‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 203 sur 544 · LES DERNIERS CONCILES DU V° SIECLE · texte numérisé non relu

LES DERNIERS CONCILES DU V° SIECLE

,625] dieu? demeurerait. En outre, on se demande comment Macédonius a pu espérer que les moines de Constantinople, et en particulier les acémètes, partisans déterminés du concile de Chalcédoine, se réuniraient jamais à lui et aux partisans de Y Hénotique, si lui-même n'approuvait qu'une partie des décisions du concile, et si, ainsi que le prétend Victor, il en avait rejeté explicitement l'autre partie.

Victor de Tonnenna nous apprend qu'un autre concile s'est tenu à Constantinople, en 499, sous l'épiscopat de Macédonius. Victor ne dit pas que cet évêque y ait pris part ; il se contente de rapporter que, lorsque Flavien était évêque d'Antioche et Philoxène évêque de Jérusalem, l'empereur Anastase réunit à Constantinople un concile qui anathématisa Diodore de Tarse et Théodore de Mopsueste, ainsi que leurs écrits, Théodoret de Cyr, Ibas d'Edesse, André (de Samosate), Euchérius Cyrns, Jean d'Antioche, et tous ceux qui ad*mettaient dans le Christ deux natures et deux formes, de même Léon, évêque de Rome, et salettre à Flavien de Constantinople, enfin le concile de Chalcédoine lui-même.

Le 1er mars 499 i un concile romain auquel prirent part soixantedouze évêques fut réuni par le pape Symmaque dans la basilique de Saint-Pierre. Le concile avait pour but d'empêcher, lors des élections des papes, le retour des disputes qui avaient signalé la dernière élection. En effet, peu de jours après la mort du pape Anastase II, Symmaque, diacre de l'Eglise romaine et originaire de Sardaigne, fut élu pape au Latran (22 novembre 498). Mais, le même jour, un autre parti choisit pour pape, dans l'église Sainte- Marie-Majeure, l'archiprêtre Laurent ; cette dernière élection avait été obtenue, à prix d'argent, par le patrice Festus, employé impérial, qui espérait gagner Laurent à YHénotique. Les deux concurrents, Symmaque et Laurent, furent sacrés, mais Symmaque le fut le premier, et de son côté se trouva aussi la majorité ; le peuple, le clergé et le sénat formèrent aussitôt deux partis, qui en vinrent

1. Baronius, Annales, ad ann. 499, n. 1-10 ; Pagi, Critica, ad ann. 499, n. 2f 3 ; Conc. regia, t. x, col. 280 ; Labbe, Concilia, t. iv, col. 1312-1317 ; Hardouin, Coll. concil., t. il, col. 957 ; Coleti, Concilia, t. v, col. 441 ; Mansi, Supplementum, t. i, col. 379 ; Conc. ainpliss. coll., t. vin, col. 230 ; D. Ceillier, Hist. gêner, aut. ecclés., 2e édit., t. x, p. 726 ; Jafle, Reg. pont, roman., 2° édit., n. 96. Nous aurons l'occasion de dire quelque chose du concile de 499 quand nous parlerons prochainement (1. XIII, n. 244) du concile de 530 convoqué pour résoudre la délicate question de l'intervention du pape dans l'élection de son suo cesseur. (H. L.)

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bientôt à des combats sanglants. Pour mettre fin à cette situation, on convint d'aller à Ravenne et de déférer la contestation à l'arbi- [626] trage de Théodoric, roi des Ostrogoths, qui, quoique arien, était alors maître de Rome. Théodoric rendit la décision suivante : « Celui-là doit occuper le siège qui a été ordonné le premier et qui a pour lui la majorité. » Sa décision donnait raison à Symmaque, qui se hâta de réunir un concile. Tel est le récit [du Liber pontificales] 4, et en partie aussi celui de Théodore le Lecteur, de Théophane et deNicéphore Calliste ; toutefois ces derniers ne parlent que du concile convoqué en 501 par le roi Théodoric, et ne disent rien de celui tenu en 499. Mais que ce concile de 499 ait été convoqué par le pape Symmaque, et non par le roi Théodoric, c'est ce que rapportent explicitement les actes 2. Lors de l'ouverture du concile romain, Fulgence, archidiacre de Rome, annonça solennellement au nom du pape Symmaque que le concile convoqué de toutes les parties de l'Italie était réuni, et que le pape pouvait lui communiquer les décisions ayant trait à la conservation de la paix de l'Eglise et à sa préservation de toute atteinte. Tous les membres acclamèrent cette proposition, et le pape Symmaque déclara qu'il avait cru nécessaire de réunir, même pendant l'hiver, les évêques, parce qu'il fallait instituer une règle fixe pour l'ordination de l'évêque de Rome, afin d'éviter à l'avenir les troubles et les séditions populaires. Les évêques manifestèrent de nouveau leur assentiment à ces paroles du pape, dont le notaire Emilien lut les statuts suivants :

1. Lorsque, du vivant du pape et à son insu, un prêtre ou un clerc s'est permis de recueillir des signatures en vue du choix futur, ou de promettre sa voix, ou de s'engager par serment, ou de promettre un vote, ou enfin d'assister à des réunions privées, à des délibérations tenues dans ce but, il sera privé de ses fonctions et de la communion ecclésiastique. Le concile acclama cette proposition.

2. La même peine atteindra celui qui sera convaincu de s'être proposé, du vivant d'un pape, pour son successeur, ou qui aura fait [6271 des démarches dans ce sens. Tous les évêques donnèrent de nouveau leur assentiment.

3» Lorsque le pape vient à mourir inopinément, ce qu'à Dieu ne plaise, sans avoir pu prendre aucune mesure pour le choix de son

1. Baronius, Annales, ad ann. 498, n. 3, 4, et ad ann. 499, n. 10; Pagi, Cri» tica, ad ann. 500, n.9. [Liber pontifie a lis, édit. Duchesne, t. n; Symmaque. (H. h.)]

2. Mansi, op. cit., t. vin, col. 230 sq. ; Hardouin, op. cit.t t. h, col. 957 sq

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