CONCILES DK CONSTANTINOPLE ET DE liOME
taiils du concile de (lonstiinlinople ''. Les aeles de ce concile ne nous sont pas parvenus et nous ne savons <[iic peu de choses à son sujet. Il aurait surtout condamné l'hérésie des apollinaristes '^. D'après le
1. Voyei la leltre du synode de Coiibtautiuople dans Théodoret, lue. cit., et Saint Jéi'ômo, EpistoL, lxxxvi, ad Kustochiiim, n. G. /■'. L., t. xxii, col. 881.
2. Rufin, De adulteratione lihroniin Ori;;eiiis, dans le t. v des Opéra de sailli Jérôme, p. 253, éd. béiiéd. (Vallai'si et Migne ne l'ont pas inséré), [Nous avons, à plusieurs reprises rencontré l'iiérésic apoliiuariste ; voici que nous la voyons condamnée par un concile : il est opportun dès lors d'entrer dans quelques détails à son snjel. Au iv'' siècle, l'apollinarisme a déplacé le terrain des luîtes religieuses. « Les erreurs ariennes et semi-ariennes occupaient encore exclusivonient l'allenlion des esprits lorsqu'il entreprit de dél'cndre conti'e la dualité 2>i'olessée par l'école anliochicnnc la doctrine de l'unité du Chrisl (o60-o70) ; puis il soutint à son tour contre l'Eglise la théorie hérétique de l'union du Verbe à un corps humain privé d'àme raisonnable (374- 382). s O. Voisin, /.a doctrine triiiitaire d'ApoUiitaire de Landicée, dans la Revue d'Iiist. ecclés., 1901, t. ii, p. o3. Apollinaire, né à Laodicée de Syrie entre 300 et 310, professa la rhétorique dans cette ville avant l'année 335, il était alors lecteur. Sous l'évêque Georges (335-361), arien déterminé, Apollinaire fut exclu do la communion. Dès 335, il assiste au concile de Tyr et on le trouve ensuite jusqu'en 361, prenant une part active et souvent prépondérante à tous les synodes tenus par les fractions du parti arien. Apollinaire était alors le porte-drapeau de l'orthodoxie à Laodicée. Son père et lui offrirent, en 345, l'hospitalité à saint Atlianase qui mourut sans connaître la chute des défenseurs, jusque-là indéfectibles, de la foi de Nicée. Il est possible qu'Apollinaire ait été exilé de Laodicée ; par un retour de fortune, en 362, lors du concile d'Alexandrie nous constatons qu'Apollinaire est devenu évêque de Laodicée. Il avait été l'élu des orthodoxes contre un certain Pelage soutenu parles semiariens : or il arriva que Pelage passait à l'orthodoxie tandis qu'Apollinaire s'en séparait. En 379, Pelage assistait au concile d'Antioche qui condamnait l'apollinarisme. La situation s'était, on le voit, complètement retournée. Pendant toute cette période l'activité intellectuelle d'Apollinaire avait été grande et Philostorge cite son nom parmi ceux des plus illustres défenseurs de la consubstantialité du Verlie. D'après So/.oniène, il lut uu des premiers à justifier la doctrine orthodoxe louchant le Saint-Esprit. C'est en 362, au concile d'Alexandrie, que l'hérésie apoliiuariste se fait jour pour la première fois. Une vive discussion s'éleva au sujet de l'Incarnation, elle se termina par une profession de foi dans laquelle le concile fît connaître la doctrine catholique et qui réunit les adhésions tics membres des deux parties ad\erses. Les erreurs dont il s'agissait procédaient de la doctrine apollinariste ; telle est du moins l'opinion de MM. Ura;sL-ke, Ilarnack, Loofs, Leitfaden zum Studiuni der Dogniengeschichte , in-8, Halle, 1895, p. 161 ; Kattenbusch, Das cipostoLische Symhol. in-8, Leipzig, 1894, t. i, p. 281 ; G. Voisin, L'apollinarisme. Etude historique, littéraire et dogmatique sur le déhutdes controverses christologiques au IV'^siècle, in-8, Louvain, 1901, p. 41 sq. Le concile émit contre l'apollinarisme naissant les propositions suivantes : « Le Verbe du Seigneur n'est pas venu à la lîn des
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désir du pape Daniase, saint Jérôme rédigea une profession de foi,
temps dans un homme saint comme il était veiiti dans les prophètes, mais le Verbe lui-même s'est fait chaij' ; élajitdans la forme de l^ieii, il a pris la forme de l'esclave ; il s'est fait homme pour nous de Marie selon la chair, et a ainsi, en kii-mème, parfaitement eL entièrement libéré le génie humain du péché, et l'ayant vivifié des morts, l'a introduit dans le loyaume des cieux. î D'autre part : « he Sauveur n'avait pas un corps sans âme, sans sens et sans intelligence. Car il n'était pas possible que le Seigneur s'étanl fait homme pour nous, son corps fût sans esprit ; et ce n'est pas seulement le salut du corps, mais aussi celui de l'ùme que le Verbe a opéié en lui. » Ce formulaire passera inaperçu pendant un certain temps ; caria controverse inattendue qui y donna lieu dans le concile ne sortira pas sitôt du cercle restreint où elle est née. « 11 n'en est pas moins vrai qu'il nous fait connaître la vraie pensée d'Athanase sur le côlé humain du Sauveur et nous donne le spectacle d'une assemblée conciliaire, où l'Italie, l'Egypte, l'Asie, tous les pays chrétiens, ont leurs représentants, attestant, lorsque l'occasion s'en présente pour la première fois, que l'intégrité de la nature humaine du Christest une vérité élémentaire de la doctrine chrétienne » G. Voisin, VapoUinarisme, p. ''*8. Cet incident révèle entre Apollinaire et les antiochiens un germe de dissentiment qui va aller s'aggravant sans cesse. En 363, dans une lettre à Jovien, Apollinaire expose longuement sa doctrine chrislologique : C'est le F"ils de Dieu, dit-il, engendré du Père avant les siècles, qui est né de Marie : tov a-jTov y.al oûy. a).),ov. S'il rC\ a qu'un Fils, il n'y a pas deux natures et c est pourquoi nous professons une seule nature du Verbe incarné. Ainsi le corps seul constitue à ses yeux l'élément humain du Christ. Il développe cette doctrine dans un traité qui date apparemment de la même époque. Sa préoccupation constante est encore d'alliruicr contre les ariens qi e le Christ est un Dieu fait homme et non pas un homme fait Dieu ou possédant Dieu en lui, car il n'y a en lui qu'un seul être, une seule personne, une seule nature. Drœseke, ApoUinaiios ion Laodicca, sein I.eben und seine Schriften. NebsL einem Anhang : ApolUnarii Laodiceni tjuss supersunt dogmatica, iu-8, Leipzig, 1892, p. 3'i3. Entre 360 et 370, la polémique entre Apollinaire d'une part, Diodore et Flavien d'autre part, atteint son plus haut degré d'intensité. M. G. Voisin, op. cit., p. 51-68, a étudié de la manière la plus attentive a l'origine de ces controverses et comment Apollinaire lut amené à s'occuper du problème chrislologique à un moment où l'attention de l'Eglise se portait encore exclusivement sur le dogme Irinitaire. » A partir de 370, les controverses s'étendent de plus en plus. Après être demeuré quelques années à l'état de discussion purement locale, le débat christologique déborde la région d'Antioche et envahit par degrés toutes les provinces d'Orient. Dans plusieurs villes des partis se forment, les fidèles et les évèques prennent l'alarme, font appel à saint Athanase. C'est généralement l'école d'Antioche et celle d'Apollinaire qui sont en présence, mais elles admettent les nuances les plus variées et Apollinaire a fort à faire pour garder sa doctrine à l'abri des aberrations qui menacent de la déformer. Un certain nombre d'erreurs grossières, formellement réprouvées par Apollinaii'e, ne s'en greffaient pas moins sur son enseignement et on peut dire que, dans une certaine mesure, elles en étaient comme la naturelle production. Dès 377, les spéculations tbéologiques qui se rattachent à