CONCILES DE l'ÉGLISE GRECQUE ET ORIENTALE
l'empereur Zenon prescrivit d'enquêter sur cette accusation. Un concile de Laodicée en fut chargé, et le Libellus synodicus, avec Théophane, disent que l'orthodoxie d'Etienne fut vengée et son élé- [604] vationsur le siège d'Antioche confirmée. Mécontents de ce jugement, les ennemis d'Etienne s'emparèrent de lui pendant qu'il était dans le baptistère de Saint-Barlaam, et le massacrèrent avec des roseaux pointus 1. Comme punition, ajoute Théophane, l'empereur Zenon enleva à Antioche le choix du successeur d'Etienne, qu'il confia pour cette fois au patriarche Acace, lequel sacra aussitôt à Constantinople Calendion en qualité d'évêque d'Antioche 2. Ignorant ce qui se passait, les évêques orientaux firent choix de leur côté de Jean Codonat pour patriarche d'Antioche ; mais Calendion se hâta de prendre possession du siège et fit reconnaître son élection par un concile d'Antioche tenu en 482 3, et par le pape Simplice, tandis que Codonat obtint plus tard le siège de Tyr. Théophane prétend que Calendion sacra lui-même Codonat pour le siège de Tyr ; mais les lettres du pape Félix font voir clairement que ce Jean Codonat n'est autre que Jean d'Apamée, et qu'Acace de Constantinoplelui avait donné comme compensation le siège de Tyr, ce que le pape déclara nul et sans valeur 4.
Cependant Timothée Salophaciole, évêque d'Alexandrie, était mort en 481, et Jean, surnommé Talaja ou Tabennesiota 5, jusqu'alors économe de l'Église d'Alexandrie, fut choisi pour son successeur. Suivant l'usage, et d'accord avec le concile d'Alexandrie, il notifia sa nomination au pape Simplice et à Calendion d'Antioche : mais il n'écrivit pas à Acace de Constantinople, peut-être parce qu'il avait eu quelque différend avec lui 6.
1. Théophane, Chronographia, ad ann. 5973, édit. Bonn, t, i, col. 199.