‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 57 sur 407 · CONCILES A HOME ET A MILAN · texte numérisé non relu

CONCILES A HOME ET A MILAN

OU ailleurs ; pendant longtemps il pratiqua un ascétisme sévère, mais vers Tan 388, il prolessa sur les bonnes œuvres les opinions que Luther devait émettre plus tard. D'après lui, a) la virginité, la viduité ou l'état de mariage étaient également méritoires ; b) le jeûne n'était pas plus méritoire que le manger, pourvu que Ton rendit grâces à Dieu ; c) tous ceux <[ui. avec une foi complète, étaient régénérés par le baptême ne pouvaient plus être dominés par le démon ; d) tous ceux qui avaient gardé la grâce après leur baptême, devaient recevoir dans le ciel une récompense identique, 51] car il'après Jovinien, il n'y avait pas de degrés dans la vertu; c) Marie avait conçu le Christ comme vierge, mais elle ne l'avait pas enfanté en cette qualité, renrantcmcnt ayant aboli sa virginité, autrement il faudrait dire avec les manichéens que le corps du Christ n'était pas réel mais apparent. En conséquence il accusait les orthodoxes de manichéisme et de docétisme.

Conformant sa vie à ses principes, Jovinien abandonna l'ascétisme et se livra à la débauche, cherchant à répandre ses erreurs par les livres et par le prosélytisme. Dans ce but, il vint à Rome sous le pape Sirice, et prêcha le mariage à des vierges consacrées ainsi qu'à des ascètes : aux uns et aux autres il demandait : « Valez-vous mieux c[ue Sara, Suzanne, Anne et les autres saintes femmes et saints personnages de la Bible" ? »

11 ne put gagner aucun prêtre, et il arriva même que plusieurs laïques de distinction, eu particulier Pammachius, que nous connaissons par les lettres de saint Jérôme, lui firent une vive opposition et demandèrent au pape Sirice sa condamnation comme hérétique. Sirice réunit son clergé en 390, déclara la doctrine de Jovinien en opposition avec les lois chrétiennes, et, par conséquent, ses principaux partisans , c'est-à-dire Jovinien, Auxence, Genialis, Germinalor, Félix, Plautin, INIartien, Janvier et Ingeniosus, condamnés et chassés de l'Eglise par sentence divine et jugement du concile. Aussitôt après, le pape envoya deux prêtres, Crescens et

W. Hallcr, Jovinianiis, die Fragmente seiner Schriften die, Quellen zii seiner Geschichte, sein Leben und seine Lehre, zusanunengeslellt, erlâutert und ini Zu' sanimenhange dargeslellt, dans Texte und Untersnchungen d , Gescfi. d. altclirisll. Litcvatui\ in-H, Leipzig, 1897 ; cf. Hislor. Jahrh., t. xix, p. 151-152 ; G. Lindner, De Joviniano et Vigila/itio purioris doctrinx IV et X sxc. antesignanis dissert, hist.-theologic, in-8, Lipsiœ, 1839 ; Tillcmont, Mcni. liist. ecclés., in-4, Paris, 1705, t. X, p. 224-229, 753 ; H. Lccicicq, 1.^ Espagne chrétienne, iii-12, Paris, 1906, p. 210. (H. L.)

Alexandre, porter les conclusions à Milan, à saint Ambroise, adversaire zélé de Jovinien, pour l'engager à souscrire à ce qui s'était faiti.

Saint Ambroise réunit à Milan un concile provincial. La lettre synodale qui s'est conservée, et qui est très probablement l'œuvre de saint Ambroise, louait le pape du soin qu'il prenait des intérêts de l'Eglise, exposait brièvement les erreurs des joviniens^ y opposait la doctrine orthodoxe et anathématisait les personnes déjà condamnées à Rome 2.

Ce concile de Milan est probal)lement le même qui se prononça contre les ithaciens et rejeta révoque Félix qu'ils avaient élevé sur le siège de Trêves, d'accord en cela avec le pape Siricc. Nous [52] ne possédons pas les pièces originales de cette affaire ; mais le 6° canon du synode de Turin tenu quelque temps après parle des édits lancés par saint Ambroise et le pape contre Félix -^ .

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