CONCILES ENTRE 461 ET
tion du Siège de Rome, et, dans leur lettre au pape, dirent que des cas semblables s'étaient souvent présentés *«
Le pape Hilaire tint en conséquence, au mois de novembre 465, au jour anniversaire de son ordination, un concile de quarante-huit évêques, dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure, à Rome, et l'assemblée rendit les cinq canons suivants 2 :
Gan. 1. Au sujet des ordinations, on doit observer exactement les prescriptions des lois divines et les ordonnances de Nicée.
Can. 2. Celui qui épouse une veuve ou qui se marie lui-même une seconde fois, ne peut être élevé aux saints ordres.
Can. 3. Ne peuvent être ordonnés, les ignorants, les mutilés et ceux qui ont été soumis à la pénitence. Celui qui aura fait des ordinations de ce genre doit lui-même les regarder comme frappées de nullité.
Can. 4. Chaque évêque doit condamner ce qu'il a fait ou ce que ses prédécesseurs ont fait d'anticanonique ; il sera ensuite traité avec douceur. S'il s'obstine et ne veut pas abolir ce qui est injuste, il sera puni. — Tous ceux qui étaient présents manifestèrent par leurs acclamations leur assentiment à ce canon.
Can. 5. En Espagne, plusieurs pensent que l'on peut hériter d'un évêché comme d'un bien quelconque ; aussi beaucoup d'évêques de ce pays désirent, au lit de mort, choisir leur successeur, de sorte qu'il n'est pas possible d'avoir d'élection. Cette manière d'agir est tout à fait irrégulière.
Pour faire bien connaître aux membres du concile l'état de la question, le pape Hilaire leur fit lire les deux lettres qu'il avait reçues des évêques de la province ecclésiastique de Tarragone au sujet de la succession sur le siège de Barcelone et des ordinations illicites de Sylvain. Les évêques présents firent connaître, soit par des votes particuliers, soit par des acclamations générales, que ces deux faits constituaient des abus, et que les canons que l'on venait de décréter avaient tout leur assentiment.
A la suite de ces décisions, Hilaire écrivit aux évêques de la pro-
1. Mansi, Conc.ampliss. coll., t. vu, col. 962, 926 ; Hardouin, Coll. concil.^ t. ii, col. 801.
2. Baronius, Annales, ad ann. 465, n. 17-30. Cf. Pagi, Critica, ad ann. 465, n. 5-6; Conc. regia, t. ix, col. 499; Labbe, Concilia, t. iv, col. 1060-1065; Hardouin, Coll. concil.y t. il, col. 799-802 ; Tillomont, Mém. hist. ecciés.y 1712, t. xvi, p. 46-49, 737 ; D. Ceillier, Hisl.génér. aut. ecclés., 2« édit., t. x, p. 716 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vu, col. 959-964. (H. L.)
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vince ecclésiastique de Tarragone une lettre qui se résumait dans les trois propositions suivantes :
1. On ne devait plus désormais ordonner d'évêque dans la province, sans l'assentiment du métropolitain Ascanius.
2. Irénée devait abandonner immédiatement l'évêché de Barcelone, et le clergé avait à faire choix d'un autre évèque ; si Irénée n'obéissait pas, il perdrait également l'autre siège épiscopal qu'il possédait.
3. Les évèques institués par Sylvain et Sylvain lui-même devaient être déposés ; le pape recommandait qu'il n'y eût pas deux évêques pour une seule ville, et défendait qu'un évêque fût bigame, ou ignorant, ou mutilé, ou ayant eu à subir une pénitence 1.
Dans cette même année 465, un concile se tint à Vannes en Bretagne, à l'occasion de l'ordination de Paterne par Perpetuus, métropolitain de Tours. Les six évêques 2 qui composèrent ce concile écrivirent à leurs collègues Victorius du Mans et ïhalassius d'Angers, une lettre synodale contenant les seize canons suivants dont la plupart n'étaient que la répétition d'ordonnances plus anciennes 3 :
Can. 1. Les homicides et les faux témoins doivent être exclus de la communion jusqu'à ce qu'ils aient satisfait.
Can. 2. Ceux qui répudient leurs femmes sous prétexte d'adultère pour se livrer à la débauche, doivent être exclus de la communion 4.
Can. 3. Ceux qui ont interrompu leur pénitence publique pour revenir à leurs anciens errements, et sont rentrés dans la vie du monde, doivent non seulement être exclus de la participation aux sacrements du Seigneur (a communione dominicorum sacramen- [594
1. Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vu, col. 927 sq. ; Hardouin, Coll. concil., t. ii, col. 788.
2. Ces six évèques étaient Perpetuus de Tours, Athenius de Rennes, ÎVunechius de Nantes, Albin, Liberalis, Paterne de Vannes. (H. L.)
3. Baronius, Annales, 1595, ad ann. 453, n. 55. Cf. Pagi, Critica, 1689, ad aun. 453, n. 20; Sirmond, Concil. Gallix, 1629, t. i, col. 137 sq. ; Conc. regia, 1644, t. ix, col. 490 ; Maan, Conc. Turon., 1667, t. n, p. 465 ; Labbe, Concilia, 1671, t. iv, col. 1054-1059; Hardouin, Coll. concil., t. u, col. 795 ; Coleti, Concilia, 1728, t. v, col. 79 ; D. Rivet, Ilist. litt. de la France, 1735, t. n, col. 415- 417 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vu, col. 961 ; D. Ceillier, Hist. gêner, aut. ecclés., 2* édit., t. x, p. 713 ; Tillemont, Mé.n. hist. ccclés., t. xvi, p. 401, 772, note 5 : « Sur l'évesque ordonné parle concile de Vennes. » (H. L.)
4. Le concile d'Arles (314) était moins rigoureux dans ce cas, il ne punissait pas, canon 18*.