‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 128 sur 544 · CORRESPONDANCE ENTRE ROME ET CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE ENTRE ROME ET CONSTANTINOPLE

de sa tâche, il avait veillé sur les canons ecclésiastiques et n'avait souffert aucune nouveauté 4, mais il ne pouvait savoir combien on abusait de ses lettres 2. L'empereur le priait donc d'envoyer aussitôt

dœ erant in ecclesiis Orientis, hxcque confirmatio in omnium notitiam deducenda erat, ne quis de ea ambigens decretis sjnodi reluctari posset. Esse ergo necessarise confirmationis pontificix manifestissimum testimonium.

1. Le pape Léon lui-même, de même que le pape Gélase Ier dans son Epist. ad Dardanos et les Ballerini (t. i, col. 1183, nota 3) ont donné trop d'importance à cette phrase de l'empereur Marcien. Il n'y avait là, semble-t-il, qu'une sorte de captatio benevolentise, mais non pas une allusion positive au rejet du 28e canon par le pape Léon le Grand.

2. Les conditions dans lesquelles eut lieu la convocation du concile de Chai-' cédoine présentent, au point de vue théologique et canonique, la plus grande importance. Nous en avons dit quelque chose dans les notes du paragraphe consacré à la convocation des conciles, dans la préface générale de cette histoire, il y a lieu d'y revenir et d'aborder ici la question avec détails et textes en main. Il est admis que tout concile œcuménique requiert la participation du pontife romain, à défaut de laquelle toute décision conciliaire serait, par le fait même, frappée de nullité. En outre, pour les conciles œcuméniques auxquels le pape en personne assiste, il n'est besoin d'aucune confirmation pour les décrets rendus conjointement par lui et par l'assemblée. Si le pape est représenté par des légats, comme c'est le cas à Chalcédoine, est-il nécessaire à la vivification des décrets qu'ils obtiennent une confirmation formelle subséquente ? Les théologiens ont pris parti pour et contre ; nous ne croyons pas que le nombre et l'illustration des noms qu'on rencontre dans chaque camp soit un argument quelconque. Les faits, et en l'espèce c'est l'histoire d'après les documents relatifs aux huit premiers conciles œcuméniques, les faits doivent seuls être entendus et de ces faits, minutieusement étudiés et objectivement rapprochés> il ressort que la confirmation subséquente n'est pas indispensable ; une confirmation au sens largo suffit. Pour les huit premiers conciles œcuméniques, on est hors d'état de prouver avec certitude la confirmation papale subséquente proprement dite. Cf. F. X. Funk, Kirchengeschichtliche Abhandlungen und Untersuchungen, in-8, Paderborn, 1897, t. i, p. 87-121. Cependant le concile de Chalcédoine a été, de préférence à tous autres, invoqué par les partisans de la confirmation subséquente. L'histoire de ce concile est heureusement si exceptionnellement riche en documents originaux et explicites qu'on peut aborder la discussion sans y laisser rien d'inconnu. Hefele affirme, ainsi qu'on l'a vu dans le texte, que le concile lui-même, le patriarche Anatole de Constantinople et l'empereur Marcien sollicitèrent tour à tour la confirmation papale. Leurs lettres et la réponse du pape Léon nous sont parvenues dans leur intégrité ; nous allons ainsi pouvoir juger du bien fondé de cette opinion. — 1° Lettre synodale, Epist. , xcvm, P. L., t. liv, col. 951-960. L'assembléesollicite la confirmation papale, mais seulement pour le 28e canon qui, nous l'avons vu, avait été voté malgré l'opposition des légats romains et, pour cette raison, n'était pas recevable. La lettre synodale, dans toute sa première partie, est purement narrative des opérations du concile, ainsi qu'on en

que possible un décret de confirmation ($t$CttioVv) pour le concile de

peut juger par cette conclusion : « Voilà ce que nous avons fait, aidés de vous, qui étiez présent avec nous en esprit, qui daigniez vous associer à nos frères et que la sagesse de vos représentants nous rendait pour ainsi dire visible. » P. /,., t. liv, col. 955. La seconde partie de la lettre commençait ainsi : c Nous vous indiquerons quelques points que nous avons tranchés dans l'intérêt du bon ordre, de la paix et de la stabilité des règlements ecclésiastiques, et nous ne doutons pas qu'en les apprenant, Votre Sainteté les approuvera et les confirmera. » Suit l'exposition de la conduite du concile désireux de sanctionner les droits et les privilèges que le siège de Gonslantinople semble posséder depuis longtemps. L'opposition des légats romains dûment constatée, la lettre poursuit : « Nous vous en prions donc, honorez de votre assentiment le décret porté par nous ; et de même que nous nous sommes rangés dans le bien à l'avis de notre chef, que notre chef, à son tour, accorde à ses enfants ce qui convient... Or, afin que vous sachiez que nous n'avons pas agi par haine ou par faveur, mais que nous n'avons obéi qu'à une impulsion divine, nous avons porté tous nos actes à votre connaissance, en vue tant de notre propre justification que de la confirmation et de l'approbation unanime de ce qui a été fait. » Il est évident que la confirmation ainsi réclamée ne doit atteindre que le seul 28e canon. Or, pour les autres canons, adoptés avec le consentement des légats, on ne sollicite rien de pareil, malgré l'importance dogmatique capitale de ces canons ; ce qui prouve que dans la pensée des Pères, comme dans celle du pape avec qui ils étaient en parfait accord, ces canons n'avaient nul besoin d'une confirmation papale. — 2° Deux lettres du patriarche Anatole de Constantinople sont adressées au pape Léon et relatives à la confirmation. En 451, sa lettre présente la même division que la lettre synodale, narrative pour les opérations du concile, solliciteuse pour le seul canon 28e. Le changement de ton est bien marqué par la phrase suivante : « Voilà comment se sont passées les discussions relatives à la paix ecclésiastique et à la concorde des prêtres dans la vérité de la foi. Mais d'autres affaires réclamaient notre attention... » et il expose ce qui a trait au canon 28e, pour terminer ainsi : « Et à cause de l'honneur que nous voulons vous rendre, le saint concile et nous, nous vous avons donné connaissance de ce décret afin d'en obtenir approbation et confirmation. Accordez-nous cela, très saint Père, nous vous en conjurons. » P. L., t. uv, col. 980. Dans la deuxième lettre d'Anatole, en 454, reparaît la même division et ici encore il n'est question d'obtenir la confirmation que pour le seul canon 28e ; encore est-ce plutôt une excuse très humble de la prise dans une affaire dont il doit être l'unique bénéficiaire : « Quant à ce qu'a décidé naguère en faveur du siège de Gonstantinople le concile de Chalcédoine, que Votre Béatitude soit persuadée que je n'y suis pour rien. Dès ma plus tendre enfance, j'ai toujours recherché la tranquillité et la paix, aimant à me tenir dans l'ombre et l'humilité. C'est le très respectable clergé de Constantinople, d'accord avec le clergé des contrées circonvoisines et secondé par lui, qui a tout fait, réservant d'ailleurs à l'autorité de Votre Béatitude toute la ratification et confirmation de ses actes. » P. X., t. liv, col. 1084. — 3° L'empereur Marcien a également écrit deux lettres relativement à la confirmation du 28e canon. En 451, Marcien constatait que « tous les points de loi ont été définis

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