CONCILES ENTRE 461 ET
draît au plus ancien des suffragants. C'était un moyen ternie. Les 590] anciens canons frappaient de nullité le choix qu'un évêque faisait de son successeur, mais ici il n'y avait pas lieu d'appliquer le maximum de la peine, car Rusticus s'était contenté de recommander Hermès, sans l'instiluer. Cependant, dans l'intérêt de la liberté des élections, on ne pouvait laisser sans condamnation ces recommandations trop précises pour le choix d'un successeur ; aussi le concile jugea-t-il à propos de punir Hermès. — Ce même concile romain a probablement rendu les autres ordonnances insérées dans la lettre par laquelle le pape faisait connaître aux évêques gaulois la décision prise au sujet d'Hermès 4. Ces ordonnances prescrivaient la réunion annuelle de grands conciles des différentes provinces sur la convocation de l'archevêque d'Arles, président. Toutefois les affaires les plus difficiles seraient déférées à Rome ; en outre, aucun évêque ne doit voyager dans une province étrangère sans une lettre de son métropolitain ; aucun évêque ne doit ordonner un clerc étranger sans la permission écrite de l'évêque de qui dépend ce clerc ; enfin aucun évêque ne doit aliéner un bien d'église sans l'assentiment du concile.
Après avoir décidé dans ce concile romain une affaire qui intéressait la Gaule, le pape Hilaire ordonna, peu après, de mettre fin dans un concile gaulois à une discussion née en Gaule et déférée à son tribunal. En 450 le pape Léon le Grand avait divisé la province de Vienne, de telle sorte que Valence, Tarentaise, Genève et Grenoble restaient à Vienne, tandis que les autres évêchés devaient appartenir à la métropole d'Arles 2. Sans tenir compte de cette délimitation, Mamert, archevêque de Vienne (celui-là même qui a 591] institué les Rogations), sacra, en 463, un évêque pour la ville de Die qui, d'après l'ordonnance du pape Léon, relevait de la métropole d'Arles, laquelle protesta. Sur les plaintes de Gundiac, roi des Burgondes, qui régnait sur Die et Vienne, le pape Hilaire chargea {10 octobre 463) Léonce d'Arles de réunir un concile d'évêques des diverses provinces, pour faire une enquête sur cette affaire et lui
1. Mansi, Conciliorum amplissima collectio, t. vu, col. 934 sq. ; Sirmond, Concilia Galliœ, t. i, col. 129 sq. ; dom Ceillier, Histoire des auteurs ecclésiastiques, t. x, p. 715 ; Jaffe, Iiegesta Pontif. romanorum, 2» édit., t. i, n. 75.
2. S. Léon, Epist., lxvi, Ad episc. metropol. Arelat., édit. Ballerini, t. i, col. 998 sq., P. L., t. uv, col. 883 sq. ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 76.
en rendre compte 1. Le pape envoya une circulaire aux évêques des provinces de Vienne, de Lyon et des deux Narbonnaises 2 et Léonce convoqua aussitôt après, à Arles même, le concile ordonné. L'assemblée députa au pape l'évêque Antoine. Les actes de ce concile sont perdus; nous ne les connaissons que par la réponse du pape Hilaire, le 24 février 464, aux vingt évêques réunis (ils étaient vingt et un avec Antoine). Il dit que, d'après les lois impériales, les délimitations marquées par le Siège apostolique doivent être reçues avec respect et observées exactement 3 ; par conséquent, Mamert de Vienne et l'évêque de Die, ordonné par lui, méritaient d'être déposés ; toutefois, le pape, voulant user de douceur, avait chargé Veran (l'un des vingt évêques du concile) de déclarer à Mamert, que s'il ne rentrait en lui-même et n'acceptait pas le jugement porté par le pape sur la délimitation de sa province, on lui enlèverait ses quatre suffragants. Léonce d'Arles devait confirmer l'installation illégale de l'évêque de Die, afin qu'il devint légitime 4. [592
Quelque temps après, le pape Hilaire s'occupa des affaires de l'Eglise d'Espagne. Les évêques de la province de Tarragone réunis en concile en 464, Ascanius de Tarragone à leur tête, s'étaient adressés à Rome, au sujet de deux affaires. En premier lieu, Sylvain de Calahorra, province de Tarragone, qui s'était permis d'ordonner plusieurs évêques et avait ordonné évêque malgré lui un clerc d'un diocèse étranger. On demandait la conduite à tenir à l'égard de Sylvain et des évêques sacrés par lui 5. La seconde affaire concernait l'Eglise de Barcelone dont l'évêque Rundinarius, au lit de mort, avait exprimé le désir que l'on choisît pour son successeur Irénée, qu'il avait établi évêque (chorévêque) dans une ville de son diocèse. Le concile provincial de Tarragone avait ratifié ce désir. Toutefois les évêques du concile voulurent avoir l'approba-
1. Sirmond, op. cit., col. 231 ; [D. Ceillier, op. cit., 2e édit., t. x, p. 715; Lalande, Conc. Gall., 1660, p. 34 ; Labbe, Concilia, t. iv, col. 1820 ; Coleti, Concilia, t. v, col. 77 ; Mansi, op. cit., t. vu, col. 936, 951. (H. L.)]
2. Mansi, op. cit., t. vu, col. 937 ; Sirmond, op. cit., col. 134.
3. Bower, Geschichte der Pàpste, t. ni, p. 16 et Walch, Gesck. der Pàpste, p. 109, attachent une grande importance à l'aveu explicite du pape que le droit de limitation des diocèses et des provinces de l'Église lui vient de l'empereur ; en étudiant les choses de près, on voit qu'Hilaire ne dit pas cela, mais que les empereurs ont aussi reconnu ce droit et se sont appliqués à faire observer les ordonnances rendues par les papes sur ce point.
4. Mansi, op, cit., t. vu, col. 938 sq. ; Sirmond, op. cit., col. 132 sq.
5. Mansi, op. cit., t. vu, col. 924 sq. ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 787.