‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 194 sur 544 · CONCILES EN PERSE ET A CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

CONCILES EN PERSE ET A CONSTANTINOPLE

En 489 le patriarche Acace de Constantinople mourut et son successeur Fravitas mit fin aussitôt à la scission entre Rome et

de les signaler au roi s'ils ne se soumettaient à leur pasteur légitime. Entretemps Barsauma obtient du roi un écrit qui l'oblige à demeurer à Nisibe pour le règlement des frontières. Lettre îve, dans Synod. orient., p. 536. Barsauma ne souhaitait rien de plus et il se hâta d'avertir Acace de ne pas compter sur sa présence ni sur celle des évêques de l'éparchie de Beit 'Arbaye, au prochain concile. La lettre vie {Synod. orient., p. 539) nous prouve que Barsauma redoutait fort cette assemblée si, comme nous le croyons, cette lettre a été écrite avant la réunion. Barsauma envoyait à Acace par l'intermédiaire de l'évêque Ma'na de Rewardasir un présent de 10.000 francs sous prétexte de l'aider à répandre la doctrine orthodoxe, promettant que s'il a à se louer de la façon dont on le traite il s'imposera une contribution annuelle de 5.000 francs au profit d'Acace [Synod. orient., p. 539). A raison des abstentions qu'entraînait celle de Barsauma, le concile réuni à Séleucie, en 486, au mois de février, ne compta que douze évêques, mais les signatures contiennent vingt-cinq noms, parmi lesquels plusieurs prêtres ou diacres représentant des évêques. Synod. orientale, p. 301-307. On leur a signalé, disent les Actes, des hommes, « qui, vêtus de l'habit des ascètes, mais loin d'avoir les vertus que suppose cet habit, circulent en divers lieux et trompent les esprits simples en corrompant la profession orthodoxe de la foi de l'Eglise catholique et apostolique... Ils blasphèment contre l'Incarnation... interdisent le mariage, prohibent les éléments que Dieu a créés pour être employés avec reconnaissance par ceux qui croient et connaissent la vérité. » Le canon 1er concerne l'orthodoxie et présente certaines formules adoptées par les nestoriens pour exprimer l'union telle qu'ils l'entendaient, auvàçeia, des deux natures du Christ. A ssemani voulant à tout prix présenter Acace comme orthodoxe — ce qui est insoutenable — en est réduit à nier l'authenticité d'un passage important du canon ler} dans lequel on lit : « Notre foi doit être, en ce qui concerne l'Incarnation du Christ, dans la confession des deux natures et la divinité de l'humanité. Nul de nous ne doit introduire le mélange, la eommixtion ou la confusion entre les diversités de ces deux natures ; mais la divinité demeurant et persistant dans ses propriétés, et l'humanité dans les siennes, nous réunissons en une seule majesté et une seule adoration les divergences des natures, à cause de l'union parfaite et indissoluble de la divinité avec l'humanité. Et si quelqu'un pense ou enseigne aux autres que la passion ou le changement est inhérent à la divinité de Notre-Seigneur, et s'il ne conserve pas relativement à l'unité de personne de Notre-Seigneur la confession d'un Dieu parfait et d'un homme parfait, qu'il soit anathème. » Synod. orient., p. 302. — Le 2e canon est relatif aux moines « qui, par leur habit mensonger, couverts de vêtements noirs en signe de leur aberration, trompent les gens simples sous l'apparence de la pénitence et du naziréat... Il ne leur est pas permis d'entrer dans les villes ou les villages où se trouvent des évêques, des prêtres, des diacres, pour y habiter et y devenir une cause de dissension et jeter le trouble entre les prêtres et leurs ouailles... qu'ils ne tiennent point d'assemblées en ces lieux et qu'ils n'y offrent point le sacrifice; qu'ils n'y donnent point le baptême... comme ils ont fait jusqu'à présent. Mais qu'ils

Constantinople. Il adressa au pape Félix une lettre très polie, pour l'assurer de son orthodoxie. L'empereur Zenon écrivit dans le même

s'en aillent dans les couvents et dans les lieux incultes et qu'ils y fixent leur demeure et s'y tiennent. Qu'ils soient sous la juridiction et l'obéissance des évêques, des prêtres et des périodeutes qui ont l'autorité et sont constitués sur leurs monastères et sur les lieux où ils habitent. » L'infraction à ces règles entraînera pour les délinquants la censure, la privation du ministère sacerdotal ou bien de la rédaction à la communion laïque. « Et tout évêque, prêtre, diacre ou fidèle séculier qui les recevra, qui maintenant et désormais leur prêtera une main secourable pour faire dans sa ville, dans sa campagne, dans sa maison, l'une des choses interdites, ou pour exciter le trouble dans l'Eglise, sera censuré et interdit s'il est prêtre ; s'il est séculier il ne pourra entrer à l'église et participer aux saints mystères. » — Le 3e canon renouvelé d'un de ceux du conciliabule de Beit Lapât concerne le mariage des clercs. Ce canon est d'une longueur telle qu'il ressemble plutôt à un traité. On y cite les textes de l'Evangile et de saint Paul afin de bien convaincre ceux auxquels une prescription toute simple laisserait quelque incertitude sur la légitimité de cette mesure. En voici quelques passages : « Maintenant et désormais, qu'aucun évêque n'établisse des obstacles ou des difficultés pour empêcher le mariage dans le pays qu'il gouverne et dans l'Église où il exerce ses fonctions... Qu'aucun d'entre nous ne fasse prévaloir de force cet engagement dans son clergé soit parmi les prêtres des villages, soit parmi les clercs qui sont sous son autorité... Chacun de nous choisira l'une des choses : ou bien la continence parfaite ou un mariage régulier. ï Le mariage c'est l'accomplissement du conseil de l'apôtre à Timolhée (I Tim., ni, 1, 2). c 11 est permis à chacun des diacres qui ont déjà reçu l'ordination du diaconat, de s'unir à une femme par un mariage régulier et légitime et de s'affranchir de la coutume ancienne qui, à cause du relâchement des débauchés, est blâmée et tournée en dérision par les gens du dehors. Quant à ceux qui se présenteront à l'imposition des mains du diaconat, on examinera en même temps que leurs autres œuvres ce qui regarde leur union légale, et s'ils sont mariés légitimement, ils recevront l'ordination du diaconat. » 11 estinterdit aux évêques de conférer désormais l'ordination du diaconat à celui qui n'est pas marié tt père de famille, « de manière à faire disparaître soigneusement de l'Église du Christ toute l'arrogance et l'ostentation des faux docteurs qui appellent le mariage et la procréation un mal. » La continence est qualifiée de tradition usée (litt. : chauve) et nuisible ; ceux qui veulent s'y astreindre se renfermeront dans les monastères. L'adultère, la fornication, l'avortement entraînent pour les prêtres l'interdiction du ministère sacerdotal, pour les fidèles l'éloignement de la communion. € Si un prêtre n'est pas encore marié et veut se marier légalement et engendrer légitimement, ou si celui dont la première femme est morte veut en prendre une seconde et observer la légalité de l'union avec la seconde comme avec la première, son évêque n'a pas le droit de s'opposer à son désir : car le mariage légitime et la procréation des enfants, soit avant soit après le sacerdoce, est une chose bonne et acceptable devant Dieu. Un frère doit être considéré comme n'ayant été uni qu'à une seule femme, bien que celle-ci ait changé par la force de la mort ou des nécessités qui surviennent en ce monde (par exemple : l'adultère et la cap-

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