‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 402 sur 407 · LE PAPE LÉON VEUT UÉTABLIK LA PAIX · texte numérisé non relu

LE PAPE LÉON VEUT UÉTABLIK LA PAIX

reusemcnt perdue. Le pape y répondit, le 23 avril 451 : il faisait de grandes louanges du zèle de lempereur, et ajoutait : « Il serait injuste de répondre aux désirs de quelques insensés qui veulent de nouvelles disputes et une nouvelle enquête (dans le futur concile), pour savoirs! la doctrine d'Eutychès est hcrétiqne et si Dioscorc a porté un jugement juste. La plujiart de ceux qui avaient été induits en erreuront reconnu leur égarement et imploré leur pardon. Aussi ne doit-on plus maintenant s'occuper de chercher la vraie foi ; il faut plutôt examiner quels sont parmi les évêques tombés dans l'erreur, ceux que Ion pourrait gracier et à quelles conditions. Aussi, peuse-t-il faire connaître sur ce piunt, et par des légats qui arriveront bientôt, son opinion à l'empereur qui se préoccupe si fort de la réunion du concile ^. »

Le pape Léon envoya ces nouveaux légats lorsque les premiers, Abundius et les autres furent revenus en apportant une lettre [401] (maintenant perdue) de l'empereur -. 11 remit à ces nouveaux légats quatre autres lettres, toutes datées du 9 juin (c'était probablement le jour du départ des légats), et adressées à Marcien, à Piilchérie, à Anatole et à Julien de Cos ; comme les précédentes, ces lettres du pape ne sont pas sans importance, pour l'histoire du concile de Chalcédoine.

Dans la lettre à l'empereur, le pape Léon rappelle brièvement ce que l'empereur a fait pour le bien de l'Eglise, et il poursuit : Pour que toutes les provinces de l'empire soient, comme la capitale, purgées de Thérésie, il envoie en Orient deux légats, l'évèque Lucentius et le prêtre Basile, pour s'occuper de réintégrer dans la communion Anatole et les membres du Brigandage d'Ephèse qui se repentent de leurs fautes ; il recommande ces légats à l'empereur. Le pape a lui-même demandé à l'empereur la réunion de ce concile, dont l'empereur lui parle à son tour ; mais les malheurs du temps ne permettent guère aux évêques de se réunir: car ce sont précisément les provinces dont il désire le plus voir les évêques au concile (les provinces d'Occident), qui se trouvent ravagées par la guerre (d'Attila). Dans un pareil moment, les pasteurs ne peuvent abandonner leurs brebis. Aussi le pape demandet-il à l'empereur de remettre la célébration du concile à un temps plus propice. Ses légats donneront, du reste, plus d'explications

1. Epist. Lx.vxii, dan^ Mansi, op. cit., t. vi, col. \\1\P. Z,, t. liv, col. 917 sq.

2. Nous savons ce détail par le commencement de YEpistola lxxxiii.

sur ce point ^. Le pape Léon écrivit, h peu près dans le même sens, à l'impératrice Pulchérie; de plus, il lui demandait de reléguer Eutychès loin de Constantiaople (c'est-à-dire de son couvent) pour rendre impossibles ses fréquents rapports avec ceux qu'il avait trompés. Elle devait, eu outre, faire placer un abbé catholique à la tète du couvent où Eutychès avait été abbé, ])our que cette communauté fût purgée des mauvaises doctrines ^.

Le pape Léon demanda à Anatole de Constantinople, de prendre, d'accord avec les légats, toutes les mesures utiles pour le bien de l'Église (relativement à l'admission de ceux qui avaient pris part au brigandage d'Ephèse). Avant tout, les anciens membres du Brigandage devaient auathématiser Eutychès, sa doctrine et ses partisans. Quant aux plus coupables, le Siège apostolique se réser- L'^'^^J vait de statuer sur leur compte, et Anatole ne devait pas faire lire dans l'église les noms de ces évêques avant que la décision du pape fût connue ^. Enfin le pape demanda aussi par lettre h Julien, évêque de Gos, de soutenir ses légats par tous les moyens, lui disant que ceux-ci avaient de leur côté pour instruction de s'entendre toujours avec lui "*.

1. Epist. Lxxxiii, dans Ballerini, op. cit., t. i, col. 1046. P.L., t. liv, col. 919, Mansi, op. cit., t. vi, col. 114 sq.

2. Epist. Lxxxiv, p. 1048. Le mémoire que Faustus et plusieurs autres archimandrites envoyèrent à cette époque à l'empereur, prouve qu'Eutychès avait encore beaucoup de partisans, en particulier parmi les moines de son couvent. Les archimandrites se plaignaient de ce que ces incorrigibles n'obéissaient pas aux recommandations d^Anatole et de son synode. Aussi demandaient-ils à l'empereur qu'on procédât contre les rebelles d'après les règles monastiques pour les ramener à de meilleurs sentiments, ou leur infliger des châtiments plus sévères. Les archimandrites demandaient encore à l'empereur de leur permettre de faire le nécessaire dans cette caverne où habitaient ces moines (c'est-àdire d'instituer un abbé catholique dans le couvent d'Eutvchèsh Dans Mansi, op. cit., t. VII, col. 76 ; Hardouin, op. cit., t. ii, col. 423.

3. Epist. Lxxxv, dans Ballerini, t. i, col. 1050, P. L., t. liv, col. 922, dans Mansi, op. cit., t. vi, col. 118. Dans une lettre écrite le 19 juin 451 à l'archevêque Anatole, le pape Léon lui recommande deux prêtres ; mais sa lettre n'offre rien d'intéressant pour l'histoire des origines du concile de Chalcédoine.

4. Epist. Lxxxvi, dans Ballerini, t. i, col. 1052, P. L., t. liv, col. 924, dans Mansi, op. cit., t. vi. col. 119.

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