes à la vérité, et que Flavien avait été condamné justement à cause de ses innovations en matière de foi ^. Avant l'arrivée de cette mauvaise nouvelle, le pape Léon avait appris à sa grande joie que le clergé, les grands et le peuple de Constantinople étaient, en majeure partie, restés fidèles à la loi orthodoxe, et réclamaient son secours et son soutien. Dans une lettre du mois de mars 450, le pape Léon les félicita de leurs sentiments, et leiir exposa en abrégé la doctrine orthodoxe au sujet de la personne du Christ^. Il fut peut-être encore plus réjoui par une lettre de Pulchérie, où cette princesse déclarait (pour la première fois) voir très bien ce qu'il y avait d'erroné dnns la doctrine d'Eutychès et le condamnait. Léon lui répondit, le 17 mars 450, une courte lettre de louanges, réclamant de nouveau son appui, et le lui demandant avec encore plus d'instance et de confiance '^. Le même jour, il envova des exhortations aux archimandrites et prêtres Martin et Faustus de Constantinople pour les engager, une fois de plus, à rester fidèles à la foi orthodoxe.
Au mois de mai 450, le ptipe Léon chercha à intéresser à la question dogmatique qui s'agitait, les évêques des Gaules, avec lesquels il avait, du reste, alors affaire, au sujet de la primauté que se disputaient les sièges d'Arles et de Vienne. Il y réussit pleinement, ainsi
1. Voyez les Epist. lv, lvi, lvii et lviii dans S. Léon, Opéra, éd. Ballerini, t. I, p. 961 sq. ; Hardouin, op. cit., t. ii, col. 35 sq. ; Maiisi, op. cit., t. vi, col. 50 sq. Cf. ïillemont, Mém. liist. ecclés., t. xv, p. 907. note 32 : Que Valentinien est venu à Rome en 450 à la chaii'e de saint Pierre. (H. L.)
2. Epist. Lxii, Lxiii, Lxiv dans S. Léon, Opéra, édit. Ballerini, t. i, col. 985 sq. ; dans Hardouin, op. cit., t. ii, col. 39 sq. ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 67 sq.
3. Epist. Lix dans Ballerini, t. i, col. 975 sq. ; dans Hardouin, op. cit., t. ii, col. 31 ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 58 sq.
4. Epist. Lx, dans Ballerini, t. i, col. 982 ; dans Mansi, op. cit., l. vi,col. 64.
que le prouvent sa lettre à Ravennius archevêque d'Arles et la ré- [393] ponse de plusieurs évoques gaulois ^. Un an plus tard, les évéques de la haute Italie se prononcèrent d'une façon aussi explicite en faveurdela foi orthodoxe dans un concile tenu à Milan, et acceptèrent VEpistula doginatica, ainsi que nous le voyons par une lettre d'Eusèbe, archevêque de Milan, au pnpe Léon pendant l'été de 451 2.
1. Epist. Lxvii et Lxviii, dans Ballerini, t. i, col. 1000 sq. ; dans Mansi, op. cit., t. VI, col. 78 sq.hes Epist. lxv et lxvi, traitent de la discussion relative à la primauté des Gaules.
2. Epist. xcvii, dans S. Léon, Opéra, éd. Ballerini^t. i, col. 1080 ; dans Mansi, op. cit., t. VI, col. 141. Abundius, évèque de Côine et Sénator, prêtre de Milan, que nous allons voir dans un instant faire le voyage de Constantinople en qualité de légats du pape furent, à leur retour, chargés par saint Ijéon, en rejoignant leurs églises respectives, de remettra une lettre à Eusèbe de Milan. Le pape le priait d'assembler les évêques dépendant de sa métropole et de faire lire en leur présence VEpistula dogiitatica, pour qu'ils pussent 1 approuver et anathématiser les hérésies qui attaquaient le mystère de l'Incarnation. Eusèbe se rendit au désir du pape. Le lieu de la réunion n'est pas connu avec certitude, mais il est tout à fait probable qu'elle se tint à Milan. Elle comptait vingt évoques parmi lesquels Asinion, ovèque de Coire, pour qui Abundius porta la parole et Eusthase, évèque d'Aoste, qui se fît remplacer par un de ses prêtres. On ouvrit la session par la lecture de la lettre du pape Léon à Eusèbe, ensuite Abundius et Senator rapportèrent ce qu'ils avaient fait et vu en Orient. On lut alors VEpistula dogmatica à Flavien qui obtint 1 approbation générale. Alors les évoques anathématisèrent tous ceux qui suivaient une doctrine impie sur 1 Incarnalion. La lettre synodale envoyée à Léon fait partie de celles de ce pape ; elle ne porte en tête que le nom d'Eusèbe. Tous les évêques y souscrivirent. Cyriaque de Lodi la porla à Rome. Cf. Coll. regia, t. vu, col. 327 ; Labbe, Concilia, t. m, col. 1334- 1336; Hardouin, Coll. concil.., t. i, col. 1779; Colcli, Concilia, t. iv, col. 761; Mansi, op. cit., t. vi, col. 527. M. .1. Turmel, Histoire de la théologie positive depuis l'origine jusqu'au concile de Trente, in-8, Paris, 1904, p. 214, s'exprime surVEpistula doginatica, avec son originalité ordinaire si attrayante et souvent si fine : « La Lettre à Flavien, dit-il, qui, lorsqu'elle parut pour la première fois, n'était qu'un exposé majestueux et solennel du dogme de l'Incarnation, ne tarda pas à être enrichie d'un appendice patristique. (On le trouve à la suite de Epist. clxv, P. L., t. liv, col. 1173). C'était à la fin de 449. Les légats envoyés par saint Léon à Ephèse, avec ordre de lire, devant le concile, la Lettre à Flavien, avaient été réduits à prendre la fuite et venaient de rentrer à Rome. Quand éclairé par leur rapport, le pape put se rendre compte de l'état des esprits, il reconnut la nécessité de faire entendre la voix de la Tradition. Mettant donc à profit le travail de Théodorel (comparer la liste de saint Léon, à partir du second extrait: nescit plane, P. L., t. liv, col. 1175, avec celle de Théodoret (Dial. ii, P. G., t. lxxxiii, col. 169), la dépendance est manifeste, toutefois le pape a ajouté quelques documents nouveaux); mettant donc à profit le travail de Théodoret et le complétant par ses lectures personnelles, il