l'empereur marcien convoque un concile général
185. L'empereur Marcien convoque un concile général ; le pape consent à cette réunion et nomme ses légats.
Au moment où Léon écrivait cette dernière lettre, l'empereur Marcien avait rléjà, par une lettre datée du 17 mai 451 et écrite en son nom et au nom de son collègue à l'empire, prescrit la réunion d'un concile général qni devait s'assembler à Nicée le 1®"" septembre de l'année courante ^. Cet édit, adressé aux métropolitains, est ainsi conçu : « On doit placer, avant toutes choses, ce qui concerne la foi et l'orthodoxie ; car si Dieu nous est favorable, notre royaume sera toujours en bon état. Des doutes s'étant élevés sur la vraie foi, ainsi que le font voir les lettres de Léon, le très saint évêque de Rome, nous avons décidé qu'il se tiendrait à Nicée, en Bithynie, un saint concile, pour que, du consentement de tous, on cherchât la vérité et l'on définît la vraie foi en termes plus clairs, [4031 et sans aucune passion, afin qu'à l'avenir il ne puisse y avoir, sur ce point, doute ou désunion. Votre Sainteté est donc priée de se trouver le l*"" septembre prochain à Nicée, avec ses sufFragants, prudents et orthodoxes, que Votre ' Sainteté voudra amener. Nous assisterons nous-mêmes à ce concile, si les guerres ne nous en empêchent point. » Cette lettre de convocation nous a été conservée dans deux exemplaires ^ : l'un adressé à un métropolitain qui n'est pas désigné, l'autre à Anatole, évêque de Constan-
1. « Lorsque Marcien donna cette circulaire, il n'avait pas encore recules représentations du pape au sujet de la convocation de ce concile, car les députés chargés de la missive du pape ne quittèrent Rome que dans les premiers jours de juin 451, tandis que la lettre de convocation pour le concile avait été envoyée dès le mois de mai de la même année. Si l'empereur avait connu d'une manière exacte l'opinion du pape, peut-être se serait-il désisté de son projet, mais comme il ne la connaissait pas, il pouvait penser que le pape persistait dans les sentiments qu il avait exprimés antérieurement. Les divisions enracinées de l'Eglise d'Orient lui faisaient probablement désirer, avec plus d'ardeur encore, de réunir un concile général pour résoudre toutes ces difficultés, pour mettre fin à tous ces troubles et à tous ces désordres. » Arendt, Léo der Grosse, p. 264.
2. Ils sont imprimés dans Mansi, op. cit.^ t. vi, col. 551 et 553, et dans Hardouin, op. cit., t. ii, col. 45 sq. Cf. t. i, p. 17 sq., du présent ouvrage.
tinople. Ce dernier exemplaire porte la date du 17, ou bien, d'après l'ancienne traduction latine^ celle du 23 mai '^.
A la nouvelle de celte circulaire impériale, le pape Léon écrivit, le 24 juin 451, une nouvelle lettre à l'empereur Marcien, au début de laquelle il exprimait en ces termes, son mécontentement. « Je pensais que Votre Grâce accédant à mon dtsir, aurait différé le concile , à cause de la situation périlleuse où nous sommes, jusqu'à une époque plus favorable, afin que des évêques de toutes les provinces y pussent assister et constituer ainsi un véritable concile œcuménique. Mais comme, par amour pour la foi catholique, vous ne consentez pas à ce que cette assemblée soit différée et que, d'un autre coté, je ne veux créer aucun obstacle à votre pieux désir, j'ai choisi pour mon représentant Paschasinus, mon collègue dans l'épiscopat 2, dont la province paraît être moins éprouvée par la guerre, et je lui ai adjoint le prêtre Boni face. L'un et l'autie doivent, d'accord avec les premiers légats (qui se trouvaient à Consiantinople), l'évêque Lucentius et le prêtre Basile, de même qu'avec Julien, évoque de Cos, me représenter dans le concile ; mais Paschasinus devra seul présider l'assemblée, à ma place 2. »
Nous ne possédons plus le document par lequel le pape Léon [404] instituait Paschasinus son premier légat ^ ; mais nous avons encore une lettre du pape à cet évêque en date du 24 juin 451 : Le pape lui envoie son Epistula dogmatica, avec quelques autres passages des Pères, qu'il a déjà remis à ses premiers ambassadeurs à Constantinople {in causa Anatoli), pour lui servir de guide dans
1. Walch, Ketzerhist , t. vi, p. 310, éci-it à tort juin, au lieu de mai.
2. Paschasinus était évèque de Lilybée, aujourd'hui Marsala, en Sicile.
3. Epist. Lxxxix, éd. Ballerini, t. i, col. 1060, Mansi, op. cit., t. vi.col. 125 sq. ; Perthel dit dans Papst Leo's I. Lehen itnd Lehren, cin Beitrag zûr Kirchen-uiid Bogmengeschichte, léna, 1843, p. 71 : « Dans cette lettre, le pape demande à l'empereur de laisser à Paschasinus la présidence du synode. » C'est là une appréciation inexacte. La lettre du pape ne demande pas à l'empereur de laisser présider tel ou lel évêque ; le texte de la lettre ^orte : prœdictuin fvatreinet coepiscopum ineiim vice mea synodo convenit prsesidere \ et Pierre de Marca a raison de dire que le droit qu'avaient les légats du pape de présider le concile ne dépendait nullement de la volonté de l'empereur. De concord. sacerd. et imper., lib. V, vi. [Cf. Tillemont, Mém. hist. ecclés., t. xv, p. 911, note 36: D'où Lucence estoit evesque ; p. •912, note 37: Difficulté sur l'envoi de Lucence. (H. L.)]
4. Voyez la noi. 4 des Ballerini sur VEpist. lxxxix ; P. L.,t. liv, col. 930.