CORRESPONDANCE ENTRE ROME ET CONSTANTINOPLE
Siège apostolique 4. Au sujet des principes des Pères de Nicée, je vous avertis que les droits des Eglises particulières doivent rester intacts et tels qu'ils ont été définis dans ce concile par les Pères inspirés. Nul ne doit, par une ambition défendue, désirer ce qui ne lui appartient pas, nul ne doit vouloir grandir en rapetissant les autres. Ce que l'orgueil a obtenu par des votes extorqués et ce qu'il croit avoir établi grâce au nom d'un concile, est nul de plein droit si cette décision est en opposition avec les canons des Pères de Nicée. Vous pouvez voir parla lettre que j'ai écrite afin de m'opposer aux prétentions de l'évêque de Constantinople, avec quel respect le Siège apostolique veille à la conservation des règles de ces Pères, et qu'avec la grâce de Dieu je serai constamment un gardien de la foi catholique et des saints canons de l'Eglise 2. »
Cette lettre contenait à la fois le rejet du 28e canon 3, et l'approbation explicite de l'assemblée convoquée en qualité de concile général avec son assentiment, et qui s'était donné à lui-même, à plusieurs reprises, le titre de concile œcuménique. Le pape le reconnaissait comme tel pour toutes les décisions dogmatiques 4 et cette reconnaissance peut se déduire aussi de plusieurs autres lettres postérieures : il dit par exemple dans la lettre cxliv à Julien de Cos, que les décrets de Chalcédoine ont été instruente Spiritu sancto ad totius mundi salutem de finit a , et Yepistola dans la lettre cxlv à l'empereur Léon, successeur de Marcien, que le concile de Chalcédoine avait été ex divina inspirations prolata 5. Un concile romain tenu en 485, sous Félix III, successeur de saint Léon, place également ce concile sur le même rang que les conciles de Nicée et d'Ephèse (il ne mentionne pas celui de Constantinople) 6, et saint Grégoire le Grand compte le concile de Chalcédoine au nombre de
1. S. Léon, Epist., lxxiii et lxxvi, éd. Ballerini, t. i, col. 1019 et 1025, et plus haut, § 182 et 185.
2. S. Léon, Epist., exiv, éd. Ballerini, t. i, col. 1193 sq. ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 226.