Canon
sujet de l'institution et du sacre des autres évêques, et reconnaît son droit de faire passer, pour le bien de l'Eglise, des clercs d'un diocèse dans un autre.
A la fin des actes, se trouvent les signatures de quarante-trois [68| évêques, parmi lesquelles celle de saint Augustin ; le texte de ces actes a été rétabli par les Ballerini ^, et Mansi a inséré ce texte amélioré dans sa Collection ^.
On a attribué cent quatre canons (Baluze a même dit cent cinq) au IV^ concile tenu à Carthage en 398 et auquel auraient assisté deux cent quatorze évêques ; ces canons avec un certain nombre de signatures d'évêques africains, ont été insérés dans l'ancienne collection espagnole [Hispanci] dans celle du pseudo-Isidore, dans Hardouin et Mansi. Christophe Justel et d'autres savants se sont demandés si ce concile avait eu lieu. Les Ballerini ont prouvé * que les anciens manuscrits n'attribuent à aucun concile de Carthage la collection de ces cent quatre canons, mais se contentent de leur donner le titre général de Statuta Ecclesiœ antiqua, ou un titre semblable. En outre, ces anciens manuscrits donnent les canons dans un autre ordre, qui, ainsi que les Ballerini l'ont prouvé, est l'ordre primitif, tandis que la collection espagnole a distribué les canons plutôt par ordre de matière ^. Le résultat des recherches des Ballerini tend à prouver que ces cent quatre canons sont anciens, mais que la suscription qui les attribue à un concile de Carthage, tenu en 398, est apocryphe. Un concile qui aurait compté deux cent quatorze évêques aurait été l'un des plus importants conciles de l'Afrique, et cependant les anciens auteurs n'en disent rien à cette année 398. Ni Denys le Petit, ni Ferrand, ni le concile de Carthage, tenu en 525, et qui a renouvelé un si grand nombre d'anciens canons, ne mentionnent ce concile de 398. Abstraction faite de l'argument ex silentio, on a des
1. Dans leur édition de S. Leonis, Opcia, t. m, p. lxix-lxxxvii, Fnchs s'est inspiré des Ballerini dans sa Bihliothek der Kirchenvers., t. m, p. 58 sq.
2. Mansi, op. cit., t. m, col. 916-930. Dans ce même vol., col. 875 sq. Mansi a donné l'autre texte moins exact des actes synodaux. Hardouin n'a donné que ce dernier texte, t. i, p. 959 sq.
3. Baluze avait trouvé ce 105e canon dans un manuscrit d'Urgel. (H. L.)
4. Dans leur édition de S. Leonis, Opéra, t. m, p. lxxxviii, [P. L., t. lvi, col. 87 sq. Cf. Fuc.hs, Bibliothek der Kirchenvers., t. m, p. 95, n. 4r»8 sq., où les cent-cinq canons en question se trouvent traduits ]
5. Les Ballerini ont édité ces cent-quatre canons en suivant l'ordre primitif, op. cit., p. 65 i sq.