LES CONCILES DE CARIUACE
mois d'août. On trouve quelques renseignements sur le premier de ces deux conciles dans le C'odr.i cdnoiuim Ecclesiir africancc, entre
ordinaverunt, sed et de aliis qui itiin murtiii fuemnt iriterlocuti sunt, suhjungendu/n esse curavi, ut ex his clarius ostendatur mortiins in jxice Ecclesix nuinifitain licuisse damnari [C'csl la thèse de Pelage). Ita enim se hahent : c Tlieonhilus episcopus Alexandrinx Ecclesioe dixit : « Si post mortern depositiis est non judicaliis Palladius, ntilla jiista defuticto facta videtur injuria. Si\e enim bene \-ixit, si\e non, presens dehuit respondere. Sed quia jam translatio ejus ad illud setulum facta est et hamanum leddidit debituni, de eo qui obiit nullus sermo est. Paint enim rationein Deo de his qux hic gessit. »
Item alia inlerlocutio ejus ad Arabianuni episcopum Ancyranuni missa, qui prius synodaliter denuntiavi poscebat si liceret aut subtilitas canonwn paleretur ut duo episcopi depositionem facere cujus quant episcupi passent. Cui ad hxc respondere sanctus Theophilus paululum differens, sic inlerlocutus est : « Quia canonicx subtililalis meministi, régula non habet ut qui non sunt vivi addicti post morteni judicentur. » Item alia interlocutio ad eos missa qui Palladio [et] Cyrillo mortuis calumnias inferebant. Theophilus episcopus dixit : « ffse voces nulluni prxjuditium mortuis inférant. Si enim viventes adjudicati essent, juste utiifuc forsitan et a sinodo sustinei eut sententiam condcninationis. Quia vero post morteni i/tsorum indignatio processit, nulla ratio permittit inexaminate eos qui precesserunt adjudicari » Item interlocutio sanctx mémorise Nectarii Constantinopolitani episcopi: « Nectarius episcopus dixit: « Nihil nocuit praevaricatio tune facta, quoniam et patientiam sanctx Ecclesise demonstravit et indispositam atque variam Arabiani ordinationem. Nequc enim mortui judicari possunt, neque rursus quisuperordinayerunt, propter quod sint defuncti. » Item interlocutio sancti Theophili Alexandrini et ad id unde jam inlerlocutus fuerat superius et ad illud quod Arabianus episcopus requirebut eniissa. Theophilus episcopus dixit : « Nunquam vox niea apparet quia vel justa vel injusta facta sit depositio, sed quia ad\'ersus obeuntes non est possibile indignationis proferre sententiam, quoniam non sunt présentes adjudicati. Si autem de futuro trac/et aliquis qui debeant deponere, videtur mihi non solum très présentes esse oporlere, sed, si possibile est, onines proi'inciales, ut ex multorum sententia subtilior condemnatio ejus qui deponi dignus est demops' tretur, présente eliani eo qui judicatur. » Par ce fragment nous apprenons que les Pères du concile de 39t étaient au nombre de trente-sept, alors que le protocole connu n'en nommait que vingt parleurs noms, tout en marquant expressément qu il y eu avait d'autres. I, es noms des deux évéques qui déposèrent celui de Boslra, nous parvieimenl aussi, ce sont Pallude et Cyrille. Ce dernier, au dire de M. Duchesne, pourrait bien être Cyrille de Jérusalem qui mourut en 386, après une carrière très agitée et très disputée. Dans les fragments conservés, soit par Balsamoii, soit par Pelage, on voit (jup les prélats réunis à Constantinople pour juger cette affaire avaient à défendre Cyrille et Pallade contre les efforts que certains de leurs collègues faisaient pour obtenir une condamnation de leur mémoire. C est précisément ce détail de 1 aliaire que le.s deux excerpteurs ont voulu mettre en relief ; quant au fond, comme il n'avait aucun intérêt à leurs yeux, ils l'ont complètement négligé. Aussi ne savons-nous pas avec certitude aui]uel des deux prétendants le concile donna raison, bien qu'il soit facile de voii' (jue
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les numéros 56 et 57. Le concile se tint, vi kalendas julias, sous les consuls Cesarius et Atticus ; il interdit aux évêques les voyages sur mer, à moins d'être munis de litterse formalse du primat ^.
Nous possédons en revanche les actes du IIP concile de Carthage célébré le 28 août 397. Conformément à l'ordonnance du concile d'Hippone, l'ouverture en était fixée au 23 août, mais, à cause du retard de quelques membres, elle fut différée de quelques jours 2. Les députés de la Maurétanie Siti/ienne,ye\és de cette prorogation, déclarèrent ne pouvoir prolonger leur séjour, (^.omme eux les évêques de la Byzacène, ayant à leur tête Musone ou Mizone, étaient arrivés beaucoup trop tôt ; dès les ides du mois d'août, ils se réunirent sous la présidence d'Aurèle de Carthage, et tinrent une réunion préliminaire dans laquelle ils rédigèrent le breviaj^um analysé plus haut des décisions du concile d'Hippone, et ils le firent suivre d'une lettre qui fut adressée en commun par Aurèle et les évêques au concile plénier des Églises d'Afrique ^.
les sentiments de l'assemblée se prononçaient en faveur de Bagadius. En dernier résultat la déposition fut reconnue irrégulière, et les Pères déclarèrent que désormais nul évêque ne pourrait être déposé, sinon par un synode composé de tous les évêques de la province. Balsamon, P. G., t. cxxxviii, col. 449. Cf. Baronius, Annales, ad ann. 394, n. 25-31 ; Coll. regia, t. m, col. 458 ; Labbe, Concilia, t. ii, col. 1151-1154; Hardouin, Coll. conciL, t. i, col. 955; Coleti, Concilia, t. u, col. 1376 ; Mansi, ConciL ampliss. coll., t. m, col. 851. (H. L.)
1. Mansi, op, cit., t. m, col. 752; Hardouin, op, cit., t. i, col. 894 ; [Tillemont, Mém. hist, ecclés., 1710, t. xiix, p. 979, note 25 : sur le concile du 26 juin 397. (H. L.)]
2. Voyez la suscription et les quelques mots d'introduction à ce synode dans le Codex canonum Ecclesiae africanœ, entre c. 33 et 34. Mansi, op. cit., t. m, col. 733 : Hardouin, t. i, col. 882.
3. 11 est faux que cette lettre n'ait été adressée qu'aux évêques de la province de Byzacène qui étaient restés chez eux, et de même on ne saurait souscrire aux objections déduites par Hardouin contre l'authenticité de cette lettre, parce qu'elle a été signée également pat- Aurèle. Cf. Ballerini, dans S. Leonis, Opéra, t. m, p. lxxx, n. 2, et p. 87, n. 12. Voyez aussi sur ce synode. Van Espen, Commentât', in canones, Colonise, 1755, p. 325 [Baronius, Annales, ad ann. 397, n. 54-65 ; Pagi, Critica, n. 24-31, 33-34 ; Coll. regia, t. ni, col. 481 ; Labbe, Concilia, t. ii, col. 1165-1190, 1641-1642, 1055-1068; Emm. a Schelslraate, Eccles. africana, in-4, Parisiis, 1679, p. 193-209 ; Hardouin, ConciL coll., t. i, col. 397 ; Tillemont, Mém, hist. ecclés., 1710, t. xiii, p. 302-308, 978-981 ; Coleti, Concilia, t. n, col. 1397, 1415; Mansi, Supplem,, t. i, col. 254; ConciL ampliss. coll., t. m, col. 867.
La date du concile flotte entre le 28 août et le le"" septembre ; cette dernière date était ordinairement adoptée et elle conviendiait mieux, mais ici elle est moins autorisée. Le concile comptait quarante-quatre évêques dont les noms