‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 113 sur 544 · Tillemont, op. cit., p · texte numérisé non relu

Tillemont, op. cit., p

Ce qui existait à l'avènement de saint Jean Chrysostome se précisa sous son épiscopat et devint une sorte de règle, si bien que Théodoret a pu dire de lui qu'il avait administré les trois diocèses de la Thrace, de l'Asie et du Pont avec vingt-huit provinces 1. Ainsi, en 400, il tint à Constantinople une gùvoooç ivor^ouaa pour la déposition d'Antonin, exarque d'Ephèse ; la même année il présida à Ephèse un concile qui déposa pour cause de simonie six évêques asiatiques, et nomma Héraclide au siège d'Ephèse. Nous avons raconté comment Jean Chrysostome avait sacré Memnon évêque d'Ephèse, devenu si célèbre par l'histoire du IIIe concile œcuménique, et comment il s'était chargé de pourvoir au siège épiscopal en Bithynie. En agissant ainsi, il avait, par le fait, exercé des droits de patriarche sur l'exarchat de l'Asie proconsulaire et sur la Bithynie. Socrate mentionnant l'élection d'un évêque pour la métropole de Cyzique qui relevait de l'exarchat d'Asie, nous apprend, [534] qu'Atticus, le second successeur de saint Jean Chrysostome, avait reçu par édit impérial le droit de faire les ordinations des métropolitains, même en dehors de la Thrace 2. Ce même historien raconte qu'en 439, après la mort de Firmus, évêque de Césarée en Cappadoce, le clergé de cette ville avait demandé à Proclus, archevêque de Constantinople et prédécesseur de Flavien, de choisir le nouvel évêque de Césarée, et Proclus avait choisi et nommé Thalassius, alors préfet d'Illyrie 3, dont nous avons eu souvent occasion de parler. Proclus de Constantinople a aussi sacré Basile d'Ephèse. Ces deux faits prouvent qu'à cette date l'évêque de Constantinople avait étendu sa juridiction spirituelle sur les exarchats du Pont et de l'Asie. Quelques faits du même genre furent mentionnés dans la xvie session du concile de Chalcédoine. Cette extension de la puissance du siège de Constantinople souleva des protestations. Ainsi, parmi les chefs d'accusation portés contre saint Jean Chrysostome, nous trouvons celui de s'être ingéré, contrairement aux canons, dans les affaires de diocèses étrangers. Les habitants de Cyzique ne voulurent pas recevoir Proclus l'évêque désigné par Sisinnius de Constantinople, lequel devint plus tard archevêque de Constantinople. Mais ces protestations faibles et isolées ne pouvaient faire échec à l'ambition

1. Théodoret, Ilistor. eccles., 1. V, c. xxvii, P. G., t. lxxxvi, col. 1256.

2. Socrate, Hist. eccles., 1. VII, c. xxvm, P. G., t. lxvii, col. 801.

3. Socrate, Hist. eccles., 1. VII, c. xlviii, P. G.* t. lxvii, col. 840.

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