‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 189 sur 544 · COLLOQUE SUR LA RELIGION A CARTHAGE · texte numérisé non relu

COLLOQUE SUR LA RELIGION A CARTHAGE

les évêques orthodoxes de n'avoir pas prouvé, pas plus le premier jour de la séance que le second, malgré toutes les invitations, que leur homoousion se trouvait dans l'Ecriture ; loin de là, ils avaient provoqué un soulèvement et des murmures. Il ordonnait donc la fermeture de leurs églises jusqu'à ce qu'ils prissent part à la discussion. En outre, les lois que les empereurs romains, influencés par les évêques, avaient portées contre les hérétiques devaient être retournées contre les homoousiastes ; ceux-ci ne pourraient tenir aucune réunion ni avoir aucune église, pas plus dans les villes que dans les villages ; ni administrer le baptême, ni conférer les ordres, etc., sous peine d'exil. Les lois des empereurs contre les hérétiques laïques étaient également retournées contre les orthodoxes pour leur ravir le droit de faire des présents, de tes- ^614] ter, d'accepter, d'être fondés de pouvoir, d'hériter, d'avoir des fidéicommis. Ceux qui avaient des charges ou des dignités seraient cassés et déclarés inutiles ; tous les livres favorables à leur erreur (c'est-à-dire la doctrine du concile de Nicée) seraient brûlés ; quiconque se convertirait avant le 1er juin éviterait ces peines. Enfin toutes les églises et les biens d'église devaient être remis aux évêques et aux prêtres ariens 4.

Le roi Hunérich ordonna une perquisition chez les évêques catholiques actuellement à Carthage. On leur prit tout, leurs esclaves et leurs chevaux, et on les chassa de la ville. Quiconque leur donnerait asile aurait sa maison brûlée. Plus tard, tous furent bannis, et le plus grand nombre (trois cent deux) rélégués sur divers points de l'Afrique, où ils durent vivre en simples particuliers et sans exercer aucune fonction ecclésiastique (Hunérich les traita comme plus tard Luther traita Carlstadt) ; quarante-six furent envoyés en Corse, afin d'y couper du bois pour la marine royale. Victor ajoute que vingthuit avaient fui, l'un fut martyr, un autre confesseur, et que quatrevingt-huit moururent en exil 2.

1. Nous avons donné la traduction du texte entier de l'édit du 25 février 484, dans notre Afrique chrétienne, in-12, Paris, 1904, t. n, p. 190-195. Le texte latin a été inséré par Viclor de Vite, op. cit., cf. Tillemont, Mém. hist. ecclés.y t. xvi, p. 562 ; Baronius, Annales, ad ami. 484, n. 54 ; Hardouin, op. eit.y t. ii, col. 867 sq. ; Mansi, op. cit., t. vu, col. 1153 sq. (H. L.)

2. Hardouin, Coll. concil., t. n, col. 875 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vu, col. 1164 ; Tillemont, Mém. hist, ecclés., t. xvi, p. 565 sq.

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