‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 56 sur 407 · CONCILKS A ANTIOCIIE, A SIDE KT A CAUTHAGK · texte numérisé non relu

CONCILKS A ANTIOCIIE, A SIDE KT A CAUTHAGK

Can. i. (Ce canon n'est, à proprement parler, qu'une introduction à l'ensemble des antres canons). l'expose la doctrine orthodoxe sur la Trinité.

('an. 2. Oblige les cvè([ues, les prêtres et les icvitcs à sabstcnir de leurs femmes.

Can. 3. Interdit aux prêtres la consccralum du chrême, la bénédiction des vierges (les religieuses) et la réconciliation des pénitents.

mcllrc en présence d;nis le même concile deux évoques de Carlliagc et il déforme encore le non de Gencllilius pour en faire Genedius. Lo préambule est assez, bien conservé dans la version aul IumiIkjik; d llolslein ([u'IIarciouin avait cni'ichie de variantes d'après un iiis. du collèjjje de Clerniont. On y trouve la date consulaire, la niention du lieu de réunion, les noms du président cl de deux évêques qui ont pu remplir le rôle d'assesseurs. Après le discouis d'ouverture de Gencllilius on trouve douze canons jîi'oprement dits. Le procèsverbal est complet : auteurs de la proposition, observations du président ou des membres du concile, constatation du vote, tout y est. Eu terminant, l'assemblée menace de la déposition tout évèque qui ne se conformerait pas aux dispositions des nouveaux statuts. Gencllilius invile tons les Pères à signer. Le concile siégea dans la Basilica Pcrpctini Iicstiliil((, le 16 juin 390. Gloriosissimo Impcrutorc ValcnLiiiiano Augusto III et Neoterico r. c. consiilibus XVI kolcndas Jiilias. Il y a dans ce passage deux légères altérations, il faut lire Valentifiiann Aitgusto [/P'] et Neolerio w c. consulibus... Le consul de 390 s'appelait Xcoterius et cette année-là précisément tombe le quatrième consulat de Valeiitinien II. 11 laul donc écarter la date 387 proposée par quelcjucs-uns pour justifier la mention du m' consulat de Yaîenlinien II. car en celte année le second consul s'appelait Eulropius. Et il est plus naturel de remanier un chiffre que de substituer un nom propre. D'après les manuscrits de V II i. s pana, le concile comptait soixante et un évêques. Mais cette indication, dont on ignore la provenance, a peu de valeur. D'après le procès-verbal, le concile réunit des évêques « des diverses provinces » cl ceieris coepiscupis suii! proyinciarum divcrsarum. Six évêques sont nommés, trois d ms le préambule, trois antres dans les canons. Ce sont : Genelhlius de Carlhage, Victor d'Ab/.ir, % ictor de Pupput, lilpigonius de BuUa-Fiegia, Numidius do Maxula, Félix de Sclemsala qui tous ap])artenaient à la Proconsulaii-e. On peut supposer que les autres provinces n'étaient pas très largement représentées ; le président constate lui-même que les alssents étaient nombreux : qui corporc sitiit absc/itcs^ iiuhiscuin in spiiitit vidcaniitr esse coiijtiricli . a Le concile, écrit M. Paul Monceaux, Ilisf. liltér. de l'Afrique chrélienne, 1905, t. m, p 228, semble n'avoir pas eu d'objet bien précis. Il est à remarquer cependant que la première notion eut un caractère tout doctrinal. Peut-être avait-on suspecté l'orthodoxie des africains, surtout à cause des progrès que faisait dans le pays le manichéisme et de l'opinion suivant laquelle bien des clercs catholiques étaient secrètement alfiliés à celte secte. En ouvrant la séance, le président proposa et l'on vola à l'unanimité une adhésion solennelle à 1 1 loi de iS'icée. Les autres canons se rapportent à la discipline ou à l'organisation de l'Eglise, w (II. L.)

78 LIVIÎE VIÎI

Can. 4. Autorise le prêtre à réconcilier un pénitent quand l'évc- M

que est empêché ou lorsqu'il en adonné la permission. "

Can. 5. Interdit l'érection de nouveaux évêchés et prescrit le maintien de ceux qui existent.

Can. 6. Refuse aux personnes convaincues de répandre de faux bruits le droit de déposer contre des prêtres et des évêques.

Can. 7. Jette l'excommunication sur celui qui reçoit dans son Eglise quelqu'un qui a été excommunié dans une autre.

Can. 8. Si un prêtre a été excommunié ou châtié par ses supérieurs, il peut se plaindre aux évêques voisins [apiid vicinos cpiscopos conquerï) pour faire venir sa cause en appel et se réconcilier ensuite avec son évèque. S'il ne le fait pas, s'il se sépare par orgueil de la communion avec son évêque, s'il occasionne un schisme et s'il offre le saint sacrifice, il doit perdre son siège et encourir l'anathème. Il doit également être éloigné du lieu où il résidait autrefois [501 û pour ne pas induire les fidèles en erreur.

Can. 9. Si un prêtre célèbre quelque part sans la permission de Tévêque [agenda volucriL celebrare), il sera déchu de sa dignité.

Can. 10. Un évêque ne peut être déposé que par douze évêques, un prêtre par six, et un diacre par trois évêques en y comprenant le sien propre.

Can. 11. Aucun évêque ne doit empiéter sur un diocèse étranger.

Can. 12. On ne doit instituer aucun évèque sans l'assentiment du primat.

Can. 13. Si un évêque n'observe pas les ordonnances qu'il a luimême signées, il sera exclu (c'est-à-dire déposé) ^.

iOl. Conciles à Rome et à Milan en 390.

Ces conciles ont été célébrés à l'occasion de Jovinien et de ses erreurs. Ce Jovinien était moine ^ : on ne sait s'il a résidé à Milan

1. Baroniiis et Juslel ont attaqué l'autlienticité de ce concile ; mais Pierre de Marca, De veleri collcct. canon., c. 5, n. 2 sq., et Pagi, Critica, ad annum 387, 11. 26, l'ont dclendue.

2. Baronins, Annales, 1591, ad ami. 390, n. 35-05 ; II. Belliiig, Ucbcr .hvinian, dans Zeitschrift fïir Kirchengeschichte, 1888, t. i.\, p. 391-404 ; C. E. Fahlcrantz, De Jtn'iniani Ecclesiam reform. studio, in-4, Upsal-Holniia?, 1833 ;

Page 1