‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 175 sur 544 · Moine tabennesien du monastère de Canope. (H.L · texte numérisé non relu

Moine tabennesien du monastère de Canope. (H.L

6. Cet exposé est fautif à force d'être insuffisant. Tandis que Timothée Salophaciole occupait en qualité d'évêque orthodoxe et légitime le siège d'Alexandrie, il envoya presque simultanément une ambassade au pape et une à l'empereur et au patriarche de Constantinople. Les chefs de cette dernière étaient Gennade d'Hermopolis, parent de Timothée, et Jean Talaja. Ce dernier avait la réputation d'être ambitieux et vaniteux. En sa qualité d'économe de la lus riche Église d'Alexandrie il pouvait faire de grandes largesses aux gens de Cour et tranchait un peu trop de l'allure d'un futur patriarche d'Alexandrie.

Exaspéré, Acace persuada à l'empereur Zenon que Jean était inca- [605] pable d'occuper le siège d'Alexandrie, car il avait donné à l'ancien évêque le conseil d'insérer de nouveau le nom de Dioscore dans les diptyques de l'Église. Il avait, en outre, manqué à son serment; car étant à Constantinople, il avait juré de ne rien faire pour arriver à l'épiscopat. Pierre Monge remplirait mieux cette place où les monophysites l'avaient porté après la mort de Timothée Elure mais d'où l'empereur l'avait chassé 1. Pour comprendre qu'Acace

Acace, pour lequel Talaja n'eut pas tous les égards désirables, fut blessé de ce genre hautain et il fit avertir en secret Jean Talaja qu'il ne souffrirait pas qu'il se posât comme candidat au siège d'Alexandrie lorsque s'ouvrirait la vacance. Talaja promit tout ce qu'on voulut et redoubla ses prodigalités intéressées. Une haine implacable s'ensuivit entre ces deux personnages.

Lorsque Timothée Salophaciole sentit sa fin approcher, il envoya de nouveau à Constantinople son économe. Loin d'essayer de se rétablir dans l'esprit d'Acace, Jean Talaja négligea le patriarche et n'essaya aucune tentative de rapprochement. Il aggrava même la situation par une sorte de mépris affecté et se borna à intriguer auprès des amis qu'il possédait à la cour impériale, et surtout auprès d'Illus, maître des offices, à qui on prêtait, à tort ou à raison, une grande influence sur l'empereur. Acace se renferma chez lui, s'abstint d'agir et affecta l'indifférence. Jean Talaja, ayant le champ libre, obtint tout ce qu'il voulut. Sa mission consistait à obtenir de l'empereur Zenon l'autorisation d'élire, à la mort de Timothée, un patriarche qui ne pût être que catholique et choisi par les catholiques. L'empereur accorda tout ce qu'on voulut et entra même dans de grandes louanges sur la personne du pieux ambassadeur Jean Talaja. On crut voir dans ces éloges l'indice d'une candidature agréable et, en conséquence, aussitôt après la mort de Timothée, Jean Talaja fut choisi par ceux de sa communion pour occuper le siège d'Alexandrie. Acace guettait sa proie lorsque le hasard la jeta entre ses mains. A peine élu, Jean Talaja se hâta de prévenir de suite et directement le pape de Rome de son élection. Il envoya aussi par une voie rapide cette nouvelle à Calendion d'Antioche, mais il s'abstint de rien faire savoir à Acace, voulant que ce dernier ne fût averti qu'après l'empereur lui-même. A cet effet, il chargea son ami et son obligé Illus des démarches nécessaires et il adressa à ce personnage des lettres destinées à l'empereur et au patriarche Acace. Le magistrien chargé du paquet destiné à Illus ne trouva pas ce personnage à Constantinople qu'il venait de quitter pour se rendre à Antioche. Croyant bien faire, le magistrien l'y suivit. Pendant ces allées et venues, on connut à Constantinople l'élection faite à Alexandrie avant la notification officielle. Bien plus, on apprit sur ces entrefaites que Calendion d'Antioche avait reçu l'avis officiel qu'on attendait encore à Constantinople ; dès lors Jean Talaja fut perdu dans l'esprit de l'empereur. (H. L.)

1. Ce revirement d'Acace en faveur de Pierre Monge était d'autant plus fait pour surprendre qu'il avait, peu auparavant, traité le personnage avec moins de ménagements. Il écrivait à son sujet au pape Simplice, en 477 : « Ce Pierre, fils de la nuit et pleinement étranger aux œuvres lumineuses du jour, trouvant

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