‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 206 sur 544 · COLLOQUE RELIGIEUX A LYON · texte numérisé non relu

COLLOQUE RELIGIEUX A LYON

[629] 219. Colloque religieux à Lyon, dans le royaume des Burgondes.

Nous terminons ce livre par le récit d'une réunion qui, sans être un concile proprement dit, mérite cependant une mention ; c'est le colloque religieux tenu à Lyon entre les évoques ariens et les évêques orthodoxes du royaume des Burgondes, avec la permission et en présence de Gundobald, roi arien des Burgondes. Le procèsverbal de cette Collatio * dit qu'elle se tint en la fête de

femme pour engendrer des enfants et en user. » Synod. orient., p. 312. Les Pères eurent à s'occuper ensuite de la situation extrêmement tendue entre les deux partis qui se divisaient l'Église persane. Depuis le 22 juillet 491 jusqu'au 20 juillet 497 on avait prodigué d'un camp à l'autre les anathèmes et les interdits de Barsauma contre Acace et les siens, d'Acace contre Barsauma et les siens. Ils étaient abrogés et annulés. Quant à ceux qui avaient été interdits à juste titre, ils demeuraient sous l'interdit. Les écrits et sentences rédigés par les deux partis adverses seraient déchirés, avec défense pour qui que ce soit de les retenir par devers soi. Enfin on confirmait l'interdiction ancienne d'en appeler de la sentence du patriarche de Séleucie au jugement du patriarche d'Antioche. La réconciliation entre Osée de Nisibe et Babaï de Séleucie ne se faisait pas d'ailleurs sans d'importantes concessions de la part du catholicos. Il fut encore décidé que la réunion des évêques se tiendrait deux fois l'an auprès du chef dé la province. La réunion de tous les métropolitains et évêques qui aurait dû se tenir tous les deux ans auprès du patriarche d'après le canon 6e du concile de 410, ne devait désormais se tenir qu'une fois tous les quatre arts, au mois d'octobre (Synod. orient. ,p. 313), sauf en cas d'événements imprévus entraînant une convocation urgente. En cas de maladie, on devait se faire représenter par un mandataire muni d'une attestation écrite. En cas d'absence sans excuse on était interdit. Les actes sont attestés par trente-neuf souscriptions épiscopales, cf. Synodicori orientale, p. 310, 311, 315-317, 620-621. (H. L.)

1. Nous aurions pu supprimer sans en rien laisser subsister ce paragraphe 219 ; nous croyons plus utile d'entrer à son sujet dans quelques explications dont la lecture suffira à faire comprendre que nous n'avions plus à introduire aucune rectification dans le texte de Hefele. Le soi-disant « Colloque de Lyon » entre les évêques catholiques et les ariens se serait tenu les 2 et 3 septembre 499. Le texte a été mis pour la première fois au jour, en 1661, d'après une copie manuscrite laissée par l'oralorien Jérôme Yignier, dans le Spicilegium de dom Luc d'Achery, t. v, p. 110-116 ; 2e édit., 1723, t. m, p. 304-305. Ce n'était qu'un extrait d'un ouvrage hagiographique De mitaculis S. Justi auquel on donna pour titre : Collatio episcoporum, prxsertim Âviti Viennensis episcopi coram rege Gundebaldo adversus Arianos. Il a été reproduit sous cette forme et d'après cette unique source par Lalande, Concil. Gallix suppléai., p. 43-45 ; Labbe, Concilia, t. iv, col. 1318-1322 ; Sirmond, Opéra varia, 1696, t. n, p. 269-

saint Just, évêque de Lyon, et le jour suivant, par conséquent les 2 et 3 septembre. En revanche, on ne sait pas au juste l'année et les sa-

276 ; Hardouin, Coll. concil., t. n, col. 963-968 ; Galland, Bibliotheca Patrum, t. x, col. 794-796 ; Coleti, Concilia, t. v, col. 451-456 ; Bouquet, Recueil des historiens des Gaules, t. iv, p. 99-102 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vin, col. 245 ; Labat, Concilia Gallix, t. i, p. 671 ; P. L., t. lix, col. 387-392 ; Peiper, dans Monum. German. histor., Auctores antiquissimi, t. vi, part. 2, p. 161-164. Cf. L. d'Achery, Spicilegium, t. v, praef. p. 11-14 ; Tillemont, Mém. hist. ecclés., t. vin, p. 550-551 ; Colonia, Hist. littér. de Lyon, t. i, part. 2, p. 272-284 ; D. Ceillier, Hist. gêner, aut. ecclés., Ire édit., t. xv, p. 650-655 ; 2e édit., t. x, p. 733-736 ; D. Rivet, Hist. littér. de la France, t. n, p. 678-684 ; Charvet, Hist. de Vienne, p. 79-82 ; Pardessus, Diplomata, t. i, p. 41 ; Collombet, Hist. de Vienne, t. i, p. 107-115; Gorini, Défense de VÉglise, t. i, p. 343-351 ; Binding, Burgund. Kœnigr., t. i, p. 146-153. Ce document continuait à se traîner ainsi d'un recueil dans le recueil voisin lorsque M. Julien Havet l'en a expulsé définitivement : Questions mérovingiennes. Les découvertes de Jérôme Vignier, dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 1885, t. xlvi, p. 233-250 ; les conclusions radicales présentées dans ce travail ont été acceptées sans réserves. M. U. Chevalier résume ainsi la question critique soulevée par le faux de Jérôme Vignier, touchant le « Colloque de Lyon d : « Les principales preuves de fausseté contre la Collatio sont tirées de : a) sa provenance originaire et la simplicité du style ; b) la présence de l'évêque de Lyon, Etienne, dont le prédécesseur Rustique n'est mort que le 25 avril 501-502 ; c) celle du métropolitain d'Arles Éone, alors en discussion de prééminence avec Vienne et dont le diocèse était sous la domination des Wisigoths ; d) l'impossibilité d'identifier le lieu de la réunion, Sarhiniacus (sur la Saône) avec Sardinia (sur le Rhône) ou Albigny. On pourrait encore faire valoir ; e) la trop grande conformité de la plupart des citations bibliques avec la Vulgate actuelle ; f) l'expression vigilia solemnitatis pour indiquer la veille de la fête de saint Just : les vigilix d'alors comprenaient l'office nocturne, mais non la journée précédente ; g) la mention d'un évêque de Marseille dont le siège était alors étranger au royaume de Bourgogne. A la suite de Y Hist. litt. de la France, t. ni, p. 125- 126, M. Peiper l'a identifié, op. cit., p. 161, 311, avec le Cartenius episcopus de Vepist. xxvi, de saint Avit, tandis que M. Albanès n'en a point fait usage pour combler la lacune entre Honorât et Auxanius, Armor. et sigillogr. des évêques de Marseille, 1884. » U. Chevalier, Œuvres complètes de saint Avit, in-8, Lyon, 1890, p. 157, note 8 ; J. B. -Martin, Conciles et bullaire du diocèse de Lyon, in-8, Lyon, 1905, p. 10, n. 29. Dans son étude critique consacrée aux Découvertes de Jérôme Vignier, M. Julien Havet a reproduit, une fois de plus — et pour la dernière fois sans doute — le texte du Colloque » d'après l'édition de d'Achery qui a « pour ces textes la valeur d'un manuscrit unique, » puisque la pièce restée ignorée avant Vignier n'a pas été retrouvée après lui, il est le premier, le dernier et le seul qui l'ait vue. Au jugement du critique qui a déblayé l'histoire des conciles de ce faux impudent, le document est « un chef-d'œuvre de falsification. On ne doit pas s'étonner beaucoup qu'il ait fai{ illusion à tous les savants qui l'ont étudié. >

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