‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 401 sur 407 · LE PAPE LÉON VEUT RÉTABLIR LA PAIX · texte numérisé non relu

LE PAPE LÉON VEUT RÉTABLIR LA PAIX

Asclépiades ^, pour lui faire connaître ce qui s'était passé. Lorsque ces envoyés regagnèrent Coiistantiiiopl'-, Léon leur donna des lettres pour Anatole, pour l'empereur, pour Pulchérie et pour Julien, évêque de Cos. Toutes ces lettres sont d;itées du 13 avril 451 et sont arrivées jusqu'à nous ^. La lettre h l'e/npereur {epist. lxxviii) n'est qu'une lettre de politesse ; dans celle à Pulchérie [epist. lxxxix) le pape dit que c'est grâce h elle que l'on a vaincu l'hérésie de Nestorius et celle d'Eutychès. Il remercie la princesse de ce qu'elle a fait pour l'Eglise, en particulier du secours prêté aux légats de Rome, de même cjue du retour des évêqi.es catholiques envoyés en exil et des honneurs rendus à la dépouille moitelie de Flavien. Il dit avoir appris, par ses légats et par ceux de l'archevêque Anatole, que plusieurs évèques^ qui avaient prêté l'oreille à l'impiété, demandaient à être réintégrés dans la communion des catholiques. Les légats du pape et ceux d'Anatole feraient droit à leur demande [3991 moyennant l'aveu de leur faute et la rétractation écrite de leurs erreurs. Eusèbe de Dorylée est encore auprès du pape, qui l'a admis à la communion ecclésiastique. Léon demandait à l'impératrice de prendre sous sa protection l'Eglise de cet exilé, qui, disait-on, avait été ravagée par des évêques intrus. Le pape lui recommande en dernier lieu Julien, évêque de Cos, et les clercs de Constantinople restés fidèles à JFlavien. Dans la lettre à Anatole [epist. lxxx), le pape commence par exprimer sa satisfaction de ce que l'évêque et toute son Eglise sont rentrés dans la vérité évangëlique ; aussi l'admet-il avec amour dans la chaste communauté (de l'épouse du Christ), et accepte-t-il les documents (du concile de Constantinople) qu'il a reçus avec les signatures. Quant aux évêques qui se sont laissé intimider par les brutalités du Brigandage d'Ephèse, et qui ont pris part à une injustice, il consentait à ratifier à leur sujet la résolution prise en présence et du consentement de ses légats (au concile de Constantinople), portant que ces évêques devaient se contenter actuellement d'être reçus à la communion de leurs Eglises ^. Le pape demandait à

1. 11 est question d'eux dans une lettre du pape Léon à l'archevêque Anatole [epist. lxxx).

2. Sainl Léon, Epistolx lxxviii, lxxix, lxxx, lxxxi, éd. Ballerini, t. i, col. 1033 sq. ; P. Z., t. liv, col. 907 sq. Mansi, op. cit., t. vi, col. 103 sq.

3. C'est-à-dire qu'ils étaient réintégrés sur leurs sièges et admis à exercer de nouveau leurs fonctions dans leurs églises, mais qu'ils ne pouvaient communi-

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Anatole de s'entendre avec les légats romains pour voir quels ëyêques qui devaient être réintégrés sans restriction dans la communion ecclésiastique avec le pape. Ils devaient avant tout anntliématiser leurs erreurs. Les noms de Dioscore, de Juvénal et d'Eustathe de Béryte devaient être rayés des diptyques ; on ne devait plus les lire à l'autel, à Constantinople ^. Au sujet d'Eusèbe de Dorylée, de Julien de Cos et des clercs de Constantinople, restés fidèles à Flavien, le pape Léon répète les prescriptions de sa lettre à Pulchérie, et; termine en demandant que l'on donne à sa [400] lettre la plus grande publicité.

La quatrième lettre signée par le piipe Léon le 13 avril 451, et remise aux ambassîideurs d'Anatole, était adressée h Julien, évêque de Cou (epist. Lxxxi). Le pape yrappelle d'abordles grands dangers auxquels Julien a été exposé à cause de sa fidélité à l'orthodoxie. Julien avait voulu, pour ces motifs, venir à Rome, où le pape aurait eu pour très agréable de s'entretenir avec lui. Maintenant la situation étant plus favorable à l'orthodoxie et à Julien, ce dernier pouvait rester en toute liberté et sans courir aucun danger en Orient. Le pape avait appris avec plaisir que la plupart des évêques trompés demandaient leur réintégration dans la communion ; mais quelques-uns s'opiniàtraient encore dans l'erreur, il fallait donc les traiter avec sévérité. Les légats, qu'il allait envoyer vers Pâques, s'entendraient avec Julien pour prendre sur ce point les résolutions les plus opportunes.

Ces légats dont parLiit le pape ne furent envoyés, nous ne savons pourquoi, que dans le mois de juin, et les députés de l'archevêque Anatole revinrent seuls avec les quatre lettres dont nous avons parlé 2.

Vers le même temps, Léon reçut de l'empereur une nouvelle lettre qui lui fut remise par le préfet d'Etat Tatien ; elle est malheu-

quer avec les autres évêques, ni prendre part au synode, etc. Voyez la note 1 de Quesnel sur ce passage (imprimée dans Ballerini, f. ii, col. 1462 sq., P. Z., t. Lv, col. et Morin, Exercitationes ecclesiasticie , lib. II, exerc. xvn, xviii, xix.

1. Dioscore, Juvénal, Thalassius de Césarée en Cappadoce, Eustathe de Béryte, etc., avaient été les chefs du Brigandage d'Ephèse. Ce dernier évêque s'élait, en outre, distingué dans cette assemblée en donnant un sens faux aux expressions de Cj'rille, et avait formellement déclaré que, après l'incarnation, il n'y avait plus qu'une seule nature.

2. Voyez la note 7 des Ballerini au sujet de VEpistola lxxviii et leur note 5 pour VEpistola lxxxi ; P. Z,, t. liv, col. 909, 916.

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