‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 112 sur 544 · QUINZIÈME SESSION. LES CANONS · texte numérisé non relu

QUINZIÈME SESSION. LES CANONS

droits. L'occasion s'en offrit comme d'elle-même. Beaucoup d'évêques, malgré la défense portée par le concile de Sardique, se rendaient continuellement à Constantinople pour traiter diverses affaires ou pour présenter leurs réclamations à l'empereur. Ou celui-ci jugeait lui-même l'affaire, ou bien, et c'était le cas le plus ordinaire, il agissait d'après le conseil de l'évoque de sa résidence. Quelquefois même il renvoyait les parties devant cet évêque et devant son synode. Ce synode, appelé cjvsqo; èvor^ouaa, dont nous avons parlé à plusieurs reprises, se composait des évêques de passage (svgy][j.ouvtg)v) à Constantinople, sous la présidence de l'évêque de cette ville. Parfois ce synode jugea des différends survenus entre des évêques et des métropolitains appartenant à des patriarcats étrangers. Ceci arriva en l'année 448 lorsque Flavien prononça l'anathème contre Eutychès. Cet empiétement anticanonique, tacitement accepté par les parties, passa on usage, avec le temps. >33] Il en résulta que la haute estime dans laquelle on tenait l'évêque de la résidence impériale et son influence à la Cour, firent appeler, dans des cas importants, l'évêque de Constantinople à des conciles tenus en dehors de sa juridiction, par exemple dans l'exarchat de la Thrace. C'était le cas lorsqu'il s'agissait de prévenir des difficultés prévues à l'occasion du choix d'un nouvel évêque, ou bien pour décider au sujet d'une élection douteuse, ou enfin pour déposer les évêques intrus ou indignes. Le 2e canon du concile œcuménique autorisait ces invitations. Lorsque l'évêque de Constantinople assistait ainsi à un concile, il était naturel qu'il le présidât, et on lui abandonnait volontiers l'ordination des évêques nouvellement élus, pour qu'ils trouvassent en lui un protecteur si leur élection venait à être contestée *, Dès la deuxième année qui suit la célébration du second concile œcuménique, en 383, Nectaire de Constantinople juge l'affaire d'un évêque de la Cappadoce, qui, par conséquent, appartenait à l'exarchat de Césarée ; saint Àmbroise s'adresse à ce même Nectaire pour obtenir la déposition de Gerontius, déserteur de l'Église de Milan qui s'était fait sacrer évêque de Nicomédie 2.

1. Tillemont Mçm. hist. ecclés., 1711, t. xv, p. 700 sq. ; Qucsnel, Dissertât, de vita et relus gestis S. Leonis Magni, ad annum 450, n. 5 sq., dans Ballerini, t. n, p. 521 sq. ; P. L., t. lv, col. 273 sq. Ces raisons ont fait soutenir à Van Espen, op. cit., p. 257, que le concile de Chalcédoine avait eu de très bons motifs pour porter son 28e canon.

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