‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 404 sur 407 · l'k.MI'EIŒUR MAnClEN CONVOQUE UN CONCILE GÉNÉIUL · texte numérisé non relu

l'k.MI'EIŒUR MAnClEN CONVOQUE UN CONCILE GÉNÉIUL

lu question actuelle. La lelti'c se poursuit par un court exposé de ce que renferme d'hérétique la doctrine d'Iîlutychès, puis le pape raconte que toute l'Église de Constantinople, de môme que les couvents et beaucoup d'évêques, ont adhéré à sa lettre doctrinale et anathéinatisé Nestorius et Eutychès. D'après la dernière lettre d'Anatole, l'évêque d'Antioche ^ aurait lui-même envoyé la lettre de Léon à tous ses évoques et, en union avec eux, aurait adhéré à cette lettre et condamné Nestorius et Eutychès. Enfin, le pape fait à son légat une recommandation sur laquelle nous n'avons pas ici à nous étendre, d'examiner, avec des hommes versés dans la partie, le jour où l'on devait célébrer la Pâque en l'an 455 : car le comput pascal de Théophile (d'Alexandrie) était inexact pour cette année -.

Deux jours plus tard, le 26 juin 451, Léon écrivit de nouveau à Marcien : « 11 avait sans doute désiré que le concile réclamé par lui pour rétablir l'ordre dans l'Eglise orientale, et dont remperenr avait jugé la célébration nécessaire, se tînt un peu plus tard ; mais comme, dans son zèle pour la religion, l'empereur hâtait l'afTaire, il ne voulait faire aucune opposition ; mais il demandait avec instance et adjurait l'empereur, par ce qu'il y avait de plus saint, que l'on ne mît pas en question la foi ancienne, et qu'il ne laissât pas se produire de nouveau des propositions depuis longtemps condamnées. On devait plutôt conserver toute leur force aux ordonnances de Nicée ^. »

Dans une lettre du même jour à Anatole, le pape s'étonne que l'on n'ait qu'un si court délai pour la réunion du concile. Comment pourrait-il donc faire connaître h temps dans toutes les provinces (de l'Occident) la convocation, en sorte que la réunion fût réellement un concile général ? Cependant, pour se conformer à la [405] pensée de l'empereur, il avait déjà nommé ses légats et il indiquait leurs noms à Anatole *,

Dans une troisième lettre également datée du 26 juin, le pape

1. C'était Maximus qui avait remplacé Domuus et avait été ordonné par Anatole : le pape Léon le reconnut lui-même plus tard.

2. Epist. Lxxxviu. éd. Ballerini, t. i, col. 1057 ; P. /.., t. liv, col. 927, dans Mansi, up. cit., t. vr, col. 123.

3. Epist. xc, dans Balierini, loc. cit., col. 1063 \ P. L., t. liv, col. 932, dans Mansi, op. cit., t. vi, col. 127 sq.

4. Epist. xci, dans Ballerini, loc. cit., col. 1065 ; P. />., t. liv, col. 934, dans Mansi, op. cit., t. vi, col. 129.

commandait à Julien, évêque de Cos, de le représenter conjointement avec los autres légats dans le concile qui allait s'ouvrir à Nicée '^. Enfin le pape Léon adressa le même jour une lettre à ce concile, qui était déjà convoqué ; il y disait : « Comme il est agréable à Dieu qu'on se montre miséricordieux vis-à-vis de ceux qui sont touchés de repentir, il faut accepter avec reconnaissance la résolution prise par l'empereur de réunir un concile, pour déjouer les artifices de Satan et rétablir la paix de l'Église. Dans cette circonstance l'empereur a reconnu le droit et la dignité de l'apôtre Pierre, et a demandé au pape de se trouver en personne à cette assemblée. Mais ni les malheurs du temps ni la coutume ne lui permettent de répondre à cette invitation. Toutefois, ses légats présideront l'assemblée, et de cette manière il y sera encore présent, mais sans y assister en personne. Comme (par son Epistula dogmaticà) le concile connait sa foi conforme à la tradition ancienne, l'assemblée ne peut se faire illusion sur ce qu'il demande d'elle. On ne permettra pas dans le concile que la vraie foi soit attaquée ; et cette vraie foi il l'a fait connaître en détail pour ce qui concerne l'incarnation du Christ, conformément à la doctrine des Apôtres, dans sa lettre à Fiavien -. Un des principaux objets du concile sera la réintégration des évoques qui ont été injustement chassés et déposés à cause de leur résistance à l'hérésie. Les décisions du concile d'Ephèse tenu sous Cyrille conserveront force de loi, et l'hérésie de Nestorius ne tirera aucun profit de la condamnation des eutychiens '^. »

On s'est fort étonné de ce que, après avoir demandé avec ins- [406] tance la réunion du concile, le pape Léon l'ait ensuite jugé inutile, si même il n'est allé jusqu'à s'opposer à sa réunion. On a donné diverses raisons pour expliquer ce changement. D'après certains, le pape n'aurait pas été sans inquiétude au sujet de la présidence,

1. Ëpist. xcii, daas Ballerini, loc. cit., col. 1066 ; daus Mansi, op. cit., t. vi, col. 130.

2. Comme Léon était persuadé, et avec raison, que sa lettre à Fiavien contenait la vraie doctrine, il devait désirer que le synode y adhérât et ne disputât pas au sujet de la vérité. Mais, en parlant ainsi, il n'entendait pas interdire aux évêques le droit d'examiner les choses par eux-mêmes ; car, ainsi qu'il le dit dans sa lettre cxx à Théodoret de Cyr : V auctoritas summorum (c'est-à-dire l'autorité du pape; doit s'exercer de telle manière qu'elle ne lèse en rien la liberté de ceux qui sont moins puissants {iit in nullo inferiorum putetur imminuta libertas). Cf. Ballerini, t. i, col. 1220 et leur note 14. P. Z., t. liv, col. 1047.

3. Epist. xciii, éd. Ballerini, t. i, col. 1069 sq., P. Z,., t. liv, col. 937, dans Hardouin, op. cit., t. ii, col. 47 ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 131 sq.

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