LES ACTES DU CONCILE ET LEUR TRADUCTION
Théodose II et Marcien (nous nous sommes nous-même presque exclusivement servi de ces documents pour écrire l'histoire préliminaire du concile de Chalcédoine) ; 2° les protocoles des sessions de Chalcédoine, avec beaucoup d'autres documents additionnels lus au cours de ces sessions ; tels furent, par exemple, les procès-verbaux du concile tenu sous Flavien en 448 et ceux du Brigandage d'Ephèse ; 3° les documents relatifs à l'époque qui a suivi le concile de Chalcédoine et la confirmation du concile. Mansi a inséré dans cette troisième partie une collection de lettres connue sous le nom de Codex encyclius, et formant un appendice aux actes synodaux. Nous reviendrons plus loin avec détails sur ce Codex encyclius. Dans leur édition de S. Leonis magni Opéra, les Ballerini ont inséré quelques autres pièces ayant trait au concile de Chalcédoine (t. i, col 1491 sq. ; t. n, col. 1223 sq. ; t. m, col. 213 sq., 548), et Mansi, op. cit., t. vu, col. 773 sq., les a reproduites.
On ne sait s'il y eut jamais une collection officielle de ces actes et, en particulier, des documents principaux et des procès-verbaux du concile. Baluze et d'autres historiens l'ont nié et croient que les évoques les plus importants ayant chacun leurs notaires, ce qui est exact, ont dû se faire une collection à leur guise. Cette supposi- [415] tion de l'existence de plusieurs collections différentes les unes des autres et n'ayant qu'un caractère semi-officiel expliquerait bien les variantes constatées dans la manière de compter les sessions, selon que l'on consulte les divers manuscrits.
Cette explication ingénieuse soulève de sérieuses objections : 1° Tous ces exemplaires renferment un texte unique, ce qui n'aurait pas eu lieu s'ils avaient été composés par des écrivains prenant à part et rapidement des notes ; 2° La variété qui existe entre le placement des documents intercalés n'a pu avoir lieu à l'origine, elle ne peut s'expliquer que par la faute de copistes récents ; 3° Dans la lettre au pape Léon, le concile dit qu'il a communiqué au pape, pour avoir son approbation, wSaav tyjv Suvajuv tgW rsTupav^vcov i. Ce texte suppose qu'il y a eu une collection officielle des actes ; il paraîtrait cependant qu'elle n'était pas complète, car peu de temps après, au mois de mats 453, Léon chargea Julien, évoque de Cos, son nonce à Constantinople, de réunir une collection complète des
1. S. Léon, Opéra, édit. Balle.-ini, I. i, p. 1099;/». /.., t. i.iv, col. 958; Hafdouin, Coll. concil., t. n, col. 659 ; Mausi, Conc. ampliss. coll., I. vi, col. 155.
actes synodaux et de la traduire en latin 1. Cette recommandation du pape prouve qu'il songeait à posséder une collection officielle.
La plupart de ces actes du concile de Chalcédoine, en particulier les procès-verbaux des sessions, sont rédigés en grec; d'autres documents ont été lédigés en grec et en latin, par exemple les lettres impériales, d'autres enfin, comme les lettres du pape, n'ont été rédigés qu'en latin. Tous les documents grecs ont été traduits en latin, et beaucoup de documents latins ont été traduits en grec. Ces traductions sont très anciennes, quelquesunes ont été faites par le concile lui-même. Seule la traduction latine des négociations au sujet de Carausus et de Photius (ive session) a été faite par les éditeurs romains de l'année 1608. Ces anciennes traductions latines nous ont conservé quelques fragments des actes du concile perdus dans l'original grec, par exemple ce qui concerne Domnus d'Antioche à la fin de la xe session, et la confirmation, dans la xivc session, du traité conclu entre le patriarche d'Antioche et celui de Jérusalem. Ces anciennes versions latines, conservées dans de bons manuscrits, permettent en outre de corriger ça et là les fautes du texte grec. Elles ont été imprimées bien avant le texte grec des actes synodaux; elles ont été données d'une manière plus ou moins complète par Merlin, Crabbe, Surins, Nicolinus et Séverin Binius. Les savants éditeurs romains de l'année 1608, et en particulier le célèbre P. Sirmond, ont été les premiers à publier le texte grec des actes de Chalcédoine qui, de cette édition, a passé dans toutes les éditions postérieures. Dans quelques-unes de ces collections plus récentes, on a utilisé des manuscrits que les éditeurs romains n'avaient pu consulter, en particulier, pour la collection d'Hardouin ; malgré ces travaux, il serait désirable que ce texte grec fût soumis à une nouvelle revision, pour laquelle on pourrait se [4161 servir avec grand profit de manuscrits inutilisés et que Fabricius
1. S. Léon, Epist., cxm, édit. Ballerini, t. i, col. 1194; P. /.., t. liv, col. 1028; Mansi, op. cit., t. vi, col. 220.
2. Sur le Codex Cxsar.n. 57, à Vienne, et sur d'autres codices, ainsi que sur quelques fragments particuliers, cf. Fabricius, Bibliotheca grxca, éd. Harles, t. xn, p. 650. [On trouvera la description des versions du concile de Chalcédoine dans Maassen, Geschichte der Quellen und der Literatur des canonischen Rechts im Abendlande bis zum Aasgange des Mittelalters, in-8, Gratz, 1870, p. 139-145. (H. L.)]