LES ACTES DU CONCILE ET LEUR TRADUCTION
plusieurs reprises, notamment en 1707). Dans cette édition, Baluze> pour des raisons d'économie, n'a pas fait imprimer le texte entier, tel que ses recherches le donnaient ; il s'est contenté d'une esquisse de tous les documents du concile de Ghalcédoine, écrivant Yincipit et renvoyant pour le reste à l'édition de Labbe, contenant ces textes
I d'après l'édition romaine de l'année 1608. Il donna, à la suite de
cet aperçu, toutes les variantes de Yantiqua çersio, et de la versio corrigée par Rusticus. Tout en indiquant en détail la valeur de ces variantes, il inséra les annotations, les corrections et les remarques de Rusticus, de telle façon que l'on peut très bien distinguer et Yantiqua versio et les changements que Rusticus lui a lait subir. Baluze a terminé son travail par une excellente et très savante dissertation sur les traductions lalines des actes de Chaleédoine.
On a naturellement profité de ce travail pour les collections et les éditions postérieures des actes des conciles. Hardouin donna sa grande collection après l'apparition du travail de Baluze paru en 1685 et adopta pour les actes du concile de Chaleédoine le texte de Labbe, par conséquent le travail de Rusticus, amélioré par les éditeurs romains ; mais, dans un très grand nombre d'endroits, Hardouin corrigea ce texte d'après les résultats acquis par Baluze, et quelquefois aussi par la comparaison avec quelques manuscrits. Malheureusement, il ne dit pas comment il s'est procuré son texte latin des actes du concile de Chaleédoine, et il ne fait mention du travail de Baluze qu'à la page 543 de son tome n, quoiqu'il ait utilisé ce travail dans tout ce volume *, Voici quelques exemples qui prouvent que Hardouin s'est réellement servi du travail de Baluze, [419] et que son texte n'est au fond que celui de Labbe, amélioré par Baluze. Hardouin écrit avec raison (t. n, col. 54) et d'après Baluze : sexies consule ordinario... Florentio, tandis que Labbe et Mansi (t. vi, col. 563) omettent à tort ce sexies. Hardouin aurait dû aussi mettre exconsale plutôt que consule. Nous voyons comment, dans ce cas, Hardouin adopta une des améliorations de Baluze sans accepter l'autre. Dans la même page il écrit avec Baluze Nommo, tandis que Labbe et Mansi ont Monno. A la page 67, ligne 9, il écrit avec Baluze cum aliis viris, et dans cette même page, ligne 13,
1. Il a fait de môme dans la préface du t. i, p. xi, où il énumère les anciennes collections des conciles, sans dire un seul mot du volume supplémentaire de Baluze, quoique à la p. vu sq. et à la p. xn, il avoue avoir beaucoup emprunté à Baluze et s'être servi de ses recherches manuscrites.
il ne reproduit pas nprès le mot Dioscorus les mots Alexandrinorum archiepiscopiiS) tandis qu'il donne ces mots quibus censuit interloquendiun, quoique Baluze ne les ait trouvés dans aucun de ses manuscrits, etc.
Dans sa grande édition de la collection des conciles, Mansi fit au travail de Baluze des emprunts, en certains endroits plus considérables, en d'autres moins considérables que ceux que lui avait faits Hardouin : moins considérables dans ce sens qu'il s'est contenté de donner le texte de l'édition de Labbe, bans se préoccuper de la reviser et de l'améliorer ça et là d'après le travail de Baluze, ainsi qu'Hardouin l'avait fait ; plus considérables dans ee sens qu'il fit imprimer dans son édition la dissertation composée par Baluze sur les anciennes traductions latines des actes de Chalcédoine *. Il inséra aussi l'aperçu sommaire de toutes les pièces (pas entier cependant), de même que les variantes réunies par Baluze, qu'il plaça comme notes à la suite des pièces originales (depuis le t. vi, col. 541, jusqu'au t. vu, col. 455, et plus loin). Les notes de Baluze vont même jusqu'à la col. 627 du vne vol. de Mansi. Cela vient de ce que Mansi a, ainsi que nous l'avons fait remarquer plus haut, inséré le Codex ency clins dans la troisième partie des actes du concile ; il a, eu cela, suivi l'exemple des éditeurs romains et a, par conséquent, inséré aussi les notes de Baluze qui ont trait à ce Co dex en cy c lin s .
Ce Codex ency clins n'est autre qu'une collection de lettres envoyées en 458 à l'empereur Marcien, pour la plupart, par des synodes provinciaux, afin de défendre le concile de Chalcédoine contre les attaques des monophysites ; le successeur de Marcien, l'empereur Léon (457-474) fit faire cette collection. Elle ne se compose, à proprement parler, que de quarante et une lettres ; et c'est cette partie qui a le titre de Codex ency clins. Quatre autres lettres forment une sorte d'introduction à ee codex : ce sont deux lettres de l'empereur Marcien, une de l'impératrice Pulchérie et une de Juvénal, évêque de Jérusalem ; toutes lettres, du reste, qui se retrouvent dans la seconde partie des documents. Le texte grec original des
1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. vu, col. 654: Antiqua versio concilii Chaicedonensis, emendata a Rusfico S. R. E. diacono, édita a Petro Crabbo, servata a Laurentio Surio, mutata ab editoribus romanis, nunc restituta ex auctorilate et fide veterum exemplarium. Prœfatio Stephani Baluzii, col. 683-675. (H. I,.).