l'empereur ratifie le concile de chalcédoine
yeux des juifs et des païens. Si donc un clerc ose discuter en public sur la religion, il sera rayé du catalogue des clercs, le fonctionnaire perdra son cingulum (sa charge), les autres seront exclus de la ville de la résidence et punis de diverses peines d'après les jugements de la cour épiscopale 1. »
Dans un second édit (13 mars 452), l'empereur Marcien déclara, d'une manière laconique, que d'accord avec les explications sur la foi fournies par les conciles de Nicée, de Constantinople et d'Ephèse, le concile avait condamné les erreurs d'Eutychès et raffermi la foi. « Par unédit antérieur il avait confirmé ce concile et interdit à l'avenir toute dispute sur la foi. Malgré cela, quelques-uns persistaient dans leur folie de discuter devant le peuple sur la religion. Ils eussent mérité d'être punis des peines dont on les avait menacés ; mais Dieu prenant plaisir aux mesures de douceur, il voulait bien différer leur châtiment et renouveler la défense de discuter en public de la religion. Quiconque transgresserait cet édit, serait immédiatement puni 2. »
Dans un troisième édit (6 juillet 452), l'empereur Marcien abrogea le décret que Théodose II, trompé par de faux rapports, avait rendu après le Brigandage d'Ephèse contre Flavien, Eusèbe de Dorylée et Théodoret de Cyr 3. Un quatrième édit de Marcien (28 juillet 452), est plus important que les précédents. Il dispose que leseutychiens et les apollinaristes n'auront pas de clercs ; s'ils osent contrevenir à cette ordonnance, consécrateurs et ordonnés seront punis de la confiscation des biens et d'un exil perpétuel. Ils ne de- 1556] yaient tenir aucune réunion, ne bâtir aucun couvent et ne pas habiter ensemble dans des couvents. Leurs lieux de réunion seront confisqués, si la réunion se tient au su du propriétaire ; si c'est à son insu, celui qui (sur la demande des hérétiques) aura loué cette habitation sera battu de verges, puni de l'exil et de la confiscation des biens. En outre, les eutychiens seront inhabiles à hériter par testament, ou à tester en faveur de leurs coreligionnaires ; ils ne pourront être admis dans l'armée, si ce n'est dans les cohortalitia ou dans les troupes campées à la frontière. Ceux d'entre eux qui sont déjà soldats, ou ceux qui, à l'avenir, tomberont dans leur erreur après leur entrée au service, seront exclus et confinés dans leur
1. Mansi, op. cit., t. vu, col. 475 sq. ; Harclouin, op. cit., t. n, col. 659.
2. Mansi, op. cit., t. vu, col. 478 sq. ; Hardouin, op, cit., t. Il, col. 662.
3. Mansi, op. cit., t. vu, col. 498 sq. ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 675.
pays. Quant aux eutychiens qui ont été auparavant clercs de la foi orthodoxe, et aux moines qui ont habité la caverne d'Eutychès (car cela ne mérite pas le nom de couvent), ils seront bannis du territoire de l'empire romain, ainsi que cela avait été autrefois décrété au sujet des manichéens. Les écrits d'Eutychès seront brûlés ; quiconque les reproduira ou les répandra sera puni de la confiscation des biens et de l'exil, et tout enseignement de cette erreur sera expressément réprouvé. Enfin tous les gouverneurs des provinces, leurs fonctionnaires et les juges des villes seront regardés comme affectant le mépris pour la religion et pour les lois, s'ils ne s'appliquent pas à faire exactement observer la présente ordonnance, ils seront dans ce cas, punis d'une amende de dix livres d'or i.
Eutychès et Dioscore furent exilés. Le premier, déjà âgé au début des disputes, paraît être mort précisément à l'époque où fut porté l'édit. Dioscore mourut en 454 en exil, à Gangres en Paphlagonie.
206. Suite de la correspondance entre Rome et Constantinople. Le pape Léon confirme le décret de foi porté par le concile de Chalcédoine.
Ces mesures n'extirpèrent pas l'erreur monophysite ; elle fit, au contraire, d'inquiétants progrès dans quelques provinces, en particulier en Palestine et en Egypte. Vers le milieu ou dans les derniers mois de l'année 452, on répandit dans l'empire grec cette nouvelle [557 fausse, ou tout au moins cette nouvelle démesurément exagérée que le pape Léon avait condamné les décisions de Chalcédoine ; ce qui fut l'occasion et le prétexte de différents actes de brutalité. Dans une lettre du 15 février 453, l'empereur Marcien insista très fortement auprès du pape pour en obtenir un écrit destiné à être publié dans les églises, et contenant son approbation (jk6auoff- Oai) au concile de Chalcédoine, de sorte qu'à l'avenir nul ne pût douter de cette approbation et couvrir de ces prétextes sa propre perversité 2. Le pape avait admirablement rempli une partie
1. Mansi, op. cit., t. vu, col. 502 sq. ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 675 sq.
2. Les Ballerini t'ont, à ce sujet, la remarque suivante (t. u, col. 1182) : Litterse ergo apostolicx Sedis, quibus confirmabantur synodi générales^ legen-