‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 400 sur 407 · Concile à Constantinople · texte numérisé non relu

Concile à Constantinople

La nouvelle annoncée par Pulchérie an sujet de Tévèque Anatole nous amène à parler d'un concile tenu par ce dernier k Constantinople. Nous savons par la lxxxvhi" lettre du pape Léon, datée du 24 juin 451, qu'à ce concile assistaient tout le clergé de la ville, les moines et un ofrand nombre d'évèques. Ils i\dhérirent h Y Epistiila L J dogmatica ; nous trouvons en outre, une allusion à ce concile et à un autre, tenu antérieurement à Constantinople, sous Anatole, dans les actes de la iv^ session de Chalcédoine -. Photius, métropolitain de Tvr, se plaignit dans cette session qu'Eustathe, évêque de Béryte, lui eut enlevé quelques villes de sa province, et que cet acte eût été approuvé par un concile célébré à Constantinople sous Anatole. En répondant à cette attaque, Eustalhe de Béryte fit le récit suivant : « De même, dit-il, que récemment, lors du concile de Constantinople (sous Anatole), beaucout» d'évêques étant absents, on a envoyé aux métropolitains absents la lettre du pape Léon à signer, de même, dans le concile tenu du vivant de Théodose II, on avait fait signer plus tard les évêques absents, ceux dont Photius se plaignait. » Nous voyons par là qu'avant le concile de Chalcédoine, Anatole tint deux conciles, ou pour mieux préciser, ainsi que nous le permet la suite du document, que l'évêque Anatole réunit deux fois autour de lui, datis une o-jvoooç £vo-/]iJLOuo'a, les évêques présents à Constantinople : la première fois sous Théodose II au sujet de Photius 2, et la seconde fois sous Marcien pour faire professer la toi orthodoxe de Yepistula dogmatica par l'acceptation à Flavien. Hardouin et Walch se sont donc trompés en ne parlant que d'un seul concile, et dom Ceiilier a partagé leur erreur *. Nous trouvons des détails sur ce deuxième concihi tenu à Constantinople sous lévèque Anatole, dans une vie de saint Abundius,

1. Cf. Evagre, Hist. eccles., 1. II, c. 11, el saint Léon, Epist. lxxix, lxxx.

2. Mansi, op. cit., t. vu, col. 85 sq. ; Hardouin, op. cit., t. 11, col. 435 sq.

3. Nous traiterons ce point plus en détail eu racontant l'histoire du concile de Chalcédoine.

4. Walch, KetzergescJi., t. vi, p. 306. Hist. der Kirchenvers., p. 305; dom

qui fut, ainsi que nous l'avons vu, légat du pape à Constantinople. Cette vie n'est pas, il est vrai, écrite par un contemporain ; elle n'est même pas très ancienne ; mais le fragment des acîes synodaux qu'elle donne paraît présenter quelques caractères d'authenticité, ainsi que Walch et les Ballerini l'ont déjà démontré (on remarque en effet, à partir du mot mox, un autre style qui contraste avec celui qui précède) ^. Ce fragment porte ce qui suit : Anatole avait réuni un concile de tous les évêques, îirchimandrites, prêtres ou diacres présents à Constantinople. On lut dans l'assemblée la \pJo\ lettre de Léon remise pnr son légat Abundius. Anatole y avait adhéré summa de^^otione, Tavidl signée et avait en même temps prononcé l'anathème contre Eutychès, Nestorius et les partisans de leurs erreurs. Tous les évêques présents, de même que les prêtres, les archimandrites et les diacres, avaient suivi cet exemple. Abundius et les autres légats du pape avaient remercié Dieu de cette issue, et avaient, de leur côté, prononcé l'anathème contre Eutychès et ses partisans, de même que contre Nestorius. — La date de ce concile de Constantinople ne peut guère se préciser ; d'après les lettres de Pulchérie mentior)nées plus haut, on serait porté à admettre qu'il leur serait antérieur de peu et se placerait vers le mois de novembre 450.

184. Le pape Léon veut rétablir la paix de ÏÉglise sans réunir

un nouveau concile.

De son côté, Anatole de Constantinople avait envoyé au pape des ambassadeurs, le prêtre Castérius et les deux diacres Patricius et

Ceillier, Hist. des auteurs sacrés, t. xiv, p. 649 ; (2e édit., t. x, p. 680), Hardouin, op. cit., t. i, dans l'Index, ad annum 450 ; Baronius, Annales, ad ann. 450, n. 28-31 ; Coll. regia, t. vu, col. 312; Labbe, Concilia, t. m, col. 1475- 1477 ; t. IV, col. 1008 ; Coleti, Concilia, t. iv, col. 751 ; Mansi, Concil. ampliss. coll., Supplem. t, i, col. 325, t. vi, col. 511-513. (H. L.)

1. Walch, Ketzergesch., t. vi, p. 316 ; Saint Léon, Opéra, edit. Ballerini, t. I, col, 1487, P. L., t. Liv, col. 1413 sq., où se trouve aussi imprimé le fragment dont nous parlons. Il se trouve également deux fois dans Mansi, op. cit., i. VI, col. 513, et t. vu, col. 775.

Tillemont, Mém. hist. ecclés., t. xv, p. 910, note 34 : « Que saint Abonde de Gôme est le légat de saint Léon.» (H. L.)

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