‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 129 sur 544 · CORRESPONDANCE ENTRE ROME ET CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE ENTRE ROME ET CONSTANTINOPLE

selon les désirs de Voire Sainteté... Après de longs débats, l'orthodoxie a. triomphé et conformément à la règle tracée dans le message de Votre Sainteté, tous ont donné leur assentiment à la formule imposée par la vérité. » P. L.y t. liv, col. 971-972. Il ajoute : « Comme il a été statué qu'après le Siège apostolique, la première place appartiendrait à l'évêque de notre très magnifique ville de Constantinople, qui est appelée la nouvelle Rome, daigne Votre Sainteté donner son assentiment aussi à cette partie, à laquelle se sont opposés ceux qui tenaient votre place au concile. » En 453, nouvelle lettre plus importante dans laquelle on lit : « Nous sommes extrêmement surpris qu'après le concile de Ghalcédoine et les lettres que vous ont adressées les vénérables évèques pour vous instruire de tout ce qui s'était fait, on n'ait point reçu de Votre Clémence une réponse ;« lire dans les églises et à porter à la connaissance de tous. Quelques sectateurs obstinés des doctrines perverses d'Eutychès sont induits par votre silence à douter que Votre Béatitude approuve les décisions conciliaires. Daigne donc Votre Sainteté nous faire tenir une lettre par laquelle elle certifie à toutes les Églises et à tous les peuples qu'elle ratifie les actes du concile... Qu'elle rende au plus vite un décret montrant très clairement qu'elle confirme le concile de Chalcédoine, afin que ceux qui cherchent de vains subterfuges ne puissent plus hésiter sur le sentiment de Votre Sainteté. » Ici la confirmation est réclamée pour tous les décrets et non plus uniquement pour le 28«. Seulement on remarquera que cette formalité n'est pas réclamée comme indispensable à la valeur objective et intrinsèque des décisions doctrinales promulguées, mais comme occasionnellement nécessaire par suite d'une circonstance particulière: le parti que les hérétiques tiraient de la répugnance du pape à sanctionner le 28« canon pour jeter la suspicion sur l'ensemble des décrets. — 4» L'insistance ne permit pas au pape de refuser plus longtemps la réponse sollicitée. Elle était adressée à tous les évèques qui furent présents au concile et témoignait bien que cet acte si longtemps attendu n'était qu'une concession faite à raison de la situation particulière signalée par Marcien. Aussi le pape dit-il que le long retard apporté à la publication du présent acte ne devait en aucune manière être considéré comme le témoignage d'une hésitation quelconque. Au reste, il n'avait pas attendu jusqu'à ce moment pour manifester son intention touchant la question doctrinale, en sorte que nulle autre explication ni approbation n'eût été nécessaire. « Vous savez assurément tous, mes frères, que j'ai embrassé de tout cœur la définition du saint concile assemblé à Chalcédoine pour le raffermissement de la foi. Aussi bien quelle raison eussé-je pu avoir de ne pas me réjouir du rétablissement de l'unité de cette foi, moi qui étais affligé de voir la même unité troublée par les hérétiques ? Vous auriez, pu inférer mon sentiment non seulement du fait de votre très heureuse concorde [avec les légats], mais aussi de la lettre qu'après le retour de mes envoyés j'ai adressée à l'évêque de Constantinople. Toutefois, de crainte que par le fait d'interprètes mal intentionnés, on n'en vienne à douter si j'approuve ce que vous avez unanimement défini au concile de Chalcédoine concernant la foi, j'ai donné pour tous nos frères dans l'épis- (•opat qui ont assisté à ce concile, cette déclaration écrite, que le très glorieux et très clément empereur voudra bien, par amour de la foi catholique, porter à votre connaissance. Ainsi, chacun, parmi vous comme parmi les fidèles, saura que j'ai associé mon avis personnel aux vôtres non seulement par ceux

de rues frères qui ont tenu ma place, mais aussi par l'approbation des actes conciliaires, [xyj ijkSvov êià tcov oiaxdvtov jxou, àXXà yàp xal Stà rîjç auvaivicew; tu>v (juvoôtxôiv u7rop/Y)jj.àT(ji)v t^v îSi'av (jlou ûu-îv évàicrai yvu)U7)v. » Cette dernière phrase distingue deux formes d'assentiment; la première, seule nécessaire, a été donnée durant le concile même ; la seconde n'a d'autre objet que de couper court aux interprétations tendancieuses et erronées sur la pensée du pape. On remarquera que, pas plus dans celte lettre (P. X., t. liv, col. 1027-1030) que dans la réponse à Anatole, le pape ne fait usage des termes confirmation et confirmer ; ses expressions sont plus vagues, il ne s'agit que de consentement, d'approbation. Au reste, dans la lettre antérieure à Anatole qui aurait dû, selon lui, prévenir toute interprétation, il n'est aucunement question de confirmation ni de consentement ; c'est donc, comme on l'a justement fait remarquer, du silence même du pape relativement aux décrets portés avec le concours de ses légats qu'on pouvait déduire son plein et entier assentiment. C'est ce qu'il dit dans une lettre écrite à Marcien le même jour qu'aux évoques et dans laquelle on lit qu'il n'y avait aucune raison de mettre en doute l'acquiescement du siège apostolique aux définitions du saint concile de Chalcédoine, puisque « tous [les évêques] ont donné leur assentiment et souscrit à la formule de foi que j'avais émise conformément à la doctrine apostolique et à la tradition des ancêtres. » Les textes que nous venons de rapporter, loin de favoriser la thèse de la confirmation papale formelle, justifient le bien fondé de la thèse contraire. En effet, ceux de ces documents qui ne laissent place à aucune interprétation nous font voir que la confirmation en question vise le seul canon 28e, tandis que les autres décrets conciliaires sont déjà en possession de leur pleine valeur. — Outre ces documents on a fait appel à d'autres témoignages, mais ceux-ci ne sont plus contemporains. Ceux dont Hefele fait le plus d'état sont tirés de l'œuvre du pape Gélase. Voici les plus frappants. Gélase, Ad episcopos Dardanise, P. L., t. lix, col. 67 : Sicut id quod prima sedes non probaver at constare non potuit, sic quod illa censuit judicandum tota Ecclesia suscepit : Id. col. 79 : Sedes prima et unamquamque synodum sua auctoritate confirmât et continuata moderatione custodit pro suo scilicet principatu. Dans le De anathem. vinculo, c. i, P. L , t. lix, col. 102 : hanc (synodum) fieri sedes apostolica delegavit, factamque firmavit, et c. ix, Ibid., col. 107 : totum in sedis apostolicse positum est potestate : ita quod firmavit in synodo sedes apostolica. hoc robur obtinuit ; quod refutavit habere non potuit firmitatem. Ces textes visent en premier lieu le concile de Chalcédoine. Il paraît absolument impossible d'en tirer ce qu'on a pensé y voir. En effet, ils disent simplement ce que nous avons entendu dire par les documents contemporains, à savoir qu'il y a dans les décisions du concile deux parties dont l'une a seule obtenu l'assentiment du pape et possède, par conséquent, force de loi universelle, tandis que l'autre, à qui cet assentiment fait défaut, est restée lettre morte. De plus, ils attestent que le Saint-Siège a confirmé (firmavit) ce concile et qu'il lui appartient de confirmer de son autorité (sua auctoritate confirmât) tous les conciles. Voilà qui est clair, mais où trouver, non la preuve mais simplement l'indice, qu'il s'agit d'une confirmation subséquente ? L'ensemble des textes apportés dans cette note ne laisse pas le choix, il ne peut s'agir que de confirmation antécédente et concomitante. (H. L.)

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