PULCHÉRIE ET MARCIEN ARRIVENT AU TRÔNE
son époux et comme le futur empereur ; ce choix eut l'approbation générale de larmée, des hommes d'Etat et du peuj)le, et Marcien fut solennellement couronné le 24 août 450. L'empereur Valentinien donna son approbation à tout ce qui s'était fait, et le nouvel empereur s'acquit une telle estime que tous les historiens le placent au nombre des meilleurs, des plus pieux et des plus vertueux princes qui se soient jamais assis sur un trône. Plusieurs même le mettent au-dessus de Constantin et de Théodose le Grand ''.
Les affaires de TEglise prirent aussitôt une tout autre tournure : car Marcien, de même que Pulcliérie, était dévoué à la cause de l'orthodoxie. En outre, le protecteur constant de l'eutychianisme, le ministre Chrysaphius, fut exécuié à cause de ses nombreuses injustices. (On ne sait si ce fut peu avant ou bien après la mort de [395] Théodose) -, Dioscore comprit ce qu il avait à craindri^ du nouvel empereur ; aussi chercha-t-il à empêcher qu'il ne fût reconnu en Egypte ^ ; mais il n'y put réussir, et ne parvint qu'à compromettre encore plus les Alexandrins, déjà assez mal avec le nouveau pouvoir. Aussitôt après son avènement, Marcien entama une correspondance amicale avec le pape Léon ; il lui annonce dans sa première lettre (fin d'août ou commencement de septembre 450) que la Providence divine et le choix du sénat et de l'armée l'ont fait empereur ; il ajoute que sa première démarche a été de s'adresser au pape Léon, c'est-à-dire au gardien de la foi, pour la cause de laquelle il a reçu le pouvoir, et il lui demande de prier Dieu (l'affermir son gouvernement. En terminant, il se déclare disposé à permettre la réunion du concile proposé par Léon (aoû ajôsvTOîjvTOç), pour l'extirpation de l'erreur et le rétablissement de la paix '^.
Peu après, le 22 novembre 450, Marcien adressa une seconde lettre à Léon; il y réitère l'assuraiice de son zèle pour la vraie religion, et dit avoir reçu avec un très vif plaisir les légats du pape (c'étaient les quatre légats dont nous avons parlé plus haut envoyés en ambassade vers Théodose) ^. Il ne restait plus qu'à
1. Il était veuf ; Euphémie, qui était née de sa première union, épousa, après l'élévation de son père à l'empire, Anthime, qui fut plus tard empereur d'Occident.