CONClLIiS A UOMK
Le pape Léon combaltit avec autant de tact et de politique que d'énergie, dans sa lettre du IG juillet 450 à l'empereur Théodose, le projet de celui-ci, qui voulait donner Anatole pour successeur à Flavien sur le siège de Constanlinople. Par une lettre spéciale dont nous possédons un fragment, Anatole avait cherché à obtenir cette confirmation de Rome. L'empereur et les évéques consécrateurs avaient appuyé la demande du nouvel évêque *. Léon répondit à Théodose qu'avanl de porter un jugement sur cette question, l'élu devait, avant tout, donner des preuves de sou orthodoxie, ce que Ton exigeait du reste de chaque catholique. Aussi Anatole devait-il lire les écrits des saints Pères qui traitent de l'incarnation, en particulier ceux de saint Cyrille et du concile d'Ephcse, ainsi que la lettre du pape à Flavien, et puis rédiger une profession de foi orthodoxe qui serait publiée et adressée au Siège apostolique et à toutes les Lglises. Il envoya en même temps à Constantinople, en qualité de légats, deux évèques, Abundius et Astérius, et deux prêtres, Basile et Sénator -, qui devaient négocier de vive voix avec l'empereur et lui exposer d'une manière détaillée la foi du pape. Si l'évêque de Constantinople adhérait à cette foi, le pape s'en réjouirait, pnrce que la paix de l'Eglise serait assurée, et il rejetterait tout soupçon (contre Anatole). Dans le cas où il y aurait quelque dififérence avec la foi orthodoîcc du pape et des Pères, il serait nécessaire de célébrer un concile général en Italie, à la réunion duquel on demandait à l'empereur de consentir ^.
constitua une liste de textes tirés des écrits des Pères et, à partir de ce moment, il n'envoya la Lettre à Flavien qu'avec ce supplément. Son recueil moins abondant que ceux de l'auteur des Dialogues était plus judicieusement composé. Il comprenait naturellement des extraits de saint Hilaire, de saint Ambroise et de saint Augustin. Il comprenait surtout un long fragment de Cyrille d'Alexandrie, l'auteur cher entre tous aux monopliysites. Et ce fragment était bien de nature à faire impression sur les partisans d'Eiitychès, car on y lisait la déclaration suivante : « Nous ne disons pas que la nature de Dieu a été transformée ou « changée en chair. Nous ne disons pas non plus qu'elle a été transformée en un « homme composé d'un corps et d'une âme. Nous disons que le Verbe s'est uni « substantiellement, d'une manière incompréhensible et ineffable, à une chair « animée par une àme raisonnable. » (P. C, t. liv, col. 1187). La théologie patristique de l'union liypostatique s'est, non pas développée, mais affermie, sous la plume de saint Léon. î (H. L.)
1. Epist. LUI, dans S. Léon, Opéra, édit. Balierini, t. i, col. 953.
2. Tillemont, Méin. hist. ecclés., t. xv, p. 911, note 35 : sur saint Senator de Milan. (H. L.)
3. Epist. LUX dans Balierini, t. i, col. 1005 ;dans Mansi,o^. cvY,, t. vi,col.83 sq.
On voit (|iie, même du vivant de Théodose II, le pape Léon regardtiit la célébralioi! de ce gr^ind concile comme inutile, dans le cas où, sans ve concile, tous les évêques émettraient une profession de loi orthodoxe ; il ne faut pas oublier cette disposition du pape, car elle explique sa conduite après la mort de Théodose et en montre la riûson d'être.
Une autre lettre du pape écrite le même jour à Pulchérie est rédii^ée dans le même sens. Dans une troisième lettre écrite le lendemain aux ;irchimandrites de Conslanlinople, le pape dit qii'Auittole et ses consécrateurs (au nombre desquels se trouvait [394] Dioscore, qui ne prononça son excommunicittion contre le pape que quelque temps après), lui avaient bien annoncé le choix et l'ordination du nouvel évêque de Constantinbple, mais qu'ils ne lui avaient rien dit sur son (srthodoxie et sur la manière dont on procédait dans le pays pour l'extinction des erreurs. Aussi avait-il envoyé quatre légats à l'empereur et demandait-il aux archimandrites de les soutenir le plus possible ^.