Cf. Ballerini, op. cit., t. i, p. 1123, not
que Sa Sainteté regardait l'honneur du siège de Constantinople comme le sien propre ; car, dès l'origine, le Trône apostolique avait été plein de sollicitude pour celui de Constantinople et lui avait, sans jalousie, fait part de sa propre puissance. Gomme il était indubitable que Sa Sainteté et son Eglise jouissaient d'une primauté encore plus considérable (xi\j/rt), le concile avait volontiers adhéré au canon des cent cinquante Pères, pour que l'évèque de Constantinople vînt immédiatement après celui de Rome : car sa ville était la nouvelle Rome. De plus, le concile avait décidé que l'évèque ordonnerait les métropolitains des diocèses du Pont, d'Asie et de Thrace, mais non les autres évêques de ces contrées, décision qui du reste avait fait perdre à l'évèque de Constantinople des droits d'ordination qu'il exerçait depuis soixante ou soixante-dix ans. Les légats du pape n'avaient malheureusement pas compris les intentions de l'assemblée ; ils avaient protesté contre le décret, quoique conforme à la volonté de l'empereur ; ils avaient mis le désordre partout et l'avaient desservi, lui (Anatole) et son Eglise, sans tenir compte de tout ce qu'il avait fait pour l'honneur de Léon et de ses légats. Par respect pour le pape, le concile — et Anatole avait lui-même suivi cet exemple — lui avait envoyé ce décret (tuttoç, c'est-à-dire le 28e canon) pour qu'il l'approuvât et le confirmât (auvaivsaiç xal p«6awnfjç) , et il l'adjurait de le faire, car le Trône apostolique était père du trône de Constantinople etc. 1 »
La lettre écrite par l'empereur Marcien au pape Léon, en son nom et (d'après les usages de la chancellerie) au nom de Valentinien III, son collègue de l'Occident, est plus courte. Il y manifeste sa joie de ce que la vraie foi a trouvé son expression, et de ce qu'elle concorde avec la lettre dogmatique de Léon à Flavien. L'empereur [549] engage le pape à se réjouir avec lui. Il demande enfin au pape son assentiment au décret concernant le siège de Constantinople 2.
1. N. ci, dans la correspondance du pape Léon ; S. Léon, Opéra, éd. Ballerini, t. i, col. 1122 sq. ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 171 sq.
2. N. c des lettres de S. Léon, Opéra, éà. Ballerini, t. i, col. 1112, 1115 sq. ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 166 sq.