‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 81 sur 407 · LES CONCILES DE CARTHAGE · texte numérisé non relu

LES CONCILES DE CARTHAGE

prudenSj si docibilis, si inoribus temperatus, si cita castus, si sobrius, si semper suis nei;otiis cavens, si httmilis, si affabilis, si inisericors^si /ilerotus, si in h'ij^e doniini instriictiis, si in scripturaruni sensibus canins, si in doi^malibus ecclesiasticis exercitatus : et ante oninia, si fidei documenta verbis siniplicibus alJ'erat, id est Patreni et Filiurn et Spi/ituni Sancliu/i, iinuni Deuni esse confirinans, totamtiue Trinitatis deitatemcoessentialem, et consubstantialeni et coœterna/em,etcoomnifwtentem pnedicans, si sin^ularem (juamque in Trinitate personani

des poloiniques soulevées par 1 hérésie de Priscillien. L'expausion que cette erreur avait eu eu Gaule explique suflisamuient la préoccupation qu'on lui porte à Arles. Les priscilliauisles niaient toute dilTérence entre les trois personnes divines et n admettaient qu une diticreuce de noms ; les Statuta réclament en conséquence du nouvel évèque la reconnaissance c que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont qu nu seul Dieu, que chacune des trois personnes est Dieu, et que les trois personnes ne sont qu'un seul Dieu. > De plus les priscillianistes ensei^aieut « qu'il y a quelque chose qui s'étend au delà de la Trinité divine ; » les Statuta proclament « que la divinité a, de toute éternité, atteint sa perfection dans la Trinité et que tout accroissement est impossible et inconvenant. > C'est encore 1 indistinction prisciilienne du Père et du Fils dans l'incarnation que frappe le canon 1' quand il dit que ni le l'ère ni le Saint-Esprit, mais le Fils seul s'est fait homme. Les priscilliens déclaraient le Fils innascibilis ; le symbole leur répoud : < Le même qui a été de toute éternité le Fils de Dieu, le Père est devenu dans le temps le Fils d une mère humaine, vrai Dieu par sa naissance du Père, vrai homme par sa naissance d'une mère. » Les priscillanistes avançaient que « le Fils de Dieu n avait adopté que la chair et non pas aussi une âme > et a qu'il ny avait qu une seule nature de la divinité et de l'humanité dans le Christ ; j à cela le symbole répoud qu « avec la chair le Fils de Dieu a adopté également dans les entrailles de sa mère une àme humaine et raisonnable, de sorte qu'il y a en lui deux natures, la nature humaine et la nature divine. » Enfin les priscillianistes enseignaient que le monde n'a pas été fait par Di^u, lequel n est pas créateur ; le symbole affirme que le monde a le Christ pour auteur et que c est lui qui avec le Père et le Saint-Esprit gouverne toutes choses. Eu regard, le symbole accentue que le Christ a réellement souffert dans sa chair, qu il est mort effectivement, qu il a ressuscité en reprenant son àme et qu'il viendra un jour juger tous les hommes. Les priscillianistes professaient d autres erreurs, ils soulenaieut qu on ne pouvait considérer comme canoniques que les écrits portant les noms des douze patriarches, que le démon était, de sa nature, mauvais, ils niaient la résurrection des corps, la bonté du mariage et 1 usage de la viande. Le symbole leur répoud ainsi : c que l'Ancien et le INouveau lestameut n'ont qu un auteur, Dieu ; que le démon est mauvais, non pas de sa nature, mais eu suite d'un acte libre de sa volonté, que nos corps ressusciteront, que le mariage n'est pas à réprouver, que les secondes noces ne sont pas condamnables et tjue 1 usage de la viande n'est pas défendu. » Enfin, on peut encore considérer comme une réfutation du priscillianisme l'affirmation suivante ilu symbole : ( Par le baptême tous les péchés sont remis, le péché originel aussi bien que les pèches personnels. » ^H. L.)

plénum Deum : siincarnationem divinam nonin Paire neque in Spiritu sancto faclam, sed in filio tanlum credat, ut qui erat in divinitate Dei Patris Filius, ipse fieret in homine hominis matris Fi/ius, Deus çerus ex Pâtre, homo verus ex matre, carnem ex matris visceribus habens, et animam humanam rationalem, simul in eo ambse naturae id est, Deus et homo, una personna, unus Filius, unus Christus, unus dominus creator omnium quse sunt, et auctor, et dominus, et rector cum Pâtre et Spiritu sancto, omnium creaturarum : qui passus sit vera carnis passione, mortuus s>era corpo/'is sui morte : resurrexit çera carnis suœ resurrectione, et vera animée resumptione, in qua çeniet judicare vivos et mortuos. Quœrendum etiam ab eo, si Novi et Veteris Testamenti, id est, legis et prophetarum^et Apostolorumunum eumdemque credat auctorem et Deum : si diabolus nonper conditionem^ sed per arbitrium factus sit malus. Quœrendum etiam ab eo, si credat hiijus quam gestamus, et non alterius, carnis resurrectionem : si credat judicium futurum et recepturos singulos pro his quœ in carne gesserunt, vel pœnas, ç>el gloriam : si nuptias non improbet, si secunda matrimonia non damnet, si carnium perceptionem non culpet, [70J si pœnitentibus reconciliatis communicet, si in baptismo omnia peccata, id est, tam illud originale contractum, quam illa quse voluntarie admissa sunt, dimittantur : si extra Ecclesiamcatholicam nullus salçetur. Cum in his omnibus examinatus, im^entus fuerit plene instructus, cum consensu clericorum et laicorum, et conventus totius provinciœ episcoporum, maximeque metropolitani vel auctoritate vel prœsentia ordinetur episcopus . Suscepto in nomine Christi episcopatu, non suœ delectioni, nec suis motibus, sed his patrum dif'/initionibus acquiesçât. In cujus ordinatio ne etiam setas requiratur, quam sancti patres in prœeligendis episcopis constituer uni. Dehinc disponitur, qualiter ecclesiastica officia ordinantur.

2. Episcopus cum ordinatur, duo episcopi ponant et teneant evangeliorum codicem super caput et cervicem ejus et uno super cum fundente benedictione, reliqui omnes episcopi, qui adsunt, manibus suis caput ejus tangent ^.

1. Les cauons 2-10 concernent les ordinations. Le livre II du De officis ecclesiaslicis de saint Isidore contient un abrégé qui concorde avec les indications des Statutd. Le Sacramentariuin Gelasianuin et le Alissale Francorum renferment tous deux les cérémonies prescrites par les StatiUa et les formules romaines avec d'autres formules les unes incompatibles, les autres presque identiques aux formules romaines. Mais ceci n'a lieu que pour les trois ordres supérieurs, pour les cinq ordres mineurs c'est le contraire. Les cérémonies prescrites par les Slatula et contenues dans les deux livres liturgiques sont

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3. Presùi/ter ciun ordinalnr, episcopo euni Lenedicente, et nianum super capiit ejus tenente, etiam onines presbyteri qui pnesentes sunl, inanus suas ju.ita luaniun episcopi super caput illius teneanl *.

■i. Diaconus cuiii ardindlur, sulus episcopus, (jiii cum bcnedicit, manum super caput illius ponat : <ptia non ad sacerdotiuni, sed ad niinisteriuni consecratur ^.

oiiticremcnt dilléreutes de celles que nous Irouvous d;ius la liturgie romaine. Le rite de la cousécraliou ëpiscopale décrit par le canon 2' consiste dans le prononcé de la fornnilc [)ar le consécrateur sur l'élu, tandis que deux évêques assistants tieniuiit le li\ie des Evangiles sur la Ide du récipiendaire et que tous les évêques présents touchent de leurs mains la tête de celui-ci. Cette règle qui est en vigueur chez les Grecs est très ancienne, mais n'est pas une condition de validité (Beuoît XIV, De synod. diu'C, 1. XIII, c. xiii, n. 2). Quant à l'imposition ilu livre, elle est également très ancienne chez les Grecs comme chez les Latins (Hallier, De sacris ordinationibus et electionibus, part, m, sect. viii, c. IX, n. 3). L irjposition des mains par contact n'existe pas chez les Grecs ni dans les liturgies latines les plus anciennes. C'est une addition relativement récente. Le rite fondamental de la consécration épiscopale au ive siècle consistait, dans l'Eglise gallicane et en général dans l'Eglise latine ainsi que chez les Grecs, dans la prière eucharistique, analogue à la préface de la messe, que le consécrateur récitait en tenant les mains étendues sur l'élu. Les paroles de cette préface sont identiques dans le Missaie Francorum et dans la liturgie romaine. D'après L. Duchesue, Origines du culte chrétien, p. 375, il est probable qu il ne s est pas conservé de formule gallicane de cette partie de la cérémonie. Le canon 2e ne mentionne pas l'onction des mains ni celle de la tète de lélu ; ce rite paraît ignoré des Grecs et de l'ancienne liturgie romaine représentée par le sacramentaire Léonien [P. L., t. lv, col. 113). C'est du rituel gallican que l'onction et la formule correspondante ont passé dans le pontillcal romain, on les trouve en effet dans le Missaie Francorum. Comment expliquer dès lors que les Statuta antiqua, qui contiennent la pure liturgie gallicane, passent l'onction sous silence ? C'est, sans doute, que l'usage de l'ouction ne s'est introduit ou généralisé dans laliturgie gallicane que postérieuremenlau vi* siècle. (Duchesue, up. cit., p. 370, note.) (H. L.)

1. Dans l'ordination du prêtre, l'évêque tiendra la main étendue sur la tète de 1 ordiuand et le bénira, tous les prêtres présents tiendront la mkuu étendue à côté de celle de 1 évéque sur la tête de l'ordinand. L'onction et la seconde imposition des mains sous la formule : Accipe Spiritutn sanctum^ quorum reniiseris ne sont pas anciennes, il n en est pas fait mention dans les liturgies romaine ou gallicane primitives. Dans le rite gallican, la « bénédiction » do 1 ordiuand se faisait uniquement })ar la prière à laquelle répond mol à mot celle du pontifical : l'eus sanctijrum omnium, etc. A ce moment l'évêque et les prêtres étendaient la main sur l'or :inaud. Dans le Missaie Francorum, on trouve la préface romaine Deus honurum (jui est une addition étrangère au rite gallican. (11. L.)

2. Dans le rite d'ordination diaconale, lévêque seul placera la main sur la tête de l'ordinand. Nous retrouvons ici entre le rite lomain et le gallican une divergence analogue à celle (jue nous vt nous de signaler pour lurdiuation près-

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5. Subdiaconus cum ordinatur, quia manus irnpositionem non accipit, patenam de episcopi manu accipiat vacuam et calicem çacuum. De manu vero archidiaconi, urceolum cum aqua, etmantile, et manuter giu m ^.

6. Acolythus cum ordinatur , ah episcopo quidem doccetur, qualiter in officio suo agere debeat. Sed ab archidiacono accipiat ceroferarium cum cereo, ut sciât se ad accendenda ecclesiœ luminaria mancipari. Accipiat et urceolum vacuum^ ad suggerendum vinum in eucharistiam sanguinis Christi ^.

7. Exorcista cum ordinatur, accipiat de manu episcopi libellum, in quo scripti sunt exorcismi, dicente sibi episcopo : Accipe et com-menda mémorise et habeto potestatem imponendi manus super energumenum, siçe baptizatum, sive catechumenum •^.

bytérale. Dans la forme pure de la liturgie gallicane, la prière finale, conservée dans le Pontifical, Z>om/«e sancte, récité par l'évèque la main étendue sur l'ordinand constituait toute l'ordination du diaconat. Le Missale Francorum a. ïiccneiWi d'après la liturgie romaine la préface, le canon consécratoire et les autres prières. Le statut 4e a fourni an pontifical romain la rubrique intercalée dans la préface à l'endroit où l'évèque s'interrompt pour dire : Accipe. Ce sont les mots suivants .• quia diaconus ad ministerium non ad sacerdotium sed ad ministerium consecratur. Dans les livres liturgiques romains les plus anciens, la préface ne présente aucune interruption. (H. L.)

1. Ce canon et les qiKitre suivants ont trait au sous-diaconat et aux quatre ordres mineurs, les mêmes et dans le même ordre que dans le pontifical. Toutes ces ordinations s'accomplissent par la porrection des instruments avec les paroles correspondantes. Ces paroles sont identiques à celles du pontifical romain. Dans le Missale Francorum., chacune de ces ordinations se termine par une bénédiction ou prière spéciale qui figure également, ordinairement sans modifications, dans le pontifical. Duchesne, op. cit.., p. o64 sq. Quant aux allocutions qui précèdent, dans le pontifical, ces diverses ordinations, aucune, sauf celle du sous-diaconat, n'existe dans les manuscrits parvenus jusqu'à nous ; elles paraissent très anciennes (Duchesne, op. cit., p. 365). Avant la porrection des instruments au sous-diacre, l'évèque lui adressait une allocution dont le Missale Fiancoriim a conservé le texte qui forme une partie de celui qu'on lit dans le pontifical romain. (H. L )

2. L'ordre d'acolyte ne paraît pas avoir été en usage partout dans les pays du rite gallican (Duchesne, op. cit., p. 366). A Reims, au v' siècle, il n'y en avait pas, mais on peut conjecturer qu'il n'en était pas de même à Arles. Dans le Missale Francorum, l'ordre d'acolyte est intercalé entre celui des portiers et des lecteurs et il est le seul pour lequel les Statuta ne donnent pas distinctement la formule de tradition des ins-truments, cf. H. Leclercq, dans le Dictionn. d'arch. chrét. et de liturg. t. ii, col. 348-356. (H. L.)

3. T,a formule est celle du pontifical romain : Accipe et commcnda mémorise (H. L.)

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