CONCILE DE NIMES
diacre de Carthage, connu par sa collection des canons faite au vi" siècle, nous a laissé ([uelques autres prétendus canons du con- 161] cile d'Hippone ^.
liO. Concile de Nîmes en 394.
[Nous avons remplacé la notice incomplète du texte par une exposition plus complète qu'on trouvera en note '^. (II. L.)]
1. Jusicl, liihlioth. juris canonici, t. i, p. 449-451 ; 45'». Au siijpl des canons du concile d Hipponc de i27 voira 1 Appeutiice de ce tome. (H. L.)
2. Snlpice-Sc'vère, [Dinlog., 1. Il, c. xv, Mansi, I. m, col. 685, rapporte ce qui suit : « t II (.oncile se icnail à Niuics. Suint Marliii nui ii';iviill pas voulu s'y rendre, désirait néanmoins beaucoup en counailie l'issue. Or, durant un voyage qu'il faisait en com|)agnie de Sulpire-Sé\ère. tandis qu'il était assis, seul, à l'arrière de la barque, un ange lui révéla ce qui s'elail passé au concile de Nîmes ; dans la suite, nous nous assurâmes que le jour où le concile s'était assemblé et les décrets qu'il a\;iil portés étaient bien ceux que l'ange lui avait révélés. > On a cru longtemps ei jusqu'à nos jours que c'était là tout ce que nous connaissions du concile de ISîmes. Conc. regin, 164'i, t. m, col. 455 ; Lalande, Coitcilia Gallise, Hj60, p. 12; Labbe, Concilia, 1671, t. ii, col. lO'iO ; Hai-douin. Coll. cnncil., t. i, index ; D. Rivet, Histoire littér. de la France^ 1733, t. I, part 2, p. 264-266 ; Coleli, 6'ortc//m, ,1728, t. ii, col. 1239 ; Ignace Rodeiic, Correspondance des savants, in-12, Cologne, 174o, t. i, léimprimée en 1746 dans la « Collection des livres de théologie ancienne et nouvelle, » publiée à Leip/.ig (cf. Walch, Historié der Kirchenversamnilungen^ p. 233) ; Mansi, Concil. ampliss. coll., 1759, t. m, col. 685 ; Kunst, dans Bulletin de la société de l'histoire de France, 1839 ; Freiburger Zeiischrift fur Théologie, 18h4, t. xi, p. 465 sq. ; L. Lévêque, Le concile de Nimes et saint Féb.r. évéqnc de cette ville à la fin du IV^ siècle, d'après un document récemment publié, in-8, Nîmes, 1870; et. Noite, dans Theologischcs Literatundatt, 1870, n. 23 ; Hefele. Conciliengeschiclite, 1875, i. ii, p. 61-6Ô ; L. Lévéqne, Le concile de Nimcs à la /in du IV^ siècle, dans la Revue des Qucst. hisiorufues, 1881, i.xxx, p» 5V.'-561. l-e texte des actes publié par Roderie en 1743 passai si bien inaperçu qu en 1839, Knusl le découvrit de nouveau dans un manuscrit de D.irmstadt, du vi" siècle, et Hefele à son tour ne signale celle deuxième publication que dans la deuxième édition de son Histoire des conciles. La date et les circonstances qui amenèrent la convocation flu concile de Nîmes peuvent être aujourd'hui éclaircies. Les auteurs de L'art de 'vérifier les dates plaçaient le coin ile on 389, quelques critiques s'avançaient jusqu'en 393 et même plus loin. Saint Ambroise, dans l'oraison funèbre de Valentinien II, paiie d'un concile qui de\ait se tenir vers l'époque où ce prince fut tué par Arbogast (392). L ajournement de cette assemblée semble indiqué par les circonslauces t]iii suivirent l'assassinat. L'usurpateur Eugène rétablit le paganisme eu Gaule et les évêques de cette province ne durent guère avoir le loisir de s éloigner de leurs diocèses. Ce
Nous reproduisons le texte complet de ces actes, qui ne se trouvent dans aucune collection de canons.
Incipit sancta synodns qiiœ convenit in civitatein Nemaiisensem, [62] kal. octobris, dominis Arcadio et Honorio Angustis consulibus.
Episcopis per Gallias et septem proçincias salutem. Cum ad Nemausensem Ecclesiam, ad tollenda Ecclesiarum scandala diseessionemque sanandam ^ pacis studio venissemus^ multa iitilitati congriia, secundum regulam disciplinse , placuit provideri.
I. In primis quia multi, de ultimis Orientis partibus venientes '^,
n'est qu'en 394, au printemps, que Théodose mil eu déroute, près d'Aquih'e, l'armée d'Eugène et d'Arbogiist et la suscriplion fixe la réunion du concile nu 1er octobre de cette même année, c'est-à-dire sous le consulat d'Arcadius et Honorius. Ces deux princes lurent consuls ensemble en 394, 396 et 402. Cette dernière date doit être écartée puisque, en 402, saint Martin était mort depuis cinq ans, celle de 396 n'est pas recevable puisque lamenlion du consulat n'est pas accompagnée de iteniiii, il ne peut donc s'ngir que de l'année 394. Le concile de Nîmes fut national. La lettre synodale est adressée à tous les cvêques des Gaules et des Sepl-Provinces (|ui sont : les Alpes-maritimes, la Viennoise, les deux ÎVarbonnaises, les deux Aquitaines et la Novempopulanie. Les signatures des évêques, bien qu'elles ne soient pas accompagnées de la mention des sièges épiscopaux, ne permettent pas de douter néanmoins qu'ils lussent venus de toutes les parties de la Gaule. Le concile nous fait connaître le motif de sa convocation et l'objet de ses délibérations : ad tollenda Ecclesiarum scandala discessionenique sanandam. Il s'agissait de l'Itérésie des priscillianistes et du schisme des partisans d'Ilhace et de Félix de Trêves. On s'expli<|ue ainsi sans peine l'intérêt que saint Martin port;iit au concile de Nîmes qui lui rappelait les choses et les hommes du concile de Trêves. Après avoir rompu avec les ithaciens, jjeut-èlre avait-il Iravaillé par lui-même ou par son collègue saint Ambroise à éclairer sur leur compte le pape Sirice. Quoiqu'il en soit de la date de condamnation des schismati(]ues par les deux évêques et par le jiape, le concile de Nîmes avait pour objet de mettre fin à lu division qui séparait en deux partis les évêques de la Gaule. La convocation adressée à saint Martin et à saint Ambroise — qui refu.^èreut de s'y rendre — montre cjue le concile était résolu à entendre les partis adverses, peut-être avait-il même quelque attrait marqué pour les martinicns. Ce concile fut l'honorable revanche de l'épiscopal gaulois contre les principes abusifs qui avaient introduit, à propos de Priscillien, une application nouvelle et l'éruce du droit, la tradition de l'hérétique condamné au bras séculier. Déjà des protestations s'étaient fait entendre, cf. H. Leclercq, L'Espagne chrétienne, p. 182-185. Les ithaciens comprirent l'impossibilité de faire triomfiher leurs maximes cruelles et nous les verrons, au concile de Turiu, envoyer des députés chargés de préparer leur retour à la communion des martiniens. (H. L.)