QUINZIÈME SESSION. LES CANONS
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Au sujet de ceux qui enlèvent des femmes, serait-ce même sous prétexte de les épouser, et de ceux qui aident ces ravisseurs et approuvent leur action, le saint concile a décidé que, s'ils étaient clercs, ils devaient perdre leur place, et s'ils étaient laïques, ils devaient être anathématisés.
Voir Corpus juris canonici, caus. XXXVI, q. n, c. 1.
Can. 28.
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missa complenda sint fidèles, solliciti et altenti. A cette même époque, Charles V publie un c*dit ordonnant aux magistrats de prendre connaissance des comptes des fabriciens, dit mal éobservé et révoqué par lettres patentes de Charles IX, du 30 octobre 1571. Au xvi* siècle l'envahissement des laïques est si marqué, qu'en fait, le curé se trouve exclu de l'administration des revenus de son église. Le concile de Mayence, tenu en 1549, intervient pour maintenir le rôle des laïques tout en réservant au curé la place de principal fabricien. (H. L.)
des cent cinquante évêques lu depuis peu (il s'agit du second concile œcuménique), nous avons pris les mêmes résolutions au sujet des privilèges de la très sainte Eglise de Constantinople, la nouvelle Rome. Les Pères ont accordé avec raison au siège de l'ancienne Rome ses privilèges, parce que cette ville était la ville impériale 1. Par le même motif, les cent
1. Les Grecs ont une tendance à mesurer l'importance religieuse d'un siège épiscopal d'après la situation qu'occupe dans l'ordre civil la ville où est placé ce siège. Avant d'être, par un coup de fortune inespérée, devenue Constantinople, la ville de Byzance avait un évêque, simple sufFragant de l'exarque d'Héraclée en Thrace (315-316). La présence de l'empereur à Constanlinople donna en peu de temps à l'évêque une importance considérable, à raison de sa facilité à approcher de la personne du prince, lequel poussait la condescendance jusqu'à lui soumettre la plupart des affaires ecclésiastiques. Ainsi il devint une sorte d'intermédiaire officieux et de négociateur obligé entre l'empereur et les évêques de l'empire. Toutefois cette situation n'avait rien que de précaire puisqu'elle n'était qu'une situation de fait, et que, dans les cérémonies publiques, l'évêque de la ville impériale cédait le pas aux métropolitains et aux exarques. Cette infériorité que venait rappeler chacune des fréquentes cérémonies dont la Cour était le prétexte ou l'occasion, parut bientôt insupportable aux évêques de Constantinople qui ne cessèrent de travailler par tous moyens en vue d'arriver à une suprématie d'abord honorifique, ensuite effective. La Cour ne se montrait pas moins désireuse que les évêques d'élever le rang du siège de Constantinople et cette aide constante, souvent malhonnête, donnée aux entreprises du clergé finira par conduire celui-ci à une attitude d'indépendance tellement caractérisée qu'elle aboutira naturellement à la séparation, au schisme. Celui-ci n'a pas d'autre origine que cette ambition désordonnée et impatiente qui aboutit au concile de Chalcédoine, dans ce 28e canon que nous allons étudier. Nous avons rapporté plus haut les circonstances historiques dans lesquelles ce canon fut porté, en l'absence des légats du pape et l'Eglise de Rome ne le ratifia jamais, c'est ce qui explique qu'il ne figure pas dans plusieurs collections latines, telles que Denys le Petit, la Prisca ; pour la même raison Théodore le lecteur et Jean le scholastique n'attribuent au concile de Chalcédoine que 27 canons.
Le patriarcat de Constantinople, inauguré en 381, s'est démembré par l'effet du vice constitutionnel de sa naissance. On en trouve la raison dans cet axiome imperium sine patriarchâ non staret qui se lit dans une lettre adressée à Innocent III, en 1202, par un roi de Bulgarie ; et cette formule paraît appartenir à la collaboration de Jean, empereurde Constantinople etd'Alexis, patriarchedela même ville. Le sens de cette formule est que chaque Etat indépendant doit être pourvu d'une Eglise indépendante pour laquelle on a adopté les surnoms d'autonome ou à'acéphale. c Au point de vue de l'indépendance ecclésiastique, écrit le baron d'Avril [Les Eglises autonomes et acéphales, b51-1885, dans la Revue des questions historiques , 1895, t. lviii, p. 151), il ne faut attacher aucune importance au titre dont un chef d'Église est qualifié. La qualification a beaucoup varié et n'a pas toujours la même signification. Ainsi dans la Novelle cxxxi, un siècle après le concile de Chalcédoine, l'empereur Justinien appelle simplement